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La raison moins la croyance?

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"In my end is my beginning"
T.S. Eliot, East Coker

« Et quid amabo nisi quod aenigma est ? » (qu’aimerais-je, hors l’énigme ?)




Dans le dernier billet, j'ai tenté de mettre au jour certaines particularités qui, selon moi, caractérisent ce que j'ai appelé "théorie du complot". Il me semble que l'on peut, dans une large mesure, établir une distinction très stricte entre science et non-science, entre ce qui relève de la croyance infondée et une connaissance authentique.

Pour autant, comme j'ai essayé de le faire sentir aussi dans le précédent billet, cette distinction, si elle possède un sens réel à un certain niveau, est bien moins nette si on l'observe à une autre distance. Pour faire bonne mesure, ce que je voudrais montrer ici, c'est que si la science et ses procédures sont bien établies, et sont certainement l'une des voies d'accès les plus féconde pour atteindre ce qu'il convient d'appeler "vérité", on peut très bien défendre qu'elles ne sont en réalité pas autre chose qu'un système de croyance organisé. Ce qu'il y a de très paradoxal, c'est que d'un côté on arrive à prévoir le mouvement des planètes avec une précision considérable, et d'un autre le système même de la connaissance est beaucoup plus précaire que ce que l'on imagine.
Je pensais tout d'abord faire un seul billet sur la question, simplement pour contrebalancer un certain nombre de choses que j'affirmais dans celui sur les théories du complot (sans que ces deux points de vues soient contradictoires). Mais finalement, avec ce billet au titre en forme de provocation, je ne ferais qu'une première partie effleurant la question de la vérité. Dans un prochain j'essaierai de montrer les conséquences que cela peut avoir sur la manière dont fonctionne la science.

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Des éléments structurels de toute théorie du complot

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J'avais commencé à faire un billet sur la moralité ou l'amoralité de la main de Thierry Henry. Mais une discussion m'a donné l'occasion d'écrire quelque chose sur la question des théories du complot, au sens large. J'imagine que bon nombre d'articles, de thèses ou d'ouvrages ont été écrit sur ce sujet, dans le cadre de la sociologie des légendes urbaines, de la psychologie sociale de la paranoïa, etc... Et j'avoue humblement que je ne les connais pas (enfin, pas très bien).

Ce que j'aimerais faire ici, c'est proposer une approche philosophique de la chose, qui invoque un certain nombre de ces courants, mais en se limitant toutefois à repérer des éléments structurels qui fonctionnent à chaque fois qu'un discours du type "on nous cache tout, on nous dit rien" est énoncé. Philosophique au sens où je m’attacherai surtout à repérer des structures argumentatives communes, et à montrer leur faiblesse rationnelle.


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Poppin'

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J'ai toujours pensé que le hip-hop, dans ses différentes branches, était à notre époque un mouvement artistique d'une ampleur équivalente à celle du romantisme aux XVIIIe et XIX siècles. Art pluridisciplinaire qui puise sa source aux racines colorées du sang de l'esclavage, des rites archaïques, et en lequel résonne la pulsation des danses tribales africaines, il souffre malheureusement d'une surexposition qui, par son éclat même, contribue à en masquer la profondeur.

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L'art du générique

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Depuis un petit moment j'avais envie de faire quelque chose sur les génériques de série -voire de film-, chose dont la composition exige un travail très particulier, puisqu'il faut à la fois refléter l'univers de l'œuvre que l'on va visionner ensuite (il a donc une fonction introductive), relever un bout de jupon sur ce qui est censé lui succéder, mais il doit également en quelque sorte se suffire à lui-même, constituer un tout, une unité relativement autarcique (et dans cette mesure là il possède une dimension artistique autonome). Bref, il s'agit là de tout un art, qui implique à la fois de mêler le sens de la métaphore (puisqu'il s'agit de donner à voir des images qui ne sont souvent pas même tirées de la série ou du film eux-mêmes, mais qui pourtant les reflètent ou en donnent une illustration paradigmatique), ainsi qu'un feeling bien pesé de la suggestion. Pis encore, la difficulté est redoublée dans le cas du générique de série, dans la mesure où tout en étant unique, il doit pourtant introduire à tous les épisodes, soit correspondre à la tonalité globale de la série. Bref, un bel exemple d'unité dans la diversité.

