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  <title>Jabberwock</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 04 May 2012 16:12:08 +0100</pubDate>
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    <title>Autopromotion</title>
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    <pubDate>Tue, 04 Oct 2011 12:48:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Pas de billet publié ici depuis (très) longtemps, mais de nouveaux ne
devraient plus tarder. En attendant, pour fêter le retour aux affaires,
voici un extrait de notre concert à Avignon, pour la fermeture du
Festival Off 2011. Le montage contient des extrait de la première
version filmée du &lt;em&gt;Magicien d'Oz&lt;/em&gt;, ainsi que de celle de V. Flemming de
1939.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe src=&quot;http://player.vimeo.com/video/29914369?title=0&amp;amp;byline=0&amp;amp;portrait=0&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; frameborder=&quot;0&quot; webkitAllowFullScreen allowFullScreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;https://www.facebook.com/OzTrio&quot;&gt;Page facebook&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/center&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La raison moins la croyance?</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2010/02/02/Pourquoi-tout-le-monde-est-necessairement-croyant</link>
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    <pubDate>Tue, 02 Feb 2010 23:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/Magritte_-La_condicion_humana.jpg&quot; alt=&quot;Magritte_-La_condicion_humana.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;font-size:10px;text-align:right;&quot;&gt;
&quot;In my end is my beginning&quot;&lt;br/&gt;
T.S. Eliot, &lt;a href=&quot;http://www.tristan.icom43.net/quartets/coker.html&quot;&gt;East Coker&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;

« Et quid amabo nisi quod aenigma est ? » (qu’aimerais-je, hors l’énigme ?) &lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le dernier billet, j'ai tenté de mettre au jour certaines particularités qui, selon moi, caractérisent ce que j'ai appelé &quot;théorie du complot&quot;. Il me semble que l'on peut, dans une large mesure, établir une distinction très stricte entre science et non-science, entre ce qui relève de la croyance infondée et une connaissance authentique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour autant, comme j'ai essayé de le faire sentir aussi dans le précédent billet, cette distinction, si elle possède un sens réel à un certain niveau, est bien moins nette si on l'observe à une autre distance. Pour faire bonne mesure, ce que je voudrais montrer ici, c'est que si la science et ses procédures sont bien établies, et sont certainement l'une des voies d'accès les plus féconde pour atteindre ce qu'il convient d'appeler &quot;vérité&quot;, on peut très bien défendre qu'elles ne sont en réalité pas autre chose qu'un système de croyance organisé. Ce qu'il y a de très paradoxal, c'est que d'un côté on arrive à prévoir le mouvement des planètes avec une précision considérable, et d'un autre le système même de la connaissance est beaucoup plus précaire que ce que l'on imagine.&lt;br /&gt;
Je pensais tout d'abord faire un seul billet sur la question, simplement pour contrebalancer un certain nombre de choses que j'affirmais dans celui sur les théories du complot (sans que ces deux points de vues soient contradictoires). Mais finalement, avec ce billet au titre en forme de provocation, je ne ferais qu'une première partie effleurant la question de la vérité. Dans un prochain j'essaierai de montrer les conséquences que cela peut avoir sur la manière dont fonctionne la science.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour éclaircir un peu les idées, on peut tout d'abord interroger ce qui fait notre rapport ordinaire au monde. Comment est-ce que je me rapporte à la réalité?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’histoire des idées, en grande pourvoyeuse de concepts, a inventé moult vocables pour désigner notre rapport à la réalité. Parmi eux, on peut retenir l’expression barbare de &lt;em&gt;réalisme ontologique&lt;/em&gt;. Pourquoi la retenir&amp;nbsp;? Tout simplement parce qu’il me semble que cela désigne généralement notre rapport ordinaire au monde. On peut estimer que nous sommes tous, à un niveau ou un autre, des réalistes ontologiques. Alors de quoi s’agit-il ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il peut prendre plusieurs formes, mais on peut dire que le réalisme ontologique est cette doctrine générale selon laquelle le réel existe ou subsiste indépendamment de la connaissance qu'on peut en avoir&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2010/02/02/#pnote-90-1&quot; id=&quot;rev-pnote-90-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Communément, on a tous tendance à penser que cette table, telle personne, la loi de la gravité, ou bien encore le théorème de Pythagore sont vrais, existent réellement, qu'il y ait quelqu'un pour les penser ou non. En ce sens-là le réel préexisterait à toute connaissance que l'on pourrait en avoir. Et il nous suffirait, comme un explorateur, de partir à la recherche de la vérité que l'on découvrirait comme Christophe Colomb l'Amérique, pour peu que l'on dispose de bonnes méthodes. On aurait alors d'un côté le réel, de l'autre le sujet qui le pense ou le connait dans un second temps. «&amp;nbsp;Réalisme&amp;nbsp;» : au sens où l’on aurait la capacité d’accéder au réel. «&amp;nbsp;Ontologique&amp;nbsp;» : au sens où ce réel serait véritablement ce qui est, en tant que tel. Systématisée d’un point de vue scientifique, cette conception pose comme principe que par la science, on peut accéder à une connaissance exacte et exhaustive des réalités ultimes. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rien de plus logique en apparence… Le problème, c’est que si on veut vraiment être logique, cette position est finalement plutôt difficile à tenir. En effet, comment juger de la validité de notre connaissance dans un tel système&amp;nbsp;? Comment savoir si l’énoncé que j’exprime à propos du monde correspond bien à l’état réel du monde&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La vérité, dans son sens traditionnel, désigne la conformité entre notre discours et la chose&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2010/02/02/#pnote-90-2&quot; id=&quot;rev-pnote-90-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Si on pousse la réflexion un peu plus loin, il faut donc en réalité deux éléments. D’une part, donc, qu’il y ait une correspondance entre mon énoncé et le réel&amp;nbsp;; et d’autre part, que cette correspondance puisse être validée objectivement. En gros, si on voulait formaliser tout ça sous une forme géométrique, en faire le plan sur un tableau&amp;nbsp;: si on dessine un cercle représentant la réalité d’un côté, et un autre représentant le discours qu’on tient sur elle de l’autre, pour savoir que l’un et l’autre se correspondent parfaitement (ce en quoi consiste la vérité dans la conception classique de St Thomas -si vous avez bien lu la note précédente), alors il faut que celui qui juge de cette correspondance ne soit pas inclut dans le premier cercle ni dans le second, mais qu’on soit situé en dehors du plan où sont tracés nos cercles. Sans quoi on se trouve dans ce que nos chers amis latin appelaient un «&amp;nbsp;circulus vitiosus », cercle vicieux ou pétition de principe, où on se donne dès l’abord ce qu’il s’agit de démontrer.
Si on passe de l’argument à son application, il en va de même pour mon rapport au réel. Je n'ai jamais accès au réel que par mes (nos) structures subjectives. Je n'ai pas de &quot;point de vue du dehors&quot; à partir duquel juger de la correspondance entre mes énoncés et le réel. C'est toujours moi, ou plutôt nous, qui jugeons de la correspondance entre les deux. En ce sens, nous sommes à la fois juge et partie dans le procès visant à déterminer si nos énoncés portant sur le monde leur correspondent bien! Comment savoir, par exemple, si comme dans un film de science-fiction, nous ne sommes pas communément victimes d'une illusion collective? Comment savoir que le monde que je considère comme allant de soi n'est pas en réalité construit en quelque manière par notre regard? Même si cela nous semble peu probable, est-ce que cette improbabilité même ne peut pas être le signe de notre aveuglement sur la question&amp;nbsp;: si nous construisions réellement le monde par notre regard, n'est-ce pas précisément ce qui arriverait? On aurait l'impression subjective partagée par tous qu'il va de soi, alors même qu'il serait constitué par notre rapport à lui. La science-fiction a su faire bon profit de ce genre d'hypothèse, et avant elle de nombreux penseurs, et ce n'est pas sans raison.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour absurde que peut paraître cette position, elle est pourtant tout à fait logique&amp;nbsp;: dans l’absolu, je ne peux jamais être définitivement assuré que j’ai accès au réel «&amp;nbsp;en tant que tel ». Une telle supposition repose toujours sur une pétition de principe, comme je le disais plus haut, puisque je ne juge toujours de mon rapport au réel que dans le cadre de ce même rapport. Et je ne peux jamais en sortir pour juger objectivement de la correspondance entre le réel tel qu’il est censé être et ce que j’en dis. Bref, pour reprendre ma métaphore géométrique du cercle de tout à l’heure, je suis pris dans le cercle, et je ne suis jamais en dehors du plan pour pouvoir juger si ce cercle de mon discours recoupe adéquatement celui de la réalité. Ni même si quelque chose comme un cercle de la réalité existe d'ailleurs...&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors à partir de là que fait-on, est-ce qu'on renonce à la vérité? La suite au prochain épisode...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2010/02/02/#rev-pnote-90-1&quot; id=&quot;pnote-90-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] pour le dire vite, car cette conception engage la passionante thématique de la &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Universaux#Querelle_des_universaux&quot;&gt;querelle des universaux&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, qui a culminé au Moyen-Age dans les controverses engageant &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Duns_Scot&quot;&gt;Duns Scott&lt;/a&gt; (dit le &lt;em&gt;Doctor subtilis&lt;/em&gt;, &quot;Docteur subtil&quot;, en ces temps là on avait le sens des dénominations!), ou bien encore &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_d&amp;#039;Ockham&quot;&gt;Guillaume_d'Ockham&lt;/a&gt; (appelé quant à lui l&lt;em&gt;'Invincible Initiateur&lt;/em&gt; en ces temps définitivement délicieux). Elle culmine à cette époque, mais elle traverse tout aussi bien toute l'histoire des idées, de Platon à Wittgenstein. Le beau livre d'Alain de Libéra &lt;em&gt;La querelle des universaux&lt;/em&gt; traite ces questions de manière très pointue pour qui serait passioné par ces surnom digne de superhéros de comics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2010/02/02/#rev-pnote-90-2&quot; id=&quot;pnote-90-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] C'est là la définition classique de la vérité comme &lt;em&gt;adequatio rei et intellectus&lt;/em&gt;, adéquation entre la chose et l'intellect, que l'on trouve déjà chez Aristote, mais qui est formulée également par St Thomas, en &lt;em&gt;Somme Théologique&lt;/em&gt; II. Cette manière de concevoir la vérité n'est évidemment pas la seule, puisque justement on voit dans la suite qu'elle repose sur un cercle logique. Mais on va se concentrer sur cette forme paradigmatique, qui modélise bien la manière habituelle dont on se rapporte à la vérité il me semble, précisément pour en montrer les faiblesses, &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Des éléments structurels de toute théorie du complot</title>
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    <pubDate>Sun, 22 Nov 2009 14:34:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
        <category>General</category>
        <category>anti-moon hoax</category><category>Apollo</category><category>complot</category><category>conspiration</category><category>hoax</category><category>Lune</category><category>marcher sur la lune</category><category>négationnisme</category><category>sceptique</category><category>science</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/paranoia.jpg&quot; alt=&quot;paranoia.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;J'avais commencé à faire un billet sur la moralité ou l'amoralité de la main de Thierry Henry. Mais une discussion m'a donné l'occasion d'écrire quelque chose sur la question des théories du complot, au sens large. J'imagine que bon nombre d'articles, de thèses ou d'ouvrages ont été écrit sur ce sujet, dans le cadre de la sociologie des légendes urbaines, de la psychologie sociale de la paranoïa, etc... Et j'avoue humblement que je ne les connais pas (enfin, pas très bien).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce que j'aimerais faire ici, c'est proposer une approche philosophique de la chose, qui invoque un certain nombre de ces courants, mais en se limitant toutefois à repérer des éléments structurels qui fonctionnent à chaque fois qu'un discours du type &quot;on nous cache tout, on nous dit rien&quot; est énoncé. &lt;em&gt;Philosophique&lt;/em&gt; au sens où je m’attacherai surtout à repérer des structures argumentatives communes, et à montrer leur faiblesse rationnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;D’abord qu’est-ce qu’une théorie du complot&amp;nbsp;? Pour commencer par faire exactement ce qu’il ne faut pas faire, et donner un exemple comme substitut d’une définition, il suffit pour en comprendre la nature de faire un geste simple&amp;nbsp;: ouvrir sa boîte mail. Je ne compte plus le nombre de mails ahurissants que je reçois qui relèvent de thématiques complotistes. Sur la grippe H1N1 et la campagne de vaccination qui doit conduire à un génocide mondial, orchestré par les industries pharmaceutiques, sur la question d’un complot alimentaire, j'en passe et des meilleures (si vous n'avez jamais reçu ce genre de chose, bienheureux que vous êtes! gougeulisez donc moi les thématiques précédentes). &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bref, pour donner une définition cette fois-ci&amp;nbsp;: peut-être appelée &lt;em&gt;théorie du complot&lt;/em&gt; ce discours qui tend à expliquer un évènement ou un ensemble d'évènements liés comme ayant été sciemment organisés par un groupe d'individus (le plus souvent désignés comme puissants ou dominants), et prétendant apporter une version alternative de l'histoire, en apportant d'autres facteurs explicatifs que la version rapportée par la communauté scientifique, journalistique ou historique, jugée partisanne ou motivée par des intérêts secrets&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-1&quot; id=&quot;rev-pnote-89-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne rentrerai pas en profondeur dans les causes dernières qui font qu'un tel discours peut &lt;em&gt;prendre&lt;/em&gt; très facilement, et se répandre à vitesse grand V. D'autres l'on fait&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-2&quot; id=&quot;rev-pnote-89-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Par contre il me semble que l'on peut déjà repérer quelques éléments intéressants, notamment un puissant facteur romanesque, qui excite l'imagination, et donne l'impression valorisante d'être dans le secret des arcanes, de connaître le dessous des cartes, et d'être quelqu'un à qui on ne la fait pas&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-3&quot; id=&quot;rev-pnote-89-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Bref, on rentre facilement dans un monde phantasmé de complots et de machinations individuelles, par la porte grande ouverte de l'imagination, qui annihile toute possibilité argumentative avec elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;h2&gt;&quot;L'effet d'aubaine&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;




