"In my end is my beginning"
T.S. Eliot, East Coker
« Et quid amabo nisi quod aenigma est ? » (qu’aimerais-je, hors l’énigme ?)
Dans le dernier billet, j'ai tenté de mettre au jour certaines particularités qui, selon moi, caractérisent ce que j'ai appelé "théorie du complot". Il me semble que l'on peut, dans une large mesure, établir une distinction très stricte entre science et non-science, entre ce qui relève de la croyance infondée et une connaissance authentique.
Pour autant, comme j'ai essayé de le faire sentir aussi dans le précédent billet, cette distinction, si elle possède un sens réel à un certain niveau, est bien moins nette si on l'observe à une autre distance. Pour faire bonne mesure, ce que je voudrais montrer ici, c'est que si la science et ses procédures sont bien établies, et sont certainement l'une des voies d'accès les plus féconde pour atteindre ce qu'il convient d'appeler "vérité", on peut très bien défendre qu'elles ne sont en réalité pas autre chose qu'un système de croyance organisé. Ce qu'il y a de très paradoxal, c'est que d'un côté on arrive à prévoir le mouvement des planètes avec une précision considérable, et d'un autre le système même de la connaissance est beaucoup plus précaire que ce que l'on imagine.
Je pensais tout d'abord faire un seul billet sur la question, simplement pour contrebalancer un certain nombre de choses que j'affirmais dans celui sur les théories du complot (sans que ces deux points de vues soient contradictoires). Mais finalement, avec ce billet au titre en forme de provocation, je ne ferais qu'une première partie effleurant la question de la vérité. Dans un prochain j'essaierai de montrer les conséquences que cela peut avoir sur la manière dont fonctionne la science.