Aussi, par cette espèce de double dimension qui le porte à la fois à être au service d'autre chose que lui-même, et dans le même temps de conserver une relative autonomie, ça me semblait intéressant de s'arrêter un peu dessus. J'avais prévu de faire quelque chose uniquement sur les générique de série, initialement, parce que je me disais qu'a priori c'est dans ce cadre là que ceux-ci sont les plus travaillés, de par les contraintes propres au format, dont la répétitivité de nature implique que soient créés des gimmicks, formules dont on peut se souvenir facilement et qui constituent comme une signature de la série (la musique, à ce titre, est encore plus parlante. Ce n'est d'ailleurs pas étonnant que son rôle soit éminent dans ce moment particulier). Or, j'ai rapidement pensé à certains génériques de film que j'avais également trouvé très beaux, et ni une ni deux, au diable les varices, je me suis donc décidé à inclure ici un générique de long-métrage. La liste de tout cela n'est bien évidemment pas exhaustive, et je serais ravi que l'on me signale ceux que j'aurais pu oublier, ou qu'on m'en fasse découvrir de nouveaux. J'ai mis ici ceux qui m'avaient le plus frappés, et qui pour cette raison me sont immédiatement venus à l'esprit...

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La juste mesure

La première chose qui s'offre à l'homme, quand il regarde, c'est son corps, c'est à dire une certaine portion de matière qui lui est propre. Mais pour comprendre ce qu'elle est, il faut qu'il la compare avec tout ce qui est au dessus de lui, et tout ce qui est au dessous, afin de reconnaître ses justes bornes.

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Des règles de l'art...

J'avais cité Pierre Pinoncelli dans l'un de mes précédents billets. Un commentaire à ce même billet m'a redirigé vers une vidéo plus précisément centrée sur le happening de l'artiste que j'avais évoqué à l'époque (que l'on peut voir sur le site de l'auteur du commentaire), au cours duquel il a ébréché à l'aide d'un marteau l'un des urinoirs de Duchamp exposé à Beaubourg, renouant avec le geste Dada initial, avant que l'institution n'en ait figé la teneur insurrectionnelle... Là voici ci-dessous :









Réalisation: Antoine Cayrol, Olivier Marmey & Pierre Zandrowicz


 

Cercle de dons...

Un jour un ami, un cousin, ou une autre connaissance vient vous voir, et vous parle à demi-mot d'une rencontre qu'il a lui-même fait, avec un ami, un cousin, ou une autre connaissance, et selon laquelle cette personne serait entrée dans un cercle, permettant en y investissant une certaine somme d'argent, d'octupler sa mise de départ, à la condition de trouver à son tour deux autres personnes prêtes à investir... C'est ainsi, bien souvent auréolé d'une nimbe de mystère et d'argent facile à gagner, que la tentation d'y participer se répand de manière virale...



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La trace et le pixel





Écrire est une activité que l'on pratique tous les jours, plus ou moins selon les goûts, les nécessités professionnelles ou administratives. L'écriture, qu'elle soit réalisée à l'aide d'un crayon, d'un stylo, ou d'un clavier, est toute entière tournée vers son but, ce pour quoi l'on écrit la plupart du temps, à savoir communiquer un message, aboutir a un tracé, à une trace, qu'elle soit numérique ou digitale, fixation d'un signe qui vise à être compris.

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Ouroboros

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Je redoute en moi-m'aime

Le souvenir qui s'enfuit

C'est multiplier l'oubli

Par l'oubli de lui-même

Déjà les mot me manquent

(Et * aussi) [1] [2]








Notes

[1] Dans la saga scandinave Edda de Snorri, est rapporté que Loki engendra un loup et un serpent. Par la bouche d'un oracle fût affirmé que la naissance de ces monstres signifierait la fin de la Terre. Aussi les dieux forgèrent pour attacher le loup, Fenris, une chaîne constituée de six choses imaginaires :l'haleine du poisson, le bruit des pas du chat, la barbe de la femme, les tendons de l'ours, la racine du rocher et la salive de l'oiseau. Jörmungandr, le serpent, fût quant à lui "jeté à la mer qui entoure la terre et dans la mer il a tellement grandi que maintenant lui aussi entoure la terre et il se mord la queue."

[2] On trouve une présentation de l'Ouroboros -littéralement "celui qui se dévore la queue", nom duquel se servirent les alchimistes par la suite-, dans le Livre des êtres imaginaires, de Borges, Outre la tradition alchimique, on peut en trouver une figure dans le chant XIV de l'Illiade, nous informe l'auteur, et dans la Théogonie d'Hésiode. Il semble également que la tradition islamique ait utilisé cette représentation, comme en témoigne l'image ci-dessus.

 

Quest-ce que Jabberwock?

Le Jabberwock

L'un des premiers billets que j'ai écrit sur ce blog consistait à en justifier le titre. À L'occasion de la nouvelle mise en page de cet endroit, je me propose de faire un retour sur les origines du terme, et de me laisser traîner un peu au-delà...

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Moustache

J'avais fait il y a quelques temps un billet des plus sérieux sur le rôle de la moustache dans la pensée des grands hommes. Celui-ci se verra parfaitement complété, pour ceux (et je sais qu'ils sont nombreux) que l'incroyable et néanmoins fort étrange extension pileuse intéresse, par le site suivant. (enfin, pas suivant du coup)...