&lt;p&gt;Or, on pourrait facilement se croire à l'abris, formés à l'esprit critique tels que nous avons l'impression de l'être, de se laisser berner par un tel mécanisme. On a toujours tendance à penser que parce que nous possédons un esprit critique -tout le monde pense en avoir un-, nous sommes toujours prémunis de nous laisser abuser par des discours manipulateurs. Tout le monde à l'impression de penser par lui-même. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Or, il me semble que c'est précisément en pivotant autour ce point que les manipulations les plus efficaces ont lieu. Car c'est &lt;em&gt;toujours&lt;/em&gt; justement sur le fond de l'esprit critique, d'un impératif de lucidité, d'une exigence de vérité alternative, que se structurent les théories du complot. Le paramètre psychologique sur lequel joue toute thèse conspirationniste, c'est ce que j'appelle l&lt;em&gt;'effet d'aubaine&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-4&quot; id=&quot;rev-pnote-89-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. J'entends par là ce que l'on peut ressentir lorsqu'on a l'impression de détenir une forme de vérité que nous seuls, ou le groupe seul auquel on appartient, pensons détenir, &lt;em&gt;vérité qui se définit par opposition à une version que l'on estime comme &quot;dominante&quot;&lt;/em&gt;, dans tous les sens du terme&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-5&quot; id=&quot;rev-pnote-89-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Alors évidemment, cet effet d'aubaine est ressenti par tout un chacun, dans un grand nombre de situation de notre vie, je ne cherche donc pas à le disqualifier en tant que tel. Ce que je dis ici, c'est seulement que c'est ce paramètre psychologique qui permet d'expliquer une espèce d'anesthésie de la raison qui peut arriver dans certaines situations particulières, et notamment dans un cadre conspirationniste. Dans ce cadre, cet effet d'aubaine me semble acquérir une place centrale. Tout se passe comme si le conspirationniste pensait&amp;nbsp;: &quot;on nous cache la vérité, mon groupe et moi l'avons découvert, parce que nous avons un esprit critique fort développé, et tout ceux qui tenteront de nous soutenir le contraire seront en fait, malgré eux, joués par la version officielle. C'est &lt;em&gt;eux&lt;/em&gt; qui se font manipuler, et c'est &lt;em&gt;nous&lt;/em&gt; qui ne sommes pas dupes&quot;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-6&quot; id=&quot;rev-pnote-89-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. &lt;br /&gt;
Ce que je veux dire ici, c'est que la transformation de la vérité (bien souvent inconsciente, comme dans le cas de légendes urbaines), &lt;em&gt;joue justement sur le paramètre même qui est censé permettre de s'en prémunir&lt;/em&gt;. C'est &lt;em&gt;toujours&lt;/em&gt; au nom de l'esprit critique que l'on perçoit une conspiration. C'est toujours celui qui croit à la version &lt;em&gt;officielle&lt;/em&gt; qui est un mouton naïf, et toujours nous qui connaissons le dessous des cartes qui sommes détenteurs de la vérité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A ce point, je sais que je n'aurais en aucun cas réussi à convaincre celui qui est certain d'être manipulé par la vérité officielle, qui pense avec une conviction inébranlable que, par exemple, l'homme n'est jamais allé sur la lune, ou bien que le vaccin contre le H1N1 va nous conduire à un génocide orchestré par les laboratoires pharmaceutiques, ou bien encore que ce sont les juifs qui détiennent en secret le pouvoir banquier mondial. Je juxtapose ces différentes certitudes, au risque de me prendre un point Godwin en travers du visage, parce que selon moi elles relèvent exactement de la même structure de pensée. Ce sont les mêmes types d'arguments qui sont utilisés pour affirmer le complot pharmaceutique, pour affirmer que la vidéo de Neil Armstrong sur la Lune a été réalisée en studio, ou bien encore pour soutenir qu'il existe un complot juif mondial. Ce sont &lt;em&gt;structurellement&lt;/em&gt; les mêmes types d'arguments qui sont utilisés. Et quand je dis structurellement, j'insiste sur le fait que si dans le fond ces affirmations reposent sur des idéologies différentes, à propos de sujets distincts, la forme ou la structure de l'argumentation est la même. &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-7&quot; id=&quot;rev-pnote-89-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;br /&gt;
Bref, la question qui se pose est de savoir comment démontrer à celui qui pense qu'il y a un complot global sur tel ou tel sujet, qu'il ait une vision qui tire vers la droite ou vers la gauche, pour le dire vite, qu'il cède aux sirènes de l'imagination, et s'éloigne tout autant de la réalité?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;








&lt;h2&gt;La logique de la Paranoïa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;




&lt;p&gt;J'affirme qu'on ne peut pas convaincre cette personne, tout simplement. Et voici pourquoi&amp;nbsp;: sa logique est une logique de la paranoïa. Aussi, le mieux que l'on puisse faire me semble être, de l'extérieur, de démonter les mécanismes argumentatifs qui la grèvent, sans jamais pouvoir convaincre totalement cet interlocuteur fictif (fictif, parce que je prend un exemple de &quot;complotiste&quot; extrême, qui me permet de modéliser le comportement de tout complotiste). En effet, comment fonctionne la paranoïa? je prend le terme en son sens générique plutôt qu'en son sens précisément clinique, et je veux signifier par lui un comportement qui consiste en une forme de méfiance généralisée envers tout argument qui ne cadre pas avec le système de conviction préétabli, qui postule d'emblée une forme plus ou moins explicite, et plus ou moins aiguë, de persécution. En ce sens là, le paranoïaque n'est pas accessible à l'argumentation rationnelle, qui se trouve toujours elle-même réintégrée dans la cadre de la méfiance généralisée. &lt;br /&gt;
Cela relève d'un mode de pensée hyper-critique&amp;nbsp;: toute argumentation qui vise à remettre en cause la théorie du complot va se voir caractérisée comme une alliée du complot lui-même, même si cette alliance se fait de manière inconsciente. Le contradicteur sera alors supposé être manipulé à son insu, naïf, voire accusé de faire partie prenante du complot. En ce sens, plus on va argumenter contre la théorie du complot, plus on va donner du grain à moudre à la logique paranoïaque qui trouvera autant de matière à se voir confirmées ses certitudes suspicieuses. &lt;br /&gt;
Dire à un paranoïaque qu'il est paranoïaque ne peut que le confirmer dans sa paranoïa. C'est là la première caractéristique du conspirationniste&amp;nbsp;: tout lire au travers du prisme de la certitude du complot.
&lt;br /&gt;
De même, la paranoïa a souvent pour caractéristique de se baser sur des éléments ou des détails réels, mais de les hypertrophier. Sans une accroche dans le réel, la paranoïa ne pourrait en effet pas fonctionner, il faut donc partir d'un fait pour une part fondé objectivement ou fortement vraisemblable (par exemple le fait que les laboratoires pharmaceutiques ont un intérêt financier à la vaccination contre la grippe H1N1), et construire à partir de lui des raisonnements d'apparence logique, mais dont les conclusions sont totalement fausses, victimes d'interprétations excessives (la vaccination contre cette grippe va nous conduire à un génocide mondial). Ce genre de raisonnement est appelé &lt;em&gt;paralogique&lt;/em&gt; (pour la définition psychologique de cette dimension, &lt;a href=&quot;http://www.medecine-et-sante.com/maladiesexplications/paranoia.html&quot;&gt;voir ici&lt;/a&gt;). On peut voir ci-dessous un certain nombre d'exemples de raisonnement paralogiques.
&lt;br /&gt;
D'où la seconde forme argumentative de la logique conspirationniste&amp;nbsp;: le &lt;em&gt;renversement de la charge de la preuve&lt;/em&gt;. C'est un terme utilisé en droit, mais en  argumentativement, cela dénote un sophisme qui consiste à exiger que soit prouvé qu'une affirmation délirante est fausse. Par exemple, il y a un renversement de la charge de la preuve quand mon interlocuteur, qui énonce une affirmation délirante telle que &quot;le monstre du Loch Ness existe&quot;, exige que je prouve que le monstre du Loch Ness n'existe pas. Si je n'y parviens pas, il conclura alors que le monstre du Loch Ness existe. Or, on voit évidemment bien que ce n'est pas à moi de prouver qu'il n'existe pas (chose dont de toute manière on ne pourrait conclure de l'existence de ce monstre. Ce n'est aucunement parce que je ne parviendrais pas à en démontrer la non existence qu'on pourrait en déduire logiquement son existence), mais bien à celui qui émet l'hypothèse de sa réalité d'en apporter des preuves (cf. plus bas pour de plus amples explications).&lt;br /&gt;
Dans le cas de la théorie du complot, il en va souvent de même&amp;nbsp;: le tenant de la conspiration exige de celui qui soutient que les preuves scientifiques apportées sont valides qu'il démontre qu'il n'y a pas complot! Or évidemment, tous les arguments supplémentaires qui seront amenés passeront pour autant de manipulations supplémentaires, en vertu du cercle paranoïaque désigné plus haut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Prenons un exemple&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-8&quot; id=&quot;rev-pnote-89-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
- soient deux interlocuteurs, l'un (interlocuteur &quot;A&quot;) soutenant que l'homme n'a jamais marché sur la lune, que la vidéo montrant Armstrong posant son premier pas est une reconstruction en studio, que le drapeau flotte alors qu'il n'y a pas de vent sur la lune, etc...&amp;nbsp;; un autre (interlocuteur &quot;B&quot;) qui soutient que le premier pas de l'homme sur la lune est attesté par toute une communauté scientifique, n'a jamais été remise en cause par quelque scientifique sérieux que ce soit, ni même par les russes eux-mêmes à l'époque qui, s'il y avait eu le moindre doute, ne se seraient pas privés une seule seconde de le faire au vu du contexte. &lt;br /&gt; Or, &quot;A&quot; affirme que toutes les preuves scientifiques ont en réalité été construites de toute pièce en vu d'une manipulation idéologique. &lt;br /&gt;
- &quot;B&quot; rétorque qu'une falsification de si grande ampleur est impossible, que la communauté scientifique est pour une grande partie libre de publier ses résultats, et qu'une telle falsification aurait forcément rencontrée des oppositions. &lt;br /&gt;
- &quot;A&quot; répond (au choix) que si, les scientifiques peuvent être manipulés dans leur ensemble, ou bien encore que les preuves elles-mêmes sont tellement bien falsifiées qu'elles résistent à toute analyse objective (par exemple que toutes les vidéos, preuves, poussières ramenées de la lune, lasers disposés sur la surface, ont été effectuées par des robots, et non par des humains). &lt;br /&gt;
- &quot;B&quot; rétorque à nouveau que ces affirmations ne se basent sur rien que des soupçons non-fondés, qu'il faudrait des preuves précises pour affirmer cela, plus que de simples soupçons, pour contrebalancer les conclusions de toutes une communauté de spécialistes en la matière, et continue en disant que A lui-même n'est pas spécialiste de la chose. Et donc qu'avec tout le respect qu'il lui doit, sa parole pèse bien peu de poids argumentatif par rapport à cette même communauté scientifique.&lt;br /&gt;
- &quot;A&quot; réponds alors que &quot;B&quot; non plus n'est pas spécialiste en la matière, et que surtout c'est à lui de réussir à prouver qu'il n'y a pas conspiration. Que l'une et l'autre position sont autant tenables, et que puisque lui n'arrive pas à prouver qu'il n'y a pas conspiration, il y a donc de grande chance qu'il y ait conspiration!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ici, &quot;A&quot; vient précisément d'effectuer une retournement de la charge de la preuve. Basé uniquement sur des soupçons non-informés scientifiquement (il faudrait pour cela que ses hypothèses soient soumises à un protocole expérimental, basées sur un ensemble de faits rentrant dans le cadre d'une théorie valide préétablie, etc...), il exige que ce soit à l'autre, celui qui défend une thèse appuyée par une communauté scientifique, et donc jusqu'à preuve rationnelle du contraire, &lt;em&gt;scientifiquement fondée&lt;/em&gt;, de prouver que sa propre hypothèse est fausse. Or, on a vu que la logique implique que ce soit à celui là-même qui formule l'hypothèse d'en justifier le bien-fondé, et non à son contradicteur! En gros, ce n'est jamais parce qu'on n'arrive pas à prouver la non-existence d'une chose que cette chose existe nécessairement! (si si, relisez cette phrase, elle a bien un sens ^^).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La théorie du complot se justifie en quelque sorte par elle-même, elle ne possède aucun fondement scientifique. Elle relève d'une certitude vitale, psychologique (dont on peut trouver une des raisons dans l'effet d'aubaine désigne plus haut), et non d'une démarche logique, rationnelle. Dans ce cas, on assiste à une logique inflationniste qui seule permet de maintenir la structure paranoïaque qui doit à tout prix demeurer, quels que soient les arguments rationnels avancés en face. La logique de la suspicion est en ce sens tout à fait irrationnelle&amp;nbsp;: elle pose d'abord la certitude de la méfiance généralisée, qu'elle érige en norme universelle (par exemple&amp;nbsp;: que l'homme n'a jamais marché sur la lune, méfiance fondée sur des éléments tels que le drapeau qui flotte, les étoiles qui ne brillent pas, etc...). Tout ce qui viendra contredire cette norme, sera jugé à son aune, mais la norme elle-même ne sera jamais interrogée en tant que telle (par exemple on répondra bien que si le drapeau parait flotter, c'est que vue l'absence d'atmosphère lunaire, un élément qui est bougé ne s'arrête pas immédiatement, vu qu'il n'y a pas de frottements, que si les étoiles ne brillent pas, c'est en fonction du temps d'exposition trop court de la photo, etc...). Ainsi, plus on va amener d'éléments contredisant le doute, plus ces éléments eux-mêmes vont être remis en doute, sans que jamais le fait même de douter sur ce sujet, et la légitimité rationnelle de ce doute lui-même ne soient interrogés!&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-9&quot; id=&quot;rev-pnote-89-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;h2&gt;Forme argumentative de la théorie du complot, et forme argumentative du négationnisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;


&lt;p&gt;Si je voulais tendre allègrement un bâton pour me faire battre, et mériter définitivement mon point Godwin, j'établirais un parallèle entre certaines formes d'argumentation négationnistes et certaines formes d'argumentation tendant à justifier une théorie du complot, quelle qu'elle soit. Attention, je ne dis pas que le négationnisme historique est équivalent à toute théorie du complot quelle qu'elle soit sur tout point. Il n'y a aucune commune mesure, du point de vue de l'instrumentalisation politique et idéologique des faits, entre nier l'existence des chambres à gaz et nier que la mission Apollo soit bien allée sur la lune. L'une relève d'une manipulation historique motivée par des motifs politiques et idéologiques, tandis que l'autre relève de la légende urbaine. Ce que je veux analyser, c'est la&lt;em&gt; forme des arguments en eux-mêmes&lt;/em&gt;, leur validité logique, et rien d'autre que cela. Mieux encore, je voudrais simplement analyser &lt;em&gt;un certain type d'argument&lt;/em&gt;, quant à sa forme uniquement, que l'on peut retrouver dans les deux cas. Ce n'est en aucune manière une façon facile de décrédibiliser ceux qui ne croient pas que l'homme ait marché sur la lune, ou autre légende de ce type, en faisant jouer la comparaison émotive entre ces deux évènements (ce en quoi, si je faisais ça, je mériterais effectivement un bon gros point Godwin!), mais juste une manière de démontrer que l'on repère facilement des procédures argumentatives fallacieuses, quand ça nous arrange et qu'elles sont bien acceptées socialement, et qu'à l'inverse on ne les repère pas lorsqu'elle sont utilisées dans un certain type de discours qui va dans le sens de nos convictions. C'est donc simplement en terme de cohérence logique que j'invoque ce parallèle, et rien de plus. Encore une fois je ne prétends absolument pas que ces deux évènements aient quoi que ce soit de plus en commun que &lt;em&gt;certains points argumentatifs ou logiques bien précis&lt;/em&gt;. Cette précision effectuée, soulignée, appuyée et entourée en rouge, je me permets de continuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout d'abord, on peut remarquer que le renversement de la charge de la preuve, déjà cité plus haut, est l'une des formes argumentatives favorites du négationnisme. Je ne vais pas revenir dessus, mais juste copier un exemple trouvé sur le site &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.phdn.org/index.html&quot;&gt;Pratique de l’histoire et dévoiements négationnistes&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, sur la page qui recense les principaux arguments fallacieux du discours négationniste&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;&lt;em&gt;Ils demandent qu'on leur prouve l'authenticité des preuves du génocide (par exemple qu'on exhume les millions de victimes, surtout lorsqu'elles ont été incinérées...), et demandent systématiquement qu'on leur prouve que leurs propres affirmations (jamais étayées) sont fausses. De cette façon, jamais la charge de la preuve ne leur incombe. Et si on leur apporte des preuves sur l'authenticité des preuves du génocide, ils en demandent les preuves d'authenticité, puis les preuves de ces preuves..., etc.&lt;/em&gt;&quot;
&lt;br /&gt;
On voit là ce que je disais plus haut. Dans un cas comme dans l'autre, le conspirationniste exige que la charge de la preuve incombe à son interlocuteur, et jamais à lui-même. Ce qui lui permet de ne jamais avoir à prouver ses théories, mais à se cotenter de réfuter systématiquement la validité des preuves adverses. Ce n'est pas pour rien que l'argument de l'inversion de la charge de la preuve est initialement tirée d'un contexte juridique&amp;nbsp;: c'est en toute logique à celui qui se plaint de prendre en charge la nécessité de la preuve, sans quoi on en finirait jamais d'avoir à prouver qu'on est innocent! Ce type d'argument fallacieux est le propre des discours négationnistes, puisque ça les prémunit tout simplement d'avoir à fournir les preuves de ce qu'ils avancent, que par ailleurs ils n'ont pas, et pour cause.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais le type d'argumentation fallacieuse qui me semble revenir le plus souvent, c'est l'argument du &lt;em&gt;détail qui invalide le tout&lt;/em&gt; (je ne sais pas si cet argument a un nom, qui permette de l'identifier formellement, mais je l'appelle arbitrairement comme cela). Cela consiste à déduire, à partir d'un détail qui paraît faux, illogique, ou changeant, à invalider la totalité de l'affirmation historique dans son ensemble. Ainsi, toujours sur la même page du P.H.D.N. cité plus haut, on peut y lire&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&quot;&lt;em&gt;La tactique est la suivante: si une partie de témoignage semble invraisemblable, tout le témoignage l'est, et forcément tous les témoignages sur le génocide sont invraisemblables. Si un témoin du génocide a changé un aspect de son témoignage, forcément, tous les témoins sont des menteurs. Si un survivant des camps n'est pas mort de faim, forcément aucun déporté n'est mort de faim, etc. Évidemment, ce genre de tactique est à double-tranchant: quelqu'un peut utiliser les mensonges avérés d'autres négationnistes pour dire que eux aussi sont des menteurs...&lt;/em&gt;&quot;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Or, que se passe-t-il dans le cadre de la justification d'une théorie du complot? Bien souvent le même genre de chose&amp;nbsp;: Grissom, White et Chaffe (Trois astronautes ayant participés à la construction du vaisseau lunaire) ont été assassinés parce qu'ils en savaient trop sur le complot, il y a donc bien eu un complot. Les circonstances de leur mort ne sont pas bien claire, etc... Voilà un &quot;argument&quot; qui revient également souvent. Or, on se rend bien compte que l'on ne peut pas tirer d'un fait isolé, tel que celui-ci, ou d'un détail qui paraît invraisemblable, comme le drapeau qui n'est pas censé flotter sur la Lune, la réfutation complète du fait qu'il y a bien eu des hommes qui sont allés sur la Lune! Il n'est pas légitime, en terme de probabilités rationnelles, de mettre en balance un fait si insignifiant (qui de surcroît relève d'une interprétation délirante dans un cas&amp;nbsp;: personne n'a été assassiné pour ces raisons, l'enquête l'a prouvé&amp;nbsp;; et qui dans l'autre est balayé rapidement par une explication&amp;nbsp;: absence d'atmosphère sur la Lune + mouvement initial du drapeau quand il a été planté), censé contredire la globalité du fait qu'il y a bien eu des gens qui ont posé un pied sur la Lune. Fait, encore une fois, attesté par la totalité de la communauté scientifique. En gros, il faut des éléments un peu plus sérieux pour invalider une théorie ou un fait qui semble établi. Pour le dire autrement, on ne peut se servir de l'apparente invraisemblance d'un détail pour rendre caduque le tout, d'autant plus que ce qui paraît invraisemblable n'est bien souvent qu'un phénomène tout à fait explicable, mais qui va à l'encontre du sens commun, comme on en a de nombreux exemple dans la science de manière générale.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Bref, j'arrête là les comparaisons, parce qu'on pourrait continuer longtemps. Pour le redire encore une fois, j'ai établi ici ce parallèle entre la logique négationniste et la logique du complot (quel que soit la forme de celui-ci, je n'ai pris l'exemple de la mission Apollo que comme un exemple, ça fonctionne avec toutes les théories qui relèvent du conspirationnisme) que parce que le négationnisme lui-même est en son fond une théorie du complot. A ce titre, vous pouvez bien aller faire un tour sur &lt;a href=&quot;http://www.phdn.org/negation/recettes.html&quot;&gt;cette page du P.H.D.N.&lt;/a&gt; pour vous rendre compte que quasi la totalité des arguments négationnistes listés s'appliquent parfaitement à toute théorie du complot digne de ce nom. Les théories du complot fonctionnent logiquement, argumentativement, selon un certain nombre de mécanismes similaires que les mécanismes discursifs logiques et argumentatifs du négationnisme. Dans la mesure où elles usent d'une méthodologie partiale, sans égard pour la recherche de la factualité historique, alors que les faits contestés ont été indubitablement établis. Il ne faut toutefois pas pousser le parallèle plus loin, et rester sur le terrain de la structure logique des arguments, ou du moins de certains d'entre eux. Le négationnisme en tant que tel désigne en effet non seulement ce qui à trait à la négation de crimes historiques, mais de surcroît suppose une intention malhonnête et consciente, qui ne me semble pas nécessairement présente dans le cas des théories du complot. Ici, c'est simplement la structure des arguments qui fonctionne de manière similaire, et les deux types de discours ne sont hormis cela aucunement semblables.&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;












&lt;h2&gt;Précisions sur la perspective critique et sur la différence entre théorie conspirationniste et science critique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;





&lt;p&gt;Il me semble que l'un des éléments qui peut expliquer autant de confusion relève de la méconnaissance du fonctionnement réelle de la science. Impossible de rentrer ici dans des détails épistémologiques fastidieux, mais la science n'est pas un ensemble de certitudes établies, qui rejetterait toute critique. Au contraire, elle est de part en part construite sur une dynamique critique, mettant en jeu des hypothèses, des preuves, la validation ou le rejet de celles-ci en vertu de théories préalables et de la confrontation à l'expérience. Il me semble que le discours qui tient à la thématique complotiste ignore la démarche réelle de la science, baigné qu'il est dans un ensemble de technologies liées à l'image et à sa manipulation, où on a l'impression que tout peut-être facilement falsifié. Or, bien que le champ de la science ne soit évidemment pas exempt de l'erreur, qu'elle n'atteigne jamais à une certitude absolue&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-10&quot; id=&quot;rev-pnote-89-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, il y a dans une certaine mesure un certain nombre d'éléments qu'on peut tenir pour acquis. On peut calculer la trajectoire des corps célestes à la milliseconde près des siècles en avance, on peut mesurer la chute des corps avec une précison ahurissante, etc... Ce que je veux dire par là c'est que, même si la science est un &lt;em&gt;work in progress&lt;/em&gt; perpétuel, s'il y a bien un lieu où quelque chose s'approchant de la certitude peut-être trouvé, c'est bien à son endroit. Sans la déifier pour autant, et la juger pour l'aune définitive de toute vérité, il est impossible sans être contradictoire de remettre en cause avec autant de désinvolture les constats qu'elle établit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Or, c'est précisément ce point qui est problématique avec toute théorie du complot quelle qu'elle soit. Elle pense que la science est uniquement et totalement structurée par des intérêts (financiers, de domination, etc...), au point de pouvoir être absolument et sciemment dirigée par ceux-ci quand le besoin s'en fait sentir. C'est la une vision naïve et romanesque, que même les plus grands critiques de la domination n'ont jamais soutenue. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Prenons Bourdieu, qu'on peut difficilement taxer d'être aveugle aux questions de la domination sociale, ou de la non-neutralité de la science, puisque c'est précisément là ses objets principaux de recherche. Il a une citation que je fais suivre à chaque fois que je reçois un mail à tonalité conspirationniste (et dont il m'est impossible de me souvenir l'ouvrage dont elle est tirée, peut-être les &lt;em&gt;Questions de Sociologie&lt;/em&gt;, mais ça demanderait vérification), à propos des mécanismes de domination. En effet, les vagues théories à consonnance complotiste trouvent un terrain privilégié, me semble-t-il, dans les milieux &quot;de gauche&quot; (pour faire vite), qui ont par ailleurs ma complète et entière sympathie. En effet, il y a là une espèce de doxa un peu vague, confusément marxiste, selon laquelle on est toujours pris dans des rapports de domination. Je souscrit à 200% à cette analyse, mais pas au point où elle se voit souvent poussée&amp;nbsp;: c'est sur ce postulat de base que se fonde souvent l'idée selon laquelle la domination objective d'une classe sur une autre se réaliserait comme un complot conscient et concerté de cette classe, ou d'une partie de cette classe, visant à se dérouler à la défaveur de la classe dominée, ou d'une partie de celle-ci. Or, c'est sur le caractère conscient et concerté d'une telle domination que Bourdieu (et très accessoirement moi-même) disconvient. &quot;&lt;em&gt;Les mécanismes de domination&lt;/em&gt;, dit-il, &lt;em&gt;sont toujours plus intelligents que les plus intelligents des dominants, et surtout, plus efficaces que leur tentative de concertation explicite. Et que si le dominé est dominé par le dominant, le plus souvent celui-ci est dominé par sa propre domination&lt;/em&gt;&quot;. Idée que partage Merleau-Ponty, qu'on peut lui aussi difficilement suspecté d'être partisan de la domination, pour qui la théorie du complot est &quot;&lt;em&gt;toujours celle des accusateurs parce qu’ils partagent avec les préfets de police l’idée naïve d’une histoire faite de machinations individuelles&lt;/em&gt;&quot;.&lt;br /&gt;
L'idée derrière cela est que cette vision de l'Histoire comme manipulée est tout à la fois grossière et romantique. Grossière parce que l'Histoire, comme toute science, est soumise à des procèdures de vérification rigoureuses, et que si la question de son objectivité absolue est impossible à déterminer définitivement, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas, tout de même, une forme d'objectivité relative. En cela on peut affirmer qu'il y a parfois falsification ou négationnisme de l'histoire. Sans quoi le sens même de ces expressions ne serait pas intelligible. Romantique également dans la mesure où s'il ne s'agit pas de nier la dimension stratégique que revêt la science ou l'Histoire, que comme toute pratique elles sont prises dans des intérêts, motivées par des impératifs économiques et idéologiques, ceux-ci ne peuvent en aucun cas organiser de manière explicite et concerté une manipulation à grande échelle, de par la nature même de ces pratiques scientifiques. Si la censure où la distorsion historique se font, c'est de manière beaucoup plus fine ou insidieuse, et jamais à la manière dont on peut le voir dans le &lt;em&gt;Da Vinci Code&lt;/em&gt; ou autre vision romancée. La pratique de la science ou de l'Histoire est tout à la fois bien moins sexy et beaucoup plus rigoureuse&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-11&quot; id=&quot;rev-pnote-89-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je n'insiste pas plus sur ces sujets, car cela demanderait des développements plus approfondis qui n'ont pas leur place ici. Je voulais simplement faire remarquer que nier la possibilité des théories du complot, toujours grossièrement présentées (mais néanmoins extrêment efficaces dans certains cas), n'en revient pas à abandonner son esprit critique. Bien au contraire, c'est bien plutôt une invitation à le diriger et l'exercer de manière plus cohérente, informée et raisonnée. La preuve en est que, de manière générale, 99,9% des mails que l'on reçoit ayant une tonalité conspirationniste&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#pnote-89-12&quot; id=&quot;rev-pnote-89-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;sont des faux ou des canulards (je laisse le 0,01% de doute afin que le sceptique qui est en moi ne se révolte pas trop, mais dans le cas de ma boîte mail, c'est 100% tout rond)...
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;











&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;ins&gt;Sources&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Pour ceux qui douteraient encore que l'homme a vraiment marché sur la Lune, voici point par point, c'est assez long, &lt;a href=&quot;http://www.bladi.net/forum/107617-americains-marche-lune/&quot;&gt;la réfutation de tous les &quot;arguments&quot;&lt;/a&gt; que l'on sort habituellement pour invalider cette thèse.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Une autre source reprenant le &quot;top ten&quot; des arguments les plus souvent cités, sur le même modèle que le précédent, par un doctorant en biologie, sur le site &lt;a href=&quot;http://www.spectrosciences.com/print_article.php3?id_article=111&quot;&gt;Spectroscience&lt;/a&gt;. De manière générale, on trouve sur le net une foultitude de site qui démontent point par point ces pseudo-arguments. On me répondra qu'on en trouve aussi une foultitude qui les défendent. Je répondrais à mon tour que la quasi-totalité des propos de ces derniers sont formulés par des non-spécialistes, soit des gens qui n'y connaissent à peu près rien à la question. Tandis que les premiers sont quasiment toujours formulés par des spécialistes de la question. On en tirera les conclusions que l'on voudra...&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;L'article Wikipédia sur la question des &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_du_complot&quot;&gt;théories du complot&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/l-homme-n-aurait-pas-marche-sur-la-59242&quot;&gt;Un article sur Agoravox&lt;/a&gt; traitant du sujet de la remise en cause de la marche sur la Lune, où l'auteur se fait plutôt malmener dans les commentaires, faute de précisions linguistiques dans son article, alors qu'il a globalement tout à fait raison.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.conspiracywatch.info/Pierre-Lagrange,-les-soucoupes-volantes-et-la-theorie-du-complot_a368.html?com&quot;&gt;Un article sur l'observatoire du conspirationnisme&lt;/a&gt; à propos des théories du complot en ce qui concerne les extra-terrestres, qui renvoie vers plusieurs articles, dont ceux de Pierre Lagrange sur le sujet, sociologue spécialisé dans les théories du complot.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;L'article &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Négationnisme&quot;&gt;consacré au négationnisme&lt;/a&gt; dans Wikipédia.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Enfin, &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Rumeurs_sur_le_programme_Apollo&quot;&gt;l'article de Wikipédia&lt;/a&gt; consacré aux théories conspirationnistes jugeant que personne n'est jamais allé sur la lune. Je précise 1.Que cet article est dénommé &quot;&lt;em&gt;Rumeurs sur le programme Apollo&lt;/em&gt;&quot;, et reconnait donc que ce ne sont là que des rumeurs, et en aucun cas des faits établis, et ravale donc cette théorie au même rang que la bête du Gevaudan ou le monstre du Loch Ness. 2. L'article lui-même possède le bandeau &quot;&lt;em&gt;Cet article ou cette section est sujet à caution&lt;/em&gt;&quot;, car il ne respecte pas un certain nombre de recommandations de la charte de validité de Wikipédia, ce qui prouve (si besoin était, mais je sais que besoin en est!) que la place même d'un tel article dans une encyclopédie, ne va pas de soi. Par opposition, &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_Apollo&quot;&gt;la page qui traite du programme Apollo lui-même&lt;/a&gt; est parfaitement renseignée, sans aucun bandeau qui la rende sujette à caution, ni quoi que ce soit de cet ordre. Mais il va bien se trouver quelques personnes pour penser que c'est là encore la conséquence d'une sombre machination ^^...&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;le site du &lt;a href=&quot;http://www.phdn.org/&quot;&gt;P.H.D.N.&lt;/a&gt; ( Pratique de l’histoire et dévoiements négationnistes), et plus particulièrement la page qui recense &lt;a href=&quot;http://www.phdn.org/negation/recettes.html&quot;&gt;les &quot;recettes&quot; argumentatives des négationnistes&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le lien vers le site d'&lt;a href=&quot;http://www.acrimed.org/&quot;&gt;Acrimed&lt;/a&gt; (Observatoire des Médias - Action Critique Médias), et en particulier vers &lt;a href=&quot;http://www.acrimed.org/article2680.html&quot;&gt;un article défendant la pensée de Chomsky&lt;/a&gt;, souvent accusée (et bien à tort), de conspirationniste. Cela donne une vue plutôt intéressante de l'instrumentalisation que l'on peut faire de certains arguments que je développe ici. Il va de soi que je ne souscrit aucunement à l'idée que toute pensée critique est automatiquement conspirationniste. Bien au contraire, identifier les formes vulgaires de conspiration permet de formuler une critique sociale qui soit, autant que faire se peut objective, et qui touche à son but.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Pour justifier la différence entre pensée critique et thématiques conspirationnistes, je renvoie également à l'excellente &lt;a href=&quot;http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1791&quot;&gt;série d'émissions réalisées&lt;/a&gt; par Daniel Mermet sur Chomsky, qui permet de bien mettre au clair cette nette distinction.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hoaxbuster.com/&quot;&gt;Hoaxbuster&lt;/a&gt;, le site de référence sur les hoax, canulards, et légendes urbaines. Dès que vous recevez un mail envoyé en chaîne, aller voir ce qu'il en est sur hoaxbuster permet souvent de se faire une idée précise de la validité ou de la fausseté de son contenu.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-1&quot; id=&quot;pnote-89-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] voir &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_du_complot&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; la définition donnée par Wikipédia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-2&quot; id=&quot;pnote-89-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Popper K., &lt;em&gt;La Société Ouverte et ses Ennemis&lt;/em&gt;, chap. 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-3&quot; id=&quot;pnote-89-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Sur la logique de ses mécanismes psychologiques, je renvoie à mon &lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/03/12/Cercles-de-dons&quot;&gt;billet sur les cercles de dons&lt;/a&gt;, ou la question de &quot;l'effet d'aubaine&quot; est un paramètre important, qui permet d'expliquer que les gens marchent dans une combine qui, analysée froidement, ne tient pas la route 5 minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-4&quot; id=&quot;pnote-89-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] j'emprunte le terme au &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_pervers&quot;&gt;vocabulaire économique&lt;/a&gt;, mais en en modifiant le sens initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-5&quot; id=&quot;pnote-89-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;em&gt;Dominante&lt;/em&gt; au sens de majoritaire, et &lt;em&gt;dominante&lt;/em&gt; au sens marxiste de ce qui représente une forme de domination, soit une position de force objective, les deux sens étant évidemment liés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-6&quot; id=&quot;pnote-89-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] On peut constater d'ailleurs que bon nombre d&lt;em&gt;'avatars&lt;/em&gt; du marxisme, du féminisme, etc... fonctionnent pour une part sur un tel effet d'aubaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-7&quot; id=&quot;pnote-89-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Il y a ainsi un fait bizarre selon lequel ce sont souvent les premiers à critiquer TF1 et la vision manichéenne d'une émission telle que le droit de savoir ou équivalent, où à dénoncer l'antisémitisme latent qu'il y a derrière la thèse d'un complot judéo-chrétien (et donc à être tout à fait lucide sur la dimension absurde qu'une telle vision conspirationniste implique - pour faire vite, les tenants d'une vision &lt;em&gt;de gauche&lt;/em&gt;) qui tombent dans le panneau de la conspiration dès qu'elle vient confirmer un tant soit peu leur idéologie. Par exemple dès qu'il est question d'identifier un complot &lt;ins&gt;concerté&lt;/ins&gt; de la frange dominante de la société censé être en la défaveur de la frange dominée.  Il y a là une question de cohérence qui est vraiment surprenante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-8&quot; id=&quot;pnote-89-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Toute similarité avec des faits s'étant réellement produit étant purement fortuite ^^.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-9&quot; id=&quot;pnote-89-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] C'est là toute la différence que fait Freud, dans &lt;em&gt;L'avenir d'une illusion&lt;/em&gt;, entre &quot;illusion&quot; et &quot;erreur&quot; : l'erreur est cette contradiction logique qui, si elle est levée, amenée à la conscience de celui qui se trompe, disparaît dans ce mouvement même. Si je pense que 2 + 3 = 8, et qu'un mathématicien me démontre que 2 + 3 = 5, dans la mesure où j'ai toutes mes facultés logiques, une fois cette démonstration effectuée, j'arrêterai de croire que 2 + 3 =8. Par contre dans le cas d'une illusion, son caractère illusoire a beau m'être connu, cela ne fait pas pour autant disparaître l'illusion. Si je suis dans le désert et que j'ai un mirage qui me présente une oasis, j'aurais beau savoir que c'est là une illusion, je verrais toujours l'oasis. Pourquoi? Précisément parce que l'erreur relève de la simple logique, et ne fait pas entrer en jeu les affects. L'illusion, au contraire, relève d'un affect ou d'un désir dans lequel elle prend sa source. Il ne suffit donc pas de montrer qu'elle est fausse (erreur logique), pour la supprimer, puisqu'elle est liée à une composante irrationnelle. Cette distinction s'applique parfaitement à notre cas conspirationniste, raison pour laquelle le conspirationniste ne peut que très difficilement être décillé. Sa certitude n'est pas une certitude rationnelle, mais une certitude affective, qui n'est pas basée sur des faits prouvés, sur une confrontation à la preuve expérimentale (voire sur la simple connaissance de ce qu'est une preuve expérimentale), mais sur un désir qui ne dit pas son nom. C'est précisément la fonction de l'effet d'aubaine que de rendre compte de cette composante irrationnelle. Il y aurait certainement d'autre facteurs à invoquer, mais celui-ci me semble être suffisamment éclairant pour faire comprendre l'idée : c'est avant tout parce que j'ai l'impression de participer à la découverte d'une vérité cachée, apparemment pour des raisons que j'estime politiques, idéologiques, manipulatrices, etc... qu'il m'est difficile de remettre en cause mon doute. Sans cela, j'aurais l'impression d'être a nouveau manipulé ou de faire partie de la masse. Sans trop verser dans la psychologie de supermarché, il y a là une composante égocentrique qui me semble importante : on ne cherche pas tant à établir la vérité, que d'imposer à toute force notre point de vue, aussi et surtout quand les preuves expérimentales vont à l'encontre de celui-ci. D'ailleurs, je suis prêt à parier que s'il y a des gens qui répondent à ce billet (oui, c'est un doux rêve), il va bien s'en trouver quelques uns pour valider cette anticipation, en m'apportant des &quot;preuves&quot; de seconde main selon lesquelles personne n'a jamais marché sur la lune, ou bien qu'il y a bien un complot sur tel ou tel sujet, confirmant performativement ce que je dis ici...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-10&quot; id=&quot;pnote-89-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] Pascal, grand scientifique et co-inventeur du calcul sur l'infini, disait déjà dans son &lt;em&gt;Opuscule sur la Géométrie&lt;/em&gt;, que &quot;&lt;em&gt;ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'ordre absolu qu'il n'y a pas d'ordre du tout&lt;/em&gt;&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-11&quot; id=&quot;pnote-89-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] Encore une petite note pour rappeler, à côté de Bourdieu et de Merleau-Ponty, dont on ne peut pas vraiment dire que ce furent des partisans de la domination -le premier a passé environ la totalité de ses écrits à en débusquer les formes, tandis que la pensée du second est clairement inspirée du marxisme-, un autre auteur : Noam Chomsky. Son oeuvre fait partie des critiques les plus virulentes adressées à l'endroit du système &lt;em&gt;capitaliste&lt;/em&gt; (je mets en italique parce que le terme même demanderait à être analysé), et de ses mécanismes de coercition, notamment &lt;em&gt;via&lt;/em&gt; une sévère critique du système médiatique. Pour autant, il est le premier à reconnaître l'irrationalité profonde de toute théorie du complot : &quot;&lt;em&gt;Pour expliquer le fonctionnement des médias de masse, nous ne recourons à aucun moment à l’hypothèse d’une conspiration&lt;/em&gt;&quot;. Noam Chomsky et Edward S. Herman, &lt;em&gt;Manufacturing Consent. The Political Economy of the Mass Media&lt;/em&gt;, Pantheon Books, New York, (1998) 2002, p.9. Bien différencier entre théorie du complot grossière et analyse critique scientifique, ou sociologique, etc. légitime me semble essentiel, d'où la dernière partie de ce billet. En ce sens que ne pas sombrer dans le conspirationnisme n'en revient pas à rendre caduque toute critique sociale, ni toute pensée contestataire impossible, Bien au contraire. A l'inverse, cela permet d'avoir une pensée crédible et rationnellement structurée, qui ne repose pas sur des présupposés vulgaires (au sens de &lt;em&gt;communs, banals, irréfléchis&lt;/em&gt;), mais sur une conception plus lucide de la marche du savoir. Pour plus d'informations sur Chomsky notamment, &lt;a href=&quot;http://www.acrimed.org/article2680.html&quot;&gt;voir le lien suivant, qui présente son ouvrage ''Manufacturing Consent''&lt;/a&gt;, sur le site Acrimed, et le défend, justement, des accusations illégitimes le qualifiant comme un ouvrage conspirationniste. Il va de soi que l'accusation de conspirationnisme est souvent utilisée un peu trop commodément pour automatiquement disqualifier toute pensée contestataire. J'espère avoir réussi à montrer que ce n'est pas du tout mon propos ici, et que ce que je critique dans mon article, ce sont les formes de conspirationnisme vulgaire, qui ne sont même pas discutées par la communauté scientifique, en tant que tout simplement ne relèvent pas de la science, mais de l'opinion, au sens le plus dévalorisant du terme. A l'inverse, des penseurs critiques tels que Bourdieu ou Chomsky, s'ils peuvent trouver des résistances scientifiques face à eux, sont considérés comme des adversaires légitimes, leurs thèses sont discutées, critiquées, violemment parfois, mais que très rarement rabaissées au niveau de l'opinion. Justement, parce que, eux, jouent le jeu de la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/11/22/#rev-pnote-89-12&quot; id=&quot;pnote-89-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] Je me suis concentré ici sur l'exemple de la mission Apollo sur la Lune, mais ça vaut pour toute thèse à portée conspirationniste. On peut tout aussi bien, comme je le disais au début, appliquer exactement la même analyse à la question de la grippe H1N1 et de sa vaccination censée être mortelle -ce qui ne veut pas dire à l'inverse que la campagne de vaccination risque fort d'être orientée par les entreprises pharmaceutiques, qui en tirent certainement un profit énorme, mais il y a une différence entre dire cela, et affirmer, comme je l'ai souvent reçu par mail, que tout cela va aboutir à un génocide. Partir dans des extrêmités absurdes comme celle là non seulement est ridicule, mais de surcroît décrédibilise par suite toute tentative sensée de critiquer ce genre d'évènements.Bref, ça fonctionne aussi bien avec la grippe et les soupçons de génocides qu'avec n'importe quel autre cas qui rentre dans le même cadre, que l'on reçoit très régulièrement (voire que l'on fait suivre parfois!) dans nos boites mails...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Poppin'</title>
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    <pubDate>Sun, 05 Apr 2009 03:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
        <category>Zic-Ã¬ (Mu)</category>
        <category>Danse</category><category>Hip-hop</category><category>Popping</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/poppin/.gravite_s.jpg&quot; alt=&quot;gravite&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;J'ai toujours pensé que le hip-hop, dans ses différentes branches, était à notre époque un mouvement artistique d'une ampleur équivalente à celle du romantisme aux XVIIIe et XIX siècles. Art pluridisciplinaire qui puise sa source aux racines colorées du sang de l'esclavage, des rites archaïques, et en lequel résonne la pulsation des danses tribales africaines, il souffre malheureusement d'une surexposition qui, par son éclat même, contribue à en masquer la profondeur.&lt;a href=&quot;http://www.google.com/patents?id=MAUgAAAAEBAJ&amp;amp;printsec=drawing&amp;amp;zoom=4&amp;amp;dq=ininventor:michael+ininventor:jackson+dance&amp;amp;as_drrb_ap=q&amp;amp;as_minm_ap=1&amp;amp;as_miny_ap=2007&amp;amp;as_maxm_ap=1&amp;amp;as_maxy_ap=2007&amp;amp;as_drrb_is=q&amp;amp;as_minm_is=1&amp;amp;as_miny_is=2007&amp;amp;as_maxm_is=1&amp;amp;as_maxy_is=2007#PPA1,M1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;De lui ne sont mis en lumière que les avatars les plus stéréotypés, et bien qu'il en sorte quelques uns du lot, il demeure que la forêt qui se cache derrière ces arbres est d'une dimension bien souvent insoupçonnée&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/04/05/#pnote-84-1&quot; id=&quot;rev-pnote-84-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Aussi, pénétrons cette étendue boisée et jetons notre regard sur l'une des disciplines qui le compose&amp;nbsp;: la danse.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Et en particulier, j'aimerais m'arrêter un peu ici sur le style de danse particulier qui se nomme le Popping. Mais qu'est-donc que le Popping? Et bien qui a vu Mickael Jackson faire le moonwalk&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/04/05/#pnote-84-2&quot; id=&quot;rev-pnote-84-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; , ou bien a vaguement une idée de ce à quoi ressemble quelqu'un qui fait la vague avec son corps a déjà un semblant de réponse. Le Popping, c'est cela! Ou bien plutôt, c'est aussi cela, mais pas seulement. C'est aussi et surtout beaucoup plus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Mais pour plus de clarté, reprenons au commencement, c'est-à-dire la funk de la fin des années 70 (mais qu'est-ce qu'un commencement, dans une suite historique où tous les éléments sont intriqués les uns-aux-autres, formant une chaîne huileuse et ininterrompue, qui va du coeur battant des tribues, aux vibrations électroniques les plus modernes?).Un groupe de danseur nommés les Electric Boogaloo, fin 70, mixe deux styles de danse que sont le Boogaloo (oui, c'est un nom rigolo) et le Poppin'. Ce sont deux danses de rue, qui ont encore une pérennité aujourd'hui, et qui se caractérisent par le fait qu'elles sont des danses debout, qui ne comportent pas d'acrobaties. Par contre, elles demandent une précision et une souplesse redoutables. En gros (mais il faut le voir pour le croire, le lire ne suffit pas), cela consiste à faire bouger son corps dans des positions qu'il ne prendrait pas naturellement, mais de manière méchamment stylée. La base consiste en la contraction et la décontraction des muscles, placées à des moments rythmiques bien précis.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Ce sont donc les Electric Boogaloo qui sont le point de départ ce ce type de danse. Dansant sur du funk bien gras, c'est la raison sur laquelle le popping est rangé dans la catégorie des funkstyles. Vous vous souvenez du mec bourré à la fin d'un repas qui essaie de faire des mouvements de robot, ou de votre pote qui-le-fait-vraiment-super-bien, et bien c'est de là que ça vient, oui oui. Mais Un dessin valant mieux qu'un long discours (bon, ok,une vidéo dans ce cas), regardons plutôt ceci :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;
&lt;u&gt;&lt;b&gt;Electric Boogaloo - 1980&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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/&gt;
&lt;/center&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les principes de base du popping, peuvent se diviser en trois grandes familles&amp;nbsp;: Les &lt;em&gt;hits&lt;/em&gt;, contraction des muscles en rythme sur des instants musicaux clefs . Ces contractions passent des jambes au bras, le torse, et même la gorge, comme le montrera une vidéo un peu plus bas dans ce billet, si vous être attentifs en la regardant. L&lt;em&gt;'isolation&lt;/em&gt;, qui est une technique de mime qui reproduit des mouvements robotiques. Et enfin les angles, qui consistent à bien choisir les angles qui rendent le mouvement le plus esthétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et les formes modernes de danse ont su s'approprier un tel héritage. J'ai trouvé quelques vidéos, et la plupart proviennent d'un équivalent d'&quot;incroyables talents&quot;, de je ne sais exactement quels pays (les States et le Danemark, je pense).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour commencer, quand je vous parlais de désynchroniser les muscles, voire la gorge, jetez donc un noeil à la vidéo qui suit. Ca commence un peu doucement, mais ça devient rapidement assez dingue, donc ça vaut le coup de la regarder en entier (bon, ok, je vous autorise à zapper la fin, où deux abrutis et une espèce de cruche, qui semblent avoir autant de fromage blanc dans le crâne les uns que les autres, font leurs réflexions. Incroyables talent's style oblige)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;u&gt;&lt;b&gt;Robert Murraine&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

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/&gt;
&lt;/center&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les deux vidéos qui viennent ensuite sont pour moi encore plus spectaculaires. La précision des mouvements est vraiment bluffante, la mise en scène très efficace, et le choix musical parfait. Contrairement à celle d'avant, deux danseurs sévissent ici en même temps, et la synchronisation de leurs mouvements est d'un raffinement effroyable. Et là se dégage cette espèce de sensation selon laquelle les mouvement et le son, la dimension simplement spatiale des corps et le caractère temporel propre au rythme, ne font plus qu'un. Si j'avais à spécifier ce qui, pour moi, fait le plus grand intérêt artistique de ce style de danse, je dirais que c'est cette caractéristique par laquelle le mouvement et le son trouvent leur point de rencontre, jusqu'à se fondre l'un à l'autre. J'ai mis leur deux videos à la suite, mais on en trouve d'autres sur les sites de partage de vidéo (voir la section sources, plus bas). Encore une fois, ça vaut le coup de les regarder en entier, et d'en profiter pour remarquer que, en plus de la danse elle-même, il y a tout un jeu de mime, d'expressions faciales, d'habillage ayant une lointaine parenté avec la pratique du clown (La pratique du déguisement fait quasiment partie intégrante de l'exhibition dans de nombreuses manifestations de popping)...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;
&lt;u&gt;&lt;b&gt;Nick &amp; Jeppe - Talent 2008 Denmark #1&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;u&gt;&lt;b&gt;Nick &amp; Jeppe - Talent 2008 Denmark #2&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;ins&gt;Sources&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;L'&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Popping&quot;&gt;article de wikipédia sur le popping&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L'&lt;a href=&quot;http://www.style2ouf.fr/dossiers/articles/1165-les-electric-boogaloos&quot;&gt;article sur les Electirc Boogaloo&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.style2ouf.fr/dossiers/articles/1163-histoire-de-la-danse-hip-hop&quot;&gt;un dossier sur l'histoire de la danse hip-hop&lt;/a&gt;, tous deux de l'excellent site &lt;a href=&quot;http://www.style2ouf.fr/&quot;&gt;Style2ouf&lt;/a&gt;, que vous pouvez consulter dans son ensemble.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Je n'ai évidemment pas toutes les références musicales utilisées dans ces vidéos, mais j'ai pu repérer le morceau &lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/track/40642&quot;&gt;Beat Box&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/fr#music/artist/204&quot;&gt;Art of Noise&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/track/2210&quot;&gt;Intergalactic&lt;/a&gt; des &lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/fr#music/artist/429&quot;&gt;Beasty Boys&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=zbP9ZdIZmR0&quot;&gt;Muzika, Kuri Saugo&lt;/a&gt; du groupe &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/sindikatas&quot;&gt;G&amp;amp;G Sindikatas&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/track/735196&quot;&gt;Believe Me&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/fr#music/artist/72&quot;&gt;Fort Minor&lt;/a&gt;...&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Pour trouver les vidéos de &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/results?search_type=&amp;amp;search_query=Nick+%26+Jeppe&amp;amp;aq=f&quot;&gt;Nick &amp;amp; Jeppe&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/results?search_type=&amp;amp;search_query=Robert+Murraine&amp;amp;aq=f&quot;&gt;R. Murraine&lt;/a&gt; (aka Mr Fantastic), ou plus généralement de &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/results?search_type=&amp;amp;search_query=popping&amp;amp;aq=f&quot;&gt;popping&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/results?search_type=&amp;amp;search_query=breakdance&amp;amp;aq=f&quot;&gt;breakdance&lt;/a&gt;, ou de &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/results?search_type=&amp;amp;search_query=danse+hip+hop&amp;amp;aq=f&quot;&gt;danse hip-hop&lt;/a&gt;, il suffit de taper les noms équivalents dans votre meilleure crèmerie de vidéos (ok, je l'ai fait pour vous bande fainéants).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/04/05/#rev-pnote-84-1&quot; id=&quot;pnote-84-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Il y aurait quelque chose à dire sur la manière dont la charge revendicative, profondément ancrée dans des luttes sociales, est comme neutralisée par le système qui a su parfaitement rependre à son compte une partie de la culture hip-hop. Il y a un excellent &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2008/09/DENIS/16290&quot;&gt;article du Monde Diplomatique&lt;/a&gt; qui met parfaitement en mots la manière dont, en France par exemple, certaines formes les plus acceptables de cet art, les plus médiatisées, viennent parfaitement faire correspondance avec le discours politique en vigueur. L'exemple qui est pris dans cet article est celui du &quot;Slam&quot;, ou plutôt de la manière dont ce mouvement s'est incarné en France depuis quelques années. Abd Al Malik, Grand Corps Malade, etc... en sont les meilleurs représentants. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'ici la dimension contestataire, à tout le moins iconoclaste, qui est le terreau initial du hip-hop, est pour le moins désamorcée. Non pas qu'il faille obligatoirement l'être pour être une production artistique valable, mais seulement parce ce genre de productions ne rendent pas forcément compte de la profondeur et de la richesse de cet art. Il n'est peut-être pas étonnant non plus que celles-ci cadrent parfaitement avec un certain type de discours politique, avec la bénédiction explicite du ministre de la culture. Bref, je ne peux que conseiller la lecture de l'article ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2009/04/05/#rev-pnote-84-2&quot; id=&quot;pnote-84-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Voilà le moment de vous révéler quelque chose d'incroyable. La photo en tête de ce billet figure Mickael Jackson, grand danseur, qui défie la gravité. Et bien figurez vous que mon insatiable curiosité m'a poussé à me demander comment il pouvait bien tenir cette position absolument absurde. Et croyez le ou non, mais cela est permis par ses bottes anti-G. Oui, oui, vous avez bien lu, il s'est fait fabriquer des bottes lui permettant d'effectuer le mouvement que je viens de baptiser &quot;des chaussures de ski&quot;. Voici &lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/poppin/boot.jpg&quot;&gt;un croquis détaillé de la chose&lt;/a&gt;. Et pour qui désirerait se la raconter en soirée devant ses amis, voici &lt;a href=&quot;http://www.google.com/patents?id=MAUgAAAAEBAJ&amp;amp;printsec=drawing&amp;amp;zoom=4&amp;amp;dq=ininventor:michael+ininventor:jackson+dance&amp;amp;as_drrb_ap=q&amp;amp;as_minm_ap=1&amp;amp;as_miny_ap=2007&amp;amp;as_maxm_ap=1&amp;amp;as_maxy_ap=2007&amp;amp;as_drrb_is=q&amp;amp;as_minm_is=1&amp;amp;as_miny_is=2007&amp;amp;as_maxm_is=1&amp;amp;as_maxy_is=2007#PPA1,M1&quot;&gt;la notice détaillée qui en permet la fabrication&lt;/a&gt;. Ô merveilles de possibilités que permet internet...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
</description>
    
    
    
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    <title>L'art du générique</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/12/19/Lart-du-generique</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d020698aa277b01f807108d561c9b9ee</guid>
    <pubDate>Fri, 19 Dec 2008 16:12:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
        <category>Film(s)</category>
        <category>catch me if you can</category><category>Dexter</category><category>generique</category><category>hbo</category><category>Six feet under</category><category>Weeds</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/.generique_m.jpg&quot; alt=&quot;generique.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Depuis un petit moment j'avais envie de faire quelque chose sur les génériques de série -voire de film-, chose dont la composition exige un travail très particulier, puisqu'il faut à la fois refléter l'univers de l'œuvre que l'on va visionner ensuite (il a donc une fonction introductive), relever un bout de jupon sur ce qui est censé lui succéder, mais il doit également en quelque sorte se suffire à lui-même, constituer un tout, une unité relativement autarcique (et dans cette mesure là il possède une dimension artistique autonome). Bref, il s'agit là de tout un art, qui implique à la fois de mêler le sens de la métaphore (puisqu'il s'agit de donner à voir des images qui ne sont souvent pas même tirées de la série ou du film eux-mêmes, mais qui pourtant les reflètent ou en donnent une illustration paradigmatique), ainsi qu'un &lt;em&gt;feeling&lt;/em&gt; bien pesé de la suggestion. Pis encore, la difficulté est redoublée dans le cas du générique de série, dans la mesure où tout en étant unique, il doit pourtant introduire à tous les épisodes, soit correspondre à la tonalité globale de la série. Bref, un bel exemple d'unité dans la diversité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aussi, par cette espèce de double dimension qui le porte à la fois à être au service d'autre chose que lui-même, et dans le même temps de conserver une relative autonomie, ça me semblait intéressant de s'arrêter un peu dessus. J'avais prévu de faire quelque chose uniquement sur les générique de série, initialement, parce que je me disais qu'a priori c'est dans ce cadre là que ceux-ci sont les plus travaillés, de par les contraintes propres au format, dont la répétitivité de nature implique que soient créés des &lt;em&gt;gimmicks&lt;/em&gt;, formules dont on peut se souvenir facilement et qui constituent comme une signature de la série (la musique, à ce titre, est encore plus parlante. Ce n'est d'ailleurs pas étonnant que son rôle soit éminent dans ce moment particulier). Or, j'ai rapidement pensé à certains génériques de film que j'avais également trouvé très beaux, et ni une ni deux, au diable les varices, je me suis donc décidé à inclure ici un générique de long-métrage. La liste de tout cela n'est bien évidemment pas exhaustive, et je serais ravi que l'on me signale ceux que j'aurais pu oublier, ou qu'on m'en fasse découvrir de nouveaux. J'ai mis ici ceux qui m'avaient le plus frappés, et qui pour cette raison me sont immédiatement venus à l'esprit...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;ins&gt;Titre&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Weeds&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Réalisateur&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Jenji Kohan&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;musique&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Little Boxes&lt;/em&gt;, interprétée à chaque épisode par différents artistes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;année&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: 2005&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=weeds_g_n_rique.flv&amp;autoStart=false&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; wmode=&quot;transparent&quot;&gt; &lt; param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=weeds_g_n_rique.flv&amp;autoStart=false&quot; /&gt; &lt; param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;/object&gt;
&lt;/center&gt;




&lt;p&gt;Je trouve pas mal celui-ci (la série étant elle-même plutôt excellente, elle passe sur HBO, comme la plupart des séries présentées ici d'ailleurs), le montage fondé sur des répétitions (établissement de la ville-champignon par le clonage de maison qui ressemblent fort à des maison-témoins, passage de working-men anonymes et tous habillés sur le même modèle, etc...) souligne assez bien, et de manière plutôt ironique, la critique de la société consumériste que la série elle-même se propose de mettre à mal. Le thème du clone y est fortement présent, et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la chanson de générique est à chaque fois interprétée &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Weeds#Musique_du_g.C3.A9n.C3.A9rique&quot;&gt;par un artiste différent&lt;/a&gt;. Toujours la même, et pourtant toujours distincte de son occurrence précédente, il y a là une assez belle illustration de ce que je disais plus haut à propos du générique lui-même&amp;nbsp;: conserver l'unité dans la diversité, donner à voir l'esprit de la série, englobant et collant à tous les épisodes possibles... Bref, on rejoint cette idée du fonctionnement métaphorique du générique. Ici, aucun plan n'est tiré d'un épisode de la série elle-même, mais le tout est plutôt emblématique du ton adopté par celle-ci. C'est bien la fonction de tout générique me direz-vous (et vous auriez tort de vous en priver), mais je trouve que celui-ci est particulièrement abstrait au regard de la série elle-même, raison pour laquelle je trouvais intéressant de le mettre ici...
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&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Titre&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: The Sopranos&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Réalisateur&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.d-kitchen.com/&quot;&gt;Digital Kitchen&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;musique&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_de_la_s%C3%A9rie_Les_Soprano&quot;&gt;Chosen One Remix, de Woke Up This Morning par Alabama 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;année&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: 1999&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=The_sopranos_intro.flv&amp;autoStart=false&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; wmode=&quot;transparent&quot;&gt; &lt; param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=The_sopranos_intro.flv&amp;autoStart=false&quot; /&gt; &lt; param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;/object&gt;
&lt;/center&gt;




&lt;p&gt;Série absolument indispensable, souvent comparée à Twin Peaks, quant à la qualité de la réalisation (il faut voir le dernier épisode, qui est un chef-d'œuvre absolu de montage, où la mise en scène et la réalisation constituent un véritable discours pictural, sont ce qui fait sens en premier lieu, avant même la narration scénaristique elle-même, magistral). Générique créé par le studio Digital Kitchen, qui décidément a produit pas mal de petits bijoux, comme on va le voir. Je ne suis pas un fan absolu de celui-ci, mais je le trouve assez intéressant en cela qu'il éclaire bien cette dimension introductive que je citais, que doit assumer tout générique. On est littéralement dans la voiture de Tony Soprano, qui nous fait sortir du Lincoln Tunnel et avec qui ont fait un bout de route jusqu'à chez lui. Ambiance définitivement citadine ou urbaine (Où l'on peut reconnaître des éléments spécifiques au New-Jersey, lieu principal de la série, pour, des dires mêmes du réalisateur, distinguer la série des autres productions dramatiques du même genre, qui se passent toujours à New-York), et où la fin du voyage se termine devant le perron de la grande maison de Tony Soprano, qui sent le fric à plein nez. Moins abstrait que le précédent, celui-ci est déjà plus en prise direct avec les épisodes eux-mêmes, on y croise des endroits que l'on retrouvera souvent (la boucherie Satriale,etc), mais surement plus introductif. On passe de l'extérieur à l'intérieur, en compagnie du &quot;héros&quot; qui lui-même rentre chez lui. A noter que l'on peut voir une image des tours du World Trade Center dans le rétroviseur, au moment où l'on quitte le tunnel. Après les attentats, et au début de la 4e saison, ce plan est effacé...
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&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Titre&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Rome&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Réalisateur&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: John Milius, William J. MacDonald et Bruno Heller&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;musique&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Jeff Beal&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;année&lt;/ins&gt;&lt;ins&gt;&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: 2005&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=Rome_Opening_Credits_Intro.flv&amp;autoStart=false&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; wmode=&quot;transparent&quot;&gt; &lt; param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=Rome_Opening_Credits_Intro.flv&amp;autoStart=false&quot; /&gt; &lt; param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;/object&gt;
&lt;/center&gt;



&lt;p&gt;Assez beau générique également, qui mélange avec bonheur prises de vue réelles et dessins en 2-D. Là encore, usage métaphorique du générique, qui montre une Rome incroyablement reconstituée (les décors sont absolument dingues, et vont de pair avec une précision historique assez époustouflante, dans la série elle-même), et notamment l'usage de &lt;em&gt;tags&lt;/em&gt;, que la culture urbaine a reprise à son compte quelques 2000 ans plus tard, qui se mêlent assez harmonieusement avec les prises de vue réelles, donc. J'aime beaucoup la série elle-même, et je dois dire qu'on retrouve assez bien l'ambiance générale dans le générique. On peut noter qu'aucun des deux héros principaux n'y apparaît, mais que c'est bien la ville qui est au centre, assez loin des représentations communes que l'on en a&amp;nbsp;: assez crade, pleine de monde, murs tagués, etc...
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&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Titre&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Dexter&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Réalisateur&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.d-kitchen.com/&quot;&gt;Digital Kitchen&lt;/a&gt; (générique)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;musique&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Rolfe Kent&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;année&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: 2006&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=Dexter_-_G_n_rique.flv&amp;autoStart=false&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; wmode=&quot;transparent&quot;&gt; &lt; param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=Dexter_-_G_n_rique.flv&amp;autoStart=false&quot; /&gt; &lt; param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;/object&gt;
&lt;/center&gt;



&lt;p&gt;Impossible de préciser si l'info est la bonne ou non, du coup j'ai mis le nom du réa de la série elle-même, mais je suis presque sûr que les designers de ce générique sont &lt;a href=&quot;http://www.d-kitchen.com/&quot;&gt;Digital Kitchen&lt;/a&gt; (générique), qui sont également à l'origine du plus sublime des génériques que j'ai jamais vu, qui est celui de Six feet under. Ici, comme la série elle-même, la photo est absolument superbe, juste assez saturée pour faire ressortir les rouges, mais pas trop pour ne pas sacrifier à la mode du grand écart dans la balance des couleurs. J'aime beaucoup celui-là, il est composé au millimètre&amp;nbsp;: l'orange sanguine découpée à la manière d'un corps, découpage chirurgical de la viande, oeuf découpé à son tour dans une lame ensanglantée, fil dentaire et lacets évoquent furieusement la strangulation, et l'ombre du T-shirt le thème du double omniprésent dans la série. Pour finir en beauté, un léger sourire en coin, en forme de clin d'oeil, que l'on perçoit à peine, et qui laisse un léger frisson sur l'échine. Totalement suggestif, donc, et qui donne l'identité de la série, là encore, de manière non illustrative. Un vrai travail d'orfèvre.
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Titre&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Arrête-moi si tu peux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Réalisateur&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Florence Deygas et Olivier Kuntzel (générique)&amp;nbsp;; S. Spielberg (film)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;musique&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: John Williams&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;année&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: 2003&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=Catch_me_if_you_can_-_intro__V.O.S.T._.flv&amp;autoStart=false&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; wmode=&quot;transparent&quot;&gt; &lt; param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=Catch_me_if_you_can_-_intro__V.O.S.T._.flv&amp;autoStart=false&quot; /&gt; &lt; param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;/object&gt;
&lt;/center&gt;



&lt;p&gt;Un générique de film dans cette sélection, mais il devait avoir sa place tant on atteint ici au chef-d'œuvre. Là, tout est parfait. Le son d'abord, est une pure merveille, du grand John Williams, compositeur attitré de Spielberg (c'est à lui que l'on doit tout aussi bien la fameuse musique d'Indiana Johns, ainsi que le non moins fameux *taaan taaan tataan tuom ta taaan toum ta taan*, mais si, Star Wars, l'arrivée de Vador), d'une suavité jazzy parfaitement adéquate, légèrement mystérieuse, rien à dire, la partition parle d'elle-même. La patte visuelle du générique ensuite, inspirée des créations de &lt;a href=&quot;http://generique-cinema.net/createurs/bass.html&quot;&gt;Saul Bass&lt;/a&gt;, séparation de l'espace selon la ligne de mouvement du personnage, au fur et à mesure qu'il avance, style pop 60's légèrement modernisé, bref, un mélange idéal de technique moderne et de dessin traditionnel.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Titre&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Six Feet under&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Réalisateur&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.d-kitchen.com/&quot;&gt;Digital Kitchen&lt;/a&gt; (générique)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;musique&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Thomas Newman&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;année&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: 2001&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=Six_Feet_Under_Opening_Sequence-1.flv&amp;autoStart=false&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; wmode=&quot;transparent&quot;&gt; &lt; param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://jabberwock.fr/public/video/generiques/flvplayer.swf?file=Six_Feet_Under_Opening_Sequence-1.flv&amp;autoStart=false&quot; /&gt; &lt; param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;/object&gt;
&lt;/center&gt;



&lt;p&gt;Celui-ci est en dernier, parce que c'est pour moi l'un des meilleur générique de série (j'hésite à dire, tout court) jamais réalisé (de ceux que j'ai pu voir, bien évidemment). Je me brise une paupière à chaque visionnage, la musique colle parfaitement à l'ambiance visuelle, qui laisse au fond de l'œil je ne sais quelle saveur mi-fantastique, mi-féérique, mi-inquiétante (oui, je sais, ça fait un et demi). Là encore ce n'est nullement illustratif, mais relève d'une ambiance, qui donne la tonalité ou l&lt;em&gt;'Umwelt&lt;/em&gt; de la série (Florian, si tu nous regardes, celle là était pour toi). Pour tout dire, juste pour écrire ce billet, j'ai du la regarder 10 fois, au bas mot. Et la fin! Mais que dire de la fin du générique, avec son fameux fondu au blanc (comme tous les fondus de la série), où se dessine le seul élément purement graphique, ce carré blanc qui vient figurer les racines de l'arbre, dont le pied est le lieu exemplaire d'une inhumation. Le tout parvient à rester mystérieux, sans jamais sombrer dans le glauque. C'est d'un bon goût et d'une élégance que j'ai du mal à mettre en mot...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hbo.com/sixfeetunder/credits/&quot;&gt;Ici&lt;/a&gt;, on peut trouver un espèce de décorticage dudit générique, ça vaut le coup d'oeil...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Edit&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&amp;nbsp;: Dingue, en faisant des recherches après avoir écrit ce billet, voilà que je suis tombé sur &lt;a href=&quot;http://strictement-confidentiel.com/content/view/426/57/&quot;&gt;cet article&lt;/a&gt;, nommé également &lt;em&gt;l'art du générique&lt;/em&gt;. Et le hasard est doublement étonnant, dans la mesure où il parle également de Dexter, et de Catch me if you can... Comme quoi...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai trouvé, sur ce même site, un lien vers &lt;a href=&quot;http://generique-cinema.net/accueil/accueil.html&quot;&gt;un autre&lt;/a&gt; qui ma foi a l'air plutôt excellent, et qui présente un grand nombre de réalisateurs de générique...&lt;br /&gt;
On pourra également trouver sur ce site, &lt;a href=&quot;http://www.artofthetitle.com&quot;&gt;Art of the Title&lt;/a&gt;, très complet dédié aux génériques, toutes les infos dont on a besoin, et visionner tous les génériques en question. De plus le design lui-même du site est plutôt vraiment réussi..
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://mmbase.submarinechannel.com/titlesequences/&quot;&gt;Forget the movie, watch the title&lt;/a&gt;, est là aussi un site bien complet sur le sujet, à ceci près qu'il me semble qu'il n'est dédié qu'aux génériques de longs-métrages...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/12/19/Lart-du-generique#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>La juste mesure</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/06/11/La-juste-mesure2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2468f6533226e8a0ae44e205e42e3f9e</guid>
    <pubDate>Wed, 11 Jun 2008 17:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
        <category>General</category>
        <category>disproportion</category><category>infini</category><category>Pascal</category>    
    <description>&lt;em&gt;La première chose qui s'offre à l'homme, quand il regarde, c'est son
corps, c'est à dire une certaine portion de matière qui lui est propre.
Mais pour comprendre ce qu'elle est, il faut qu'il la compare avec tout
ce qui est au dessus de lui, et tout ce qui est au dessous, afin de
reconnaître ses justes bornes.&lt;/em&gt;    &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;Qu'il ne s'arrête donc pas à regarder simplement les objets qui
l'environnent. Qu'il contemple la nature dans sa haute et pleine
majesté. Qu'il considère cette éclatante lumière, mise comme une lampe
éternelle, pour éclairer l'univers. Que la terre lui paroisse comme un
point au prix du vaste tour que cet astre décrit. Et qu'il s'étonne de
ce que ce vaste tour lui même n'est qu'un point très délicat, à l'égard
de celui que les astres qui roulent dans le firmament embrassent. Mais
[166] si notre vue s'arrête là, que l'imagination passe outre. Elle se
lassera plutôt de concevoir, que la nature de fournir. Tout ce que nous
voyons du monde n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la
nature. Nulle idée n'approche de l'étendue de ses espaces. Nous avons
beau enfler nos conceptions, nous n'enfantons que des atomes, au prix
de la réalité des choses. C'est une sphère infinie, dont le centre est
par tout, la circonférence nulle part. Enfin c'est un des plus grands
caractères sensibles de la toute puissance de Dieu, que notre
imagination se perde dans cette pensée.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Que l'homme estant revenu à soi, considère ce qu'il est, au prix de
ce qui est. Qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la
nature. Et que de ce que lui paraîtra ce petit cachot, où il se trouve
logé, c'est-à-dire ce monde visible, il apprenne à estimer la terre,
les Royaumes, les villes, et soi- même son juste prix.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Qu'est-ce qu'un homme dans [167] l'infini&amp;nbsp;? Qui le peut comprendre&amp;nbsp;?
Mais pour lui présenter un autre prodige aussi étonnant, qu'il
recherche dans ce qu'il connaît les choses les plus délicates. Qu'un
ciron, par exemple, lui offre dans la petitesse de son corps des
parties incomparablement plus petites, des jambes avec des jointures,
des veines dans ces jambes, du sang dans ces veines, des humeurs dans
ce sang, des gouttes dans ces humeurs, des vapeurs dans ces gouttes.
Que divisant encore ces dernières choses, il épuise ses forces, et ses
conceptions&amp;nbsp;; et que le dernier objet où il peut arriver soit
maintenant celui de notre discours. Il pensera peut-être, que c'est là
l'extrême petitesse de la nature. Je veux lui peindre non seulement
l'univers visible, mais encore tout ce qu'il est capable de concevoir
de l'immensité de la nature, dans l'enceinte de cet atome
imperceptible. Qu'il y voie un infinité de mondes, dont chacun a son
firmament, ses planètes, sa terre, en la même [168] proportion que le
monde visible&amp;nbsp;; dans cette terre des animaux, et enfin des cirons, dans
lesquels il retrouvera ce que les premiers ont donné, trouvant encore
dans les autres la même chose, sans fin et sans repos. qu'il se perde
dans ces merveilles aussi étonnantes par leur petitesse, que les autres
par leur étendue. Car, qui n'admirera que notre corps, qui tantôt
n'était pas perceptible dans l'univers, imperceptible lui-même dans le
sein du tout, soi maintenant un colosse, un monde, ou plutôt un tout, à
l'égard de la dernière petitesse où l'on ne peut arriver&amp;nbsp;?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Que si considérera de la sorte, s'effrayera sans doute, de se voir
comme suspendu dans la masse que la nature lui a donné entre ces deux
abîmes de l'infini et du néant, dont il est également éloigné. Il
tremblera dans la vue de ces merveilles&amp;nbsp;; et je croix que sa curiosité
se changeant en admiration, il sera plus disposé à les contempler en
silence, qu'à les rechercher avec présomption. [169]&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Car enfin, qu'est-ce l'homme dans la nature&amp;nbsp;? Un néant à l'égard de
l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout. Il
est infiniment éloigné des deux extrêmes&amp;nbsp;; et son être n'est pas moins
distant du néant d'où il est tiré, que de l'infini où il est englouti.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal, &lt;em&gt;Pensées, Disproportion de l'homme&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/w1o0KH6cNsA&amp;amp;hl=fr&quot; height=&quot;350&quot; width=&quot;425&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/w1o0KH6cNsA&amp;amp;hl=fr&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;
&lt;/object&gt;
&lt;br /&gt;power of ten français
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Des règles de l'art...</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/05/07/Des-regles-de-lart</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8433f50fe46ca60d9798b585d697dec5</guid>
    <pubDate>Wed, 07 May 2008 00:50:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
        <category>Art</category>
        <category>Duchamp</category><category>Pierre Pinoncelli</category><category>regles de lart</category>    
    <description>    &lt;p&gt;J'avais cité Pierre Pinoncelli dans l'&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/01/08/80-les-regles-de-l-art&quot;&gt;un de mes précédents billets&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/01/08/80-les-regles-de-l-art&amp;amp;pub=1#c11844&quot;&gt;Un commentaire à ce même billet&lt;/a&gt; m'a redirigé vers une vidéo plus précisément centrée sur le happening de l'artiste que j'avais évoqué à l'époque (que l'on peut voir sur &lt;a href=&quot;http://fatcatfilms.typepad.fr/theartpack/2008/05/the-art-pack--1.html&quot;&gt;le site de l'auteur du commentaire&lt;/a&gt;), au cours duquel il a ébréché à l'aide d'un marteau l'un des urinoirs de Duchamp exposé à Beaubourg, renouant avec le geste Dada initial, avant que l'institution n'en ait figé la teneur insurrectionnelle... Là voici ci-dessous&amp;nbsp;:
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;





&lt;div style=&quot;margin:0pt auto; position:relative; text-align:left; width:420px;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;420&quot; height=&quot;336&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x5balu&amp;v3=1&amp;colors=background:292929;glow:FFFFFF;foreground:FFFFFF;special:FF4D03;&amp;related=0&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/x5balu&amp;v3=1&amp;colors=background:292929;glow:FFFFFF;foreground:FFFFFF;special:FF4D03;&amp;related=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;420&quot; height=&quot;336&quot; allowFullScreen=&quot;true&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x5balu_the-art-pack-m-pinoncelli-et-lurino_creation&quot;&gt;The Art Pack - M. Pinoncelli et l&amp;#039;urinoir de M. Duchamp&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;envoy&amp;eacute; par &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/FatCat_Films&quot;&gt;FatCat_Films&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;



&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Réalisation: Antoine Cayrol, Olivier Marmey &amp;amp; Pierre Zandrowicz&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Cercle de dons...</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/03/12/Cercles-de-dons</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8b501c7b51deac85efbc391db8aada67</guid>
    <pubDate>Wed, 12 Mar 2008 17:57:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
        <category>General</category>
        <category>arnaque</category><category>cercle dabondance</category><category>cercle de don</category><category>cercle de dons</category><category>escroquerie</category><category>randonnées</category><category>système pyramidal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Un jour un ami, un cousin, ou une autre connaissance vient vous voir, et vous parle à demi-mot d'une rencontre qu'il a lui-même fait, avec un ami, un cousin, ou une autre connaissance, et selon laquelle cette personne serait entrée dans un cercle, permettant en y investissant une certaine somme d'argent, d'octupler sa mise de départ, à la condition de trouver à son tour deux autres personnes prêtes à investir... C'est ainsi, bien souvent auréolé d'une nimbe de mystère et d'argent facile à gagner, que la tentation d'y participer se répand de manière virale...&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;    Alors, en quoi cela consiste-t-il? Il s'agit d'entrer dans un cercle plus ou moins secret (nous dirons discret), au sein duquel il est possible, selon les personnes qui vous y invitent, moyennant l'apport d'une certaine somme, de multiplier sa mise au bout d'un certain temps, sous la condition d'amener soi-même un certain nombre de filleuls, qui eux-mêmes devront en parrainer d'autres à nouveau, etc... jusqu'à l'obtention de ladite mise multipliée. Tout cela est présenté sous les couleurs d'un partage des richesses, enrobé dans un discours solidaire de bon aloi, et sous tendu par une justification selon laquelle ce genre de pratique est monnaie courante en Afrique ou en Inde, par le système des &lt;a title=&quot;tontines&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Tontine&quot;&gt;tontines&lt;/a&gt; notamment, et que s'il est illégal dans les pays occidentaux, c'est pour préserver aux banques leurs privilèges indus, et ne pas permettre aux honnêtes gens de réaliser leur rêves sans que l'État ou un autre organisme vienne en prélever une part... Discours se présentant comme &lt;em&gt;alternatif&lt;/em&gt;, donc, et à même de se prémunir à l'avance du contradicteur qui ne serait à cet égard qu'un briseur de rêve, ou un allié du grand capital...Il semble que ce système soit connu depuis un certain nombre d'années,
sous des noms aussi différents que &quot;randonnées&quot;, &quot;cercles d'abondance&quot;,
&quot;boule de neige&quot;, ou &quot;jeu de l'avion&quot;. C'est en Allemagne et en Suisse
qu'ils est apparu, et se répand depuis quelques temps dans le sud de le
France (aux alentours de Sète et de Montpellier)...
&lt;p&gt;Les personnes qui vous invitent dans ce cercle (de bonne foi ou non, comme nous allons le voir) soulignent en outre que tel procédé n'a rien à voir avec un système pyramidal, bien connu pour être une arnaque. Car là, il s'agit de &lt;em&gt;cercles&lt;/em&gt; au sein desquels on rentre. Et le cercle, comme chacun le sait, est clos sur lui-même, évoque irrémédiablement un certain nombres de pratiques ésotériques, etc, toutes choses propres à séduire le futur investisseur, et qui appuient d'autant plus la raison primordiale pour laquelle on rentre dans le cercle : se faire de l'argent facile sans rien fournir comme force de travail. Bref, quand on y réfléchit un peu, une vraie révolution prenant en contradiction flagrante à la fois toutes les théories économiques autant que la formule de Lavoisier (&lt;em&gt;Rien ne se perd...)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;Pour rentrer un peu plus dans la précision du mécanisme, comment est-il prétendu que cela fonctionne? Le groupe est constitué de trois cercles concentriques, sur lesquels se placent un nombre de personnes se divisant par deux à chaque avancées vers le centre (8 - 4 - 2 - 1). À chaque nouveau groupe d'entrée sur le cercle extérieur, la personne au centre touche l'argent qu'investi le gorupe de huit personnes arrivantes. À chaque personne sur le cercle extérieur trouvant 2 filleuls apportant la même sommess, on avance d'un pas vers le centre du cercle, et ainsi de suite jusq'à arriver au centre et toucher l'argent des huit nouvelles personnes du cercle extérieur. Pour plus de clarté, voici un zoli schéma : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/cercle.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le système se présente donc comme un partage des richesses, basé sur une redistribution des biens, ayant pour base la solidarité (justification idéologique) et fondé sur la discrétion à laquelle s'ajoute la figure du cercle (justification dramatique : pas étonnant à ce propos que de nombreux films fondent leur intérêt sur le secret : &lt;a title=&quot;13&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/13_Tzameti&quot;&gt;13 Tzameti&lt;/a&gt; (&lt;a title=&quot;13&quot; href=&quot;http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=61514.html&quot;&gt;lien allociné&lt;/a&gt;), &lt;a href=&quot;http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=43401.html&quot;&gt;Intacto&lt;/a&gt;, etc..., qui est un ressort dramatique toujours opératoire)...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, qu'en est-il réellement? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici tout d'abord ce que dit la loi, dans le 2ème alinéa de l'article L 122-6 du Code de la Consommation :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&quot;Est interdit le fait de proposer à
une personne de collecter des adhésions ou de s'inscrire sur une liste
en lui faisant espérer des gains financiers résultant d'une progression
géométrique du nombre de personnes recrutées ou inscrites.&quot;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Cet article recouvre l'exacte définition de ce qu'est un système pyramidal, et l'on va pouvoir rapidement se rendre compte que cela cadre parfaitement avec le &quot;cercle&quot; dont il est ici question. Si c'est interdit par la loi, ce n'est aucunement (ou en tous les cas pas seulement) pour permettre au grand capital de faire fructifier son argent sur le dos du travailleur, mais tout simplement parce que cela débouche &lt;em&gt;obligatoirement &lt;/em&gt;sur une escroquerie, dont au mieux on est le participant inconscient (mais non moins coupable), au pire la victime. Pour le dire simplement, pour que le système fonctionne, il faudrait multiplier les inscriptions à l'infini, or ni la population ni les ressources monétaires ne le sont!&lt;br /&gt;Pis encore, le nombre de personne impliqué augmente extrêment vite, exponentiellement, chose que se gardent bien de dire les initiateurs (conscients ou non) de ce cercle, vu que plus le nombre de participants augmente, plus on s'approche de la limite vers laquelle le système flanche, et plus grand est le risque de passer de celui d'escroc à celui d'escroqué (car dans ce système on ne peut être que l'un ou l'autre, avec une probabilité nettement plus grande pour le second).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour bien faire comprendre la réalité de ce système, on peut faire une formulation schématique du problème, par laquelle on va se rendre compte que le nombre de personnes impliquées au bout de quelques étapes seulement est proprement inimagineable, comme grandit en proportion le risque de se faire flouer. &lt;br /&gt;Aussi, imaginons un système simplifié, où il ne suffirait que de recruter 2 personnes pour doubler sa mise :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;x 1&lt;br /&gt;x 2&lt;br /&gt;x 4&lt;br /&gt;x 8&lt;br /&gt;x 16&lt;br /&gt;x 32&lt;br /&gt;x 64&lt;br /&gt;x 128&lt;br /&gt;x 256&lt;br /&gt;x 512&lt;br /&gt;x 1024&lt;br /&gt;x 2048&lt;br /&gt;x 4096&lt;br /&gt;x 8 192&lt;br /&gt;x 16 384&lt;br /&gt;x 32 768&lt;br /&gt;x 65 536&lt;br /&gt;x 131 072&lt;br /&gt;x 262 144&lt;br /&gt;x 524 288&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'on se place dans l'hypothèse idéale où tout le monde a joué le jeu, quand on arrive à la 20e génération, plus de 50 000 personnes ont touchées leur argent. Et au point du dernier investisseur touche le sien, 524 288 personnes vont devoir recruter à leur tour chacune deux personnes, soit 1 048 576 personnes. On a donc plus d'un million de personnes au bout de seulement 20 génération d'un système où l'on aurait à recruter que deux personnes pour voir sa mise doublée! Comme on va le voir, c'est encore pire dans le cas du &quot;cercle de don&quot;, où 14 personnes sont impliquées pour que quelqu'un puisse octupler sa mise&lt;br /&gt;Le point ici est qu'il est mathématiquement obligatoire qu'on arrive à des limites démographiques, et que ces limites arrivent très vite. Pour le formuler autrement, ce genre de système ne fonctionne que parce que quelqu'un perd en bout de chaîne. L'argent doit bien venir quelque part, et c'est des futurs et nécessaires perdants qu'il vient. Il y a obligatoirement quelqu'un qui perd en bout de chaîne, sinon le bénéfice fait serait mathématiquement inexplicable. Ce genre de système ne peut fonctionner en circuit fermé, il est nécessaire que l'argent gagné soit injecté et non récupéré à un moment ou à un autre. C'est précisément pour cette raison que le système pyramidal est interdit par la loi. &lt;br /&gt;Or, qui injecte cet argent ? Un ami, de la famille, des amis d'amis d'amis d'amis de la famille, etc... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, bien que ceux qui prônent ce système d'&quot;entraide&quot; affirment qu'il ne s'agit pas d'un système pyramidal, c'est pourtant bien le cas! C'est-à-dire que pour se retrouver au centre du cercle et toucher son argent, on crée une hiérarchie qui est la condition sous laquelle la personne peut se retrouver au centre. Ici, il faut deux investisseurs, qui devront eux-mêmes trouver chacun deux investisseurs,
qui devront à leur tour en trouver deux. On a donc le gagnant du
pactole, au centre, avec sous sa hiérarchie 14 autres investisseurs,
pour qu'il soit effectivement gagnant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici, schématiquement, comment cela fonctionne:&lt;script&gt;--
D([&quot;mb&quot;,&quot;\u003cp style\u003d\&quot;margin-bottom:0cm\&quot;\u003e\u003cbr\u003e\n\u003c/p\u003e\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\n\n\n	\n	\n	\n	\n\n\u003cp style\u003d\&quot;margin-bottom:0cm\&quot;\u003e\u003cbr\u003e\n\u003c/p\u003e\n\u003ctable style\u003d\&quot;width:556px\&quot; border\u003d\&quot;1\&quot; cellpadding\u003d\&quot;4\&quot; cellspacing\u003d\&quot;0\&quot; frame\u003d\&quot;below\&quot;\u003e\n	\u003ccol width\u003d\&quot;32*\&quot;\u003e\n	\u003ccol width\u003d\&quot;32*\&quot;\u003e\n	\u003ccol width\u003d\&quot;21*\&quot;\u003e\n	\u003ccol width\u003d\&quot;11*\&quot;\u003e\n	\u003ccol width\u003d\&quot;32*\&quot;\u003e\n	\u003ccol width\u003d\&quot;32*\&quot;\u003e\n	\u003ccol width\u003d\&quot;11*\&quot;\u003e\n	\u003ccol width\u003d\&quot;21*\&quot;\u003e\n	\u003ccol width\u003d\&quot;32*\&quot;\u003e\n	\u003ccol width\u003d\&quot;32*\&quot;\u003e\n	\u003ctbody\u003e\u003ctr valign\u003d\&quot;top\&quot;\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;3\&quot; width\u003d\&quot;33%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003e\u003cbr\u003e\n			\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;4\&quot; width\u003d\&quot;33%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;3\&quot; width\u003d\&quot;33%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003e\u003cbr\u003e\n			\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n	\u003c/tr\u003e\n	\u003ctr valign\u003d\&quot;top\&quot;\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;5\&quot; width\u003d\&quot;50%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea1\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;5\&quot; width\u003d\&quot;50%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea2\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n	\u003c/tr\u003e\n	\u003ctr valign\u003d\&quot;top\&quot;\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;2\&quot; width\u003d\&quot;25%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea3\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;3\&quot; width\u003d\&quot;25%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea4\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;3\&quot; width\u003d\&quot;25%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea5\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;2\&quot; width\u003d\&quot;25%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea6\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n	\u003c/tr\u003e\n	\u003ctr valign\u003d\&quot;top\&quot;\u003e\n		\u003ctd width\u003d\&quot;13%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea7\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd width\u003d\&quot;13%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea8\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;2\&quot; width\u003d\&quot;13%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea9\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd width\u003d\&quot;13%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea10\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd width\u003d\&quot;13%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea11\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd colspan\u003d\&quot;2\&quot; width\u003d\&quot;13%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea12\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd width\u003d\&quot;13%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea13\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n		\u003ctd width\u003d\&quot;13%\&quot;\u003e\n			\u003cp align\u003d\&quot;center\&quot;\u003ea14\u003c/p\u003e\n		\u003c/td\u003e\n	\u003c/tr\u003e\n\u003c/tbody\u003e\u003c/table\u003e\n\u003cp style\u003d\&quot;margin-bottom:0cm\&quot; align\u003d\&quot;center\&quot;\u003e	\u003c/p\u003e\n\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\u003cp style\u003d\&quot;margin-bottom:0cm;text-align:left\&quot;\u003e   Ce système est bien un\nsystème pyramidal, mais camouflé par la multiplication des cercles, et\ntu ne sais jamais combien de cercle sont en activité. Car, dans l\u0026#39;hypothèse où la personne que tu connais a dit vrai, et qu\u0026#39;elle a effectivement touché ses 40 000 euros, elle a nécessairement impliqué 14 autres personnes. Si elle a touché son argent, c\u0026#39;est nécessairement que les 14 autres personnes auront touché elles aussi leur 40 000 euros, et seront passées au centre d\u0026#39;un cercle avec 14 filleuls autour.&quot;,1]
);
//--&gt;&lt;/script&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;table style=&quot;width: 556px; height: 131px;&quot; border=&quot;1&quot; cellpadding=&quot;4&quot; cellspacing=&quot;0&quot; frame=&quot;below&quot;&gt;
&lt;col width=&quot;32*&quot; /&gt;
&lt;col width=&quot;32*&quot; /&gt;
&lt;col width=&quot;21*&quot; /&gt;
&lt;col width=&quot;11*&quot; /&gt;
&lt;col width=&quot;32*&quot; /&gt;
&lt;col width=&quot;32*&quot; /&gt;
&lt;col width=&quot;11*&quot; /&gt;
&lt;col width=&quot;21*&quot; /&gt;
&lt;col width=&quot;32*&quot; /&gt;
&lt;col width=&quot;32*&quot; /&gt;
&lt;tbody&gt;&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;td colspan=&quot;4&quot; width=&quot;33%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;td colspan=&quot;5&quot; width=&quot;50%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a1&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;5&quot; width=&quot;50%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a2&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; width=&quot;25%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a3&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;3&quot; width=&quot;25%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a4&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;3&quot; width=&quot;25%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a5&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; width=&quot;25%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a6&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;td width=&quot;13%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a7&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td width=&quot;13%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a8&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; width=&quot;13%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a9&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td width=&quot;13%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a10&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td width=&quot;13%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a11&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; width=&quot;13%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a12&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td width=&quot;13%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a13&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td width=&quot;13%&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;a14&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce système est bien un
système pyramidal, mais camouflé par la multiplication des cercles, et l'on ne sait jamais combien de cercles sont en activité. Dans un système ou je dois investir 5000€ pour en toucher 40 000 lorsque je suis au centre (tel que celui dont on m'a parlé), si je touche l'argent promis, c'est nécessairement que les 14 autres personnes auront touché
elles aussi leurs 40 000 euros, et seront passées au centre d'un cercle
avec 14 filleuls autour. C'est donc qu'au
bout de ce cycle, tous les gens présents dans le cercle extérieur avec moi au début ont touchés également leur argent, le cercle s'est divisé
en huit cercles, contenant respectivement 14 nouvelles personnes. On a
donc 8x14=112 nouveaux inscrits. Pour que 15 personnes touchent leur
argent, il faut donc 112 filleuls et sous filleuls. Or, ces 112 veulent
aussi toucher leur argent, c'est pour cela qu'ils sont rentrés dans le
cercle, on repart donc pour un cycle. Mais il n'y a plus un cercle
maintenant, mais 8, qui vont à leur tour se diviser en 8, pour générer
15 gagnants et 112 nouveaux inscrits. 112x8, ça nous donne 896
nouvelles personnes au bout de seulement deux cycles.&lt;br /&gt;Formalisé à la manière de plus haut, démarrant avec un cercle composé de 14 personnes attendant
leur argent, cela donne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * 14&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * 112&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * 896&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * 7 168&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * 57 344&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * 458 752&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * 3 670 016&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * 29 360 128&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * 234 881 024&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * 1 879 048 192&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au dixième cycle, on en est pas loin de 2 milliard de gens à trouver...&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;
Alors, comment savoir dans quel cycle l'on se trouve lorsqu'on y entre? Si le système a débuté depuis un moment, il y a des
chances exponentielles pour que des milliers de personnes soient déjà
impliquées, et donc autant que la fin soit proche. Il est
mathématiquement obligatoire que le système atteigne sa limite, alors
le tout est de savoir quand, à la combientième de génération? Pourvu
que ça ne tombe pas sur soi, mais combien y aura-t il de gens qui se
retrouveront au bout de la chaîne : 896? 7168? 57344?&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp; Et ces gens, ce sera des amis, ou des amis d'amis d'amis d'amis...
puisque que pour un gagnant, il y a nécessairement 7 perdants. Et celui
qui a perdu, c'est un mec qui a cru de bonne foi que donner 5000 lui en
remporterait 40 000. Or, obligatoirement le contrat n'est pas tenu un
jour où l'autre. Quelqu'un a qui l'on aura fait de grands discours sur la
solidarité (les tontines, etc...) va s'être fait arnaquer. Cela porte un nom : de l'escroquerie. Et s'il y a un escroqué, il y a aussi un
escroc, comme je le disais plus haut, ce genre de système fait que l'on
ne peut être que l'un ou l'autre, qu'on le veuille ou non. Voilà
pourquoi la loi l'interdit.&lt;script&gt;&lt;!--
D([&quot;mb&quot;,&quot;\u003cbr\u003e\n\n\u003cbr\u003e   Alors, ce n\u0026#39;est pas étonnant que ça fonctionne, parce qu\u0026#39;on n\u0026#39;a pas nécessairement conscience d\u0026#39;avoir gagné cet argent au dépend d\u0026#39;un nombre exponentiel de perdants, parce que j\u0026#39;imagine (et apparemment c\u0026#39;est le cas sur la plupart des forums un peu sérieux que j\u0026#39;ai pu parcourir ce soir) que tout ce côté là est bien masqué par un discours solidaire, que le fait que les cercles se multiplient dilue les responsabilités. En gros, il doit s\u0026#39;agir de nier l\u0026#39;existence des perdants, car après tout le perdant ne sera certainement pas une connaissance. Juste l\u0026#39;ami d\u0026#39;un ami d\u0026#39;un... etc... Solidaire tu me disais? :)\u003cbr\u003e\n\n\u003cbr\u003eDe ce que j\u0026#39;ai pu voir dans les forums dédiés à ce sujet, les techniques ressemblent fort au techniques de recrutement des sectes (toute proportions gardées. Quoique...), voici le résumé trouvé sur un forum :\u003cbr\u003e\n\u003cbr\u003e\n \n  * Caution morale : c\u0026#39;est uniquement de la solidarité on aide les gens\nà réaliser leurs rêves (déliceusement ironique)\u003cbr\u003e    * Ne jamais donner son nom (pas de nom \u003d pas de responsable)\u003cbr\u003e    * Faire beaucoup de schémas bien ronds (en oubliant de dessiner le revers de la médaille)\u003cbr\u003e \n  * Insister sur le fait que ça n\u0026#39;est pas, mais alors pas du tout un\nsystème pyramidal, la preuve : on a fait des schémas tout ronds !\n(CQFD...)\u003cbr\u003e    * Prévenir les nouveaux que tout ceci est très\nconfidentiel (pour mettre en valeur la personne, exciter sa curiosité\net créer l\u0026#39;effet d\u0026#39;aubaine, et également décourager de se renseigner un peu rationnellement)\u003cbr\u003e    * Leur dire que des gens vont tenter de les convaincre que ça ne marche pas (pour inhiber la réflexion)\u003cbr\u003e    * Leur dire que certains voudront briser leur rêve (pour qu\u0026#39;ils s\u0026#39;isolent de ceux qui réfléchiront à leur place)\u003cbr\u003e\n\n \n  * Jouer sur l\u0026#39;affectif et la solidarité du début à la fin (pour\nqu\u0026#39;ils fassent ensuite de la même chose pour recruter leurs proches)\u003cbr\u003e    * Mettre en scène une remise d\u0026#39;argent en direct (pour finir de convaincre tout le monde)&quot;,1]
);
//--&gt;&lt;/script&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Alors, il est compréhensible que cela fontionne, parce que l'on a pas nécessairement conscience que le gain dépend sur l'augmentation exponentielle de perdants. De plus, tout cela est masqué par un discours solidaire, et la multiplication des cercles dilue le sentiment de responsabilité. Il s'agit donc de nier l'existence des perdants. Et après tout, les perdants ne seront certainement pas une connaissance, juste l'ami d'un ami... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Solidaire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici les quelques techniques apparemment utilisées dans ce genre de cas, qui ne sont pas sans rappeler les pratiques de recrutement des sectes : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; * Caution morale : c'est uniquement de la solidarité on aide les gens
à réaliser leurs rêves (déliceusement ironique)&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * Ne jamais donner son nom (pas de nom = pas de responsable)&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * Faire beaucoup de schémas bien ronds (en oubliant de dessiner le revers de la médaille)&lt;br /&gt;&amp;nbsp;
&amp;nbsp; * Insister sur le fait que ça n'est pas, mais alors pas du tout un
système pyramidal, la preuve : on a fait des schémas tout ronds !
(CQFD...)&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * Prévenir les nouveaux que tout ceci est très
confidentiel (pour mettre en valeur la personne, exciter sa curiosité
et créer l'effet d'aubaine, et également décourager de se renseigner un peu rationnellement)&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * Leur dire que des gens vont tenter de les convaincre que ça ne marche pas (pour inhiber la réflexion)&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * Leur dire que certains voudront briser leur rêve (pour qu'ils s'isolent de ceux qui réfléchiront à leur place)&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;
&amp;nbsp; * Jouer sur l'affectif et la solidarité du début à la fin (pour
qu'ils fassent ensuite de la même chose pour recruter leurs proches)&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; * Mettre en scène une remise d'argent en direct (pour finir de convaincre tout le monde)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà donc un nouveau concept inventé : l'arnaque solidaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En plus de sa dimension virale, ou plutôt en conséquence, il est presque sûr que les personnes flouées n'iront pas porter plainte dès qu'elles prendront conscience de la chose. Sans quoi, l'on serait obligé d'avouer que l'on a participé à une escroquerie, entreprise illégale donc. C'est la honte qui doit prédominer dans ces cas là, et il n'est pas inenvisageable dès lors de relativiser l'entraide, la solidarité, et tous ces mots sucrés comme du miel que promeuvent les initiateurs de ce &quot;cercle&quot;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est que le système en tant que tel est basé sur une donnée non-révélée (que l'on pourrait appeler le &quot;mirage de l'infini&quot;) : comme dans tout jeu, la condition nécessaire sous laquelle il peut y avoir des gagnants, c'est qu'il y ait obligatoirement des perdants! &lt;br /&gt;Si quelqu'un gagne de l'argent, c'est qu'un autre en perd en bout de chaîne. C'est une nécessité logique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et invite peut-être à formuler cette dernière phrase dans d'autres domaines que celui du cercle de don...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;p.s. : Si vous avez des témoignages à fournir, n'hésitez pas à les faire partager ici...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sources :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* &lt;a href=&quot;http://wwww.agoravox.fr/article.php3?id_article=35438&quot;&gt;Un article d'Agoravox sur les cercles de dons&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;* &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Vente_pyramidale#Les_cercles_de_dons.2C_cercles_d.27abondance.2C_randonn.C3.A9es.2C_jeu_de_l.27avion.2C_boule_de_neige&quot;&gt;L'article de wikipédia.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;* différents liens sur un forum dédié : &lt;a href=&quot;http://forum.nopyramide.com/les_systemes_pyramidaux/systeme_cerclique-t85.0.html&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://forum.nopyramide.com/les_systemes_pyramidaux/exemple_darnaque_jy_suis_allee_jai_vu_je_ne_me_suis_pas_engagee_ouf-t35.0.html&quot;&gt;là&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://forum.nopyramide.com/les_systemes_pyramidaux/voila_la_chaine_de_ponzi_qui_circule_en_ce_moment_soyez_vigilants-t44.0.html&quot;&gt;là&lt;/a&gt;, ou bien encore &lt;a href=&quot;http://forum.nopyramide.com/les_systemes_pyramidaux/systemes_cercliques_comment_les_denoncer-t88.0.html&quot;&gt;là&lt;/a&gt;... Et plus précisément un &lt;a href=&quot;http://forum.nopyramide.com/les_systemes_pyramidaux/systeme_cerclique-t85.0.html;msg685#msg685&quot;&gt;modèle de mail&lt;/a&gt; dont je me suis fortement inspiré pour rédiger ce billet. Je conseille à quiconque désire convaincre quelqu'un de l'illégalité et du danger de la chose d'aller y jeter un oeil, c'est très bien fait, et pas moralisateur pour un sou... &lt;br /&gt;* un article sur un blo ou j'ai repris le schéma dessiné : &lt;a href=&quot;http://lejuste.bleublog.ch/cercle-de-dons.html&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>La trace et le pixel</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/15/la-trace-et-le-pixel</link>
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    <pubDate>Fri, 15 Feb 2008 01:53:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
        <category>clavier</category><category>ecriture</category><category>ecriture digitale</category><category>ecriture numerique</category><category>mot</category><category>traitement de texte</category>    
    <description>&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/mot_temple.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Écrire est une activité que l'on pratique tous les jours, plus ou moins
selon les goûts, les nécessités professionnelles ou administratives.
L'écriture, qu'elle soit réalisée à l'aide d'un crayon, d'un stylo, ou
d'un clavier, est toute entière tournée vers son but, ce pour quoi l'on
écrit la plupart du temps, à savoir communiquer un message, aboutir a
un tracé, à une trace, qu'elle soit numérique ou digitale, fixation
d'un signe qui vise à être compris.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt; Pourtant, abstraction faite de cette finalité somme toute utilitaire - elle vise à produire une fin- le moyen lui-même en est souvent oublié. En effet, écrire au stylo, une manière de baton tenu à même les doigts qui lui donnent son impulsion, l'écrivain étant comme en prise directe avec son produit par le moyen de ce fleuret, n'a rien de commun avec la frappe rythmique des phalanges sur les touches d'un clavier. Plus encore, le clavier, et l'appareillage technologique qui l'accompagne nécessairement, bouleversent le rapport traditionnel à l'écrit. Le clavier, tout d'abord, ne me place pas dans cette position de sensuelle proximité que j'ai avec la feuille. La médiation de la tige traçante crée en effet comme un pont qui relie la rive de mes paumes à celle de la feuille où crisse le dessin. Le son que produit ma main qui y glisse, la mine qui grave son sillon sur le papier, tout cela baigne l'écriture digitale dans une atmosphère qui possède quelque chose de lascif et de subtilement voluptueux. Le clavier, à l'inverse, est une pratique rythmique, qui fait appel à une plus grande partie des fonctions de cet outil qu'est la main. Là où dans l'écriture manuelle tous les doigts sont tendus vers l'extrémité du linéament d'encre ou de crayon, ce qu'il est de coutume d'appeler une pointe, le clavier demande à mes mains de se faire araignée, elles doivent s'étaler pour prendre la mesure d'un plan horizontal qui se présente à la manière d'un instrument dont j'aurais à parcourir les touches. C'est presque une pulsation qui vient ponctuer l'apparition quasi-magique du mot à l'écran, lettre par lettre, transformation électrique d'une danse originellement musculaire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'écran, ensuite, dont je suis séparé, me place non plus au dessus du support, comme c'est le cas le plus souvent à la main, mais face à lui. Il me regarde comme un tableau regarde son spectateur, ici je suis plus peintre que dessinateur, dans le rapport au support en tous les cas. Avec lui, ou plutôt face à lui, mon regard n'est pas médiatisé par le crayon ou le stylo, qui paradoxalement m'éloigne du support tout en m'y connectant. Face à un écran, je suis en prise directe avec mon produit, je peux en mesurer immédiatement la qualité. De même, les signes eux-mêmes sont purgés de tout ce qu'il peuvent avoir d'imparfaits. La lettre du traitement de texte n'a pas la matérialité de la lettre tracée. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni sa sensualité. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son passage à l'écran, la lettre gagne en perfection formelle ce qu'elle perd en érotisme. La lettre numérique est pudique, elle milite pour un idéal de pureté, cache sa vertu dans le moule de ses multiples clones, que ne suffisent pas à humaniser les différentes polices de caractère possibles, si bigarrées et fantaisistes qu'elles soient...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nombreux éléments participent tous à une dimension plus fondamentale encore, qui distingue l'écriture numérique de l'écriture digitale : un rapport différent au temps de l'écrit. À la main, même si je peux revenir sur ce que j'écris, barrer, triturer, transformer une lettre en une autre pour corriger l'orthographe, le support conserve ici une mémoire. La feuille est marquée du souvenir, à moins d'effacer et d'en masquer les traces, en lui faisant comme une violence dont elle risque fort de conserver les stigmates. À l'inverse, le traitement de texte permet un négationnisme positif -ce terme expurgé de toute dimension morale-, sans violence excessive, avec une douceur facile. J'ai là le privilège de modifier le passé de mes mots sans que cette modification n'apparaisse dans la version que je désignerai comme définitive. Je sais qu'il existe des traitements de texte spécifiques qui conservent la mémoire totale de tous les changements effectués sur un texte dit, qui gardent l'histoire des hésitations, des laps de temps entre l'écriture des mots et phrases. Outil précieux dont je ne me souviens plus le nom, qui tend à abolir la distance qu'il y a entre ces deux pratiques de l'écrit...&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/15/#pnote-74-1&quot; id=&quot;rev-pnote-74-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Écriture manuelle et numérique organisent mon espace mental chacune de manière singulière, avec leur temporalité propre. Mon corps se laisse prendre au jeu selon des règles à chaque fois différentes, sans pour autant que l'écriture manuscrite soit plus &lt;em&gt;littéraire&lt;/em&gt;, ni l'écriture à la machine moins &lt;em&gt;noble&lt;/em&gt;... J'ai plaisir à laisser aller mes mains dans la chorégraphie