 

Petit frère deviendra grand

little brother

De l'envers de la médaille du réseau... (ou comment faire un billet dont la longueur des notes outrepasse celle du billet lui-même)



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En vrac...

Allez hop, quelques liens en vrac, comme ça, peinard du clavier, décontracté de la souris... J'ai choisi la plupart pour la beauté de leur design :

Oui, le flash, quand c'est pas beau, c'est pas beau... Mais quand c'est beau, c'est ach'te'ment beau...
   Sur ces paroles de sagesse... je vous laisse (dit le chien)



Et pour finir, une assez intéressante video d'un anthropologue...

Bien assis ? :




- source : Presse-citron.
- le créateur : Michael Wesch.
 

Les règles de l'art


Pierre Pinoncelli. Le penchieur.

 

        En 1917, Marcel Duchamp signe de son patronyme une simple pissotière, sous la plume de R. Mutt, et élève ainsi l'objet courant, par simple décret, au rang d'oeuvre d'art, selon le principe du ready-made. L'original est égaré, mais subsistent huit de ses copies -que les spécialistes nomment « multiples »-, réalisées en 1964, dont l'une réside au centre Pompidou. En 2006, L'artiste et performer de 77 ans, Pierre Pinoncelli, pénètre dans le musée, et ébrèche l'oeuvre de plusieurs coups de marteau. Pour cet acte qu'il juge de vandalisme, le centre Pompidou lui réclame 200 000 euros de dommages et intérêts. Par delà son caractère anecdotique, on peut se poser la question de savoir si, littéralement, Pierre Pinoncelli avait le droit de commettre un tel acte. Du point de vue de la stricte légalité, l'artiste a en effet ébréché une oeuvre évaluée à environ 3 millions d'euros. Du point de vue de la légitimité, c'est-à-dire la légalité interne au geste artistique, il renoue avec l'acte dada initial inauguré par Duchamp, comme ce geste jubilatoire consistant à ériger n'importe quel objet au statut sacré d'oeuvre d'art, et par voie de conséquence à reléguer implicitement n'importe quelle oeuvre d'art au rang de simple objet. De ce point de vue, Pinoncelli avait le droit de perpétrer le geste iconoclaste et mutiler la pissotière, au nom de la pissotière elle-même!
        On a souvent tendance à considérer l'activité artistique comme une mise en demeure de la règle, pratique subversive. Néanmoins, l'exemple de la pissotière ébréchée indique que si l'on peut considérer que Pierre Pinoncelli avait le droit de perpétuer son geste, ou tout au moins la légitimité, c'est qu'une certain nombre de règles ou normes, internes et plus ou moins explicites, viennent la codifier... C'est cette question que je me propose d'esquisser ici, en reprenant une leçon rédigée pour la préparation à l'agrégation. Elle tombe du coup sous le double désavantage d'être d'une part, pour cette raison, un peu -trop- formelle, et d'autre part de ne pas avoir été menée à son terme, par manque de temps. Je comptais faire une dernière partie passant de la question de la règle à celle de la norme, en m'appuyant sur différents écrits de Bourdieu, de manière à souligner notamment comment la pratique artistique s'enracine dans un certain nombre de normes, dont la fonction même passe souvent inaperçue, sans avoir eu la possibilité de le faire... C'est cette esquisse de réflexion, inachevée, que l'on pourra lire ici...



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Dura lex...

Dans son inénarrable propension à rationaliser les rapports des hommes entre eux dans la cité, l'ensemble du corpus des lois, à force d'accumulation, de contingences historiques, et autres complexifications poussiéreuses des textes, fini forcément par produire à un moment ou à un autre des absurdités.
   Et puisque nul n'est censé ignorer la loi, voici ici regroupées quelques unes des lois les plus absurdes en vigueur (ou non), dans les différenst pays où états du globe...

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Oz

    Pour le lecteur non averti, il eut été possible de penser qu'avec un tel titre, ce billet invoqua le magicien éponyme, ou bien encore -penché uniquement sur la sonorité- que son contenu évoqua quelque exhortation à l'impudeur... Point de référence à l'ensorceleur ici, pas plus que d'invitation à l'indécence, te dis-je ami lecteur, mais bien plutôt une petite présentation de l'excellente série qui porte ce nom. Elle date certes un peu, mais reste furieusement contemporaine. C'est à cela que l'on discerne les oeuvres de grandeur : la patine du temps glisse sur elles comme papa dans maman -comme le disait mon grand père...

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Caaacaaa (2)

    Il y a des entités étranges, qui peuvent prendre différentes formes, produire en celui qui est à leur contact d'inquiétantes sensations... Mais peu d'entre elles arrivent à la hauteur de celle qui, homonyme du crochet avec lequel la belle au bois dormant s'ensommeille, ou bien encore de celui à qui l'on accole parfois le mot horaire, usurpe leur nom légitime. Ami, tu l'auras compris, je parle ici de l'ignoble, de l'abject et répugant fuseau...

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Bienvenue dans la vie.com...

   Sur la loi DADVSI... Outch, j'ai mal à mon fondement...

    Amis des libertés informatiques, des logiciels libres, du téléchargement légal par p2p, vous qui aimez écouter des mp3 achetés légalement sur votre ipod, vous qui aimez regarder des dvd sous linux, ripper vos cds sur votre ordinateur, à partir de ce week-end, vous êtes dans l'illégalité et passible de 300 000 € d'amende et de 3 ans de prison...

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La question de la propriété...

A propos de la fermeture des sites de partage...


"Placés aux deux extrémités du monde moral, le sauvage et le penseur ont également horreur de la propriété."
Honoré de Balzac, La peau de Chagrin.

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Le nom de l'emploi...

     Ya des fois, comme ça, on se dit que finalement un nom et un prénom ce n'est pas grand chose, que ça nous est donné, comme d'une fée penchée sur notre berceau, dès notre naissance, et que c'est tout autant anodin que la couleur de nos cheveux, ou la taile de... heu... nos pieds. Par exemple. Y a des fois, comme ça, on se dit aussi que ça n'a pas plus d'incidence sur notre personnalité que d'être blond(e) au lieu d'avoir été brun(e) (ou inversement), l'un comme l'autre ne changeant absolument rien quant à ce que l'on aurait été si on avait été l'inverse (oui, cette phrase est compliquée à comprendre, mais l'est encore plus à écrire).
     Y a des fois comme ça, où ça ne se passe pas tout à fait ainsi. Par exemple, pour un auteur -de bd's, de scénarios, etc.- le nom des personnages a beaucoup d'importance, il permet d'évoquer par exemple la personnalité de tel héros, de la signifier directement au lecteur, etc... (Je me souviens à ce propos d'un excellent dingodossier de Gotlib qui traitait explicitement de cela, que je vais plagier sans la moindre petite once de vergogne). Ainsi, il faut conseiller à l'auteur en herbe de ne pas appeler son super-héros bodybuildé sauveur de la planète Jean-Claude Petitbidon, mais plutôt Vaillant Coeurdacier, ou bien encore Mister Courage, ou autre nom héroïque de cet illustre acabit. De même par pitié, n'affublez pas un représentant du mal absolu sur terre du sobriquet de Kiki P'tiroujgorge, mais donnez plutôt dans le Melkhor Barzahamut, ou bien encore Serpentus Seth Golgoth... L'important est ainsi que la sonorité ou le sens du nom invoque et évoque la personnalité et les caractéristiques du personnage qui le porte.
     Pourtant, y a des fois comme ça aussi, la réalité est bien plus imaginative que tout cela réuni, bien que s'incarnant dans des circonstances plus tragiques. En effet, que dire du nom (que personne n'oserait insérer dans une fiction tant cela paraitrait gros) de cet abbé qui deffraya la chronique il y a peu et qui en effet y allait avec entrain : l'abbé Denis Vadeboncoeur? Non mais, je pose la question, n'est-ce point là prédestination! Comment peut-on dans le même temps avoir un nom aussi ridicule et commettre des crimes de la sorte? Tout cela n'aurait tenu qu'à moi, j'aurais condamné l'hurluberlu avant même qu'il ne puisse perpétrer un quelconque crime, sur la simple raison de l'absurdité de son patronyme. Inutile de parler ici de Marc Dutroux, dont le nom à lui tout seul est tout un programme. On peut signaler également, bien que moins connu, le renvoi du procureur principal de la Cour suprême fédérale sous l'administration Adenauer, qui portait le doux nom de Wolfgang Immerwahr Fränkel, parce qu'en dépit de son deuxième prénom[1], il n'avait pas répondu avec une sincérité parfaite aux questions qu'on lui posait sur son passé nazi...

  
Ce texte est une ébauche à compléter, et de la même manière que le spectateur participe à la création de l'oeuvre qu'est l'incomplète Vénus de Milo parce qu'il la parachève de son regard, vous êtes invité à faire de même -toutes proportions gardées- avec le présent texte. Cela d'une part parce que je deviens fainéant avec l'âge, et d'autre part parce que y a pas de raison qu'il n'y ait que moi qui me casse la nénette... De plus faut pas m'énerver, je suis en train d'arrêter de fumer...




Notes.

[1] En allemand, Immerwahr signifie : toujours la vérité. Cette anecdote est rapportée par Hannah Arendt, Eichman à Jérusalem, Rapport sur la banalité du mal, Paris, folio histoire, p. 32.

 

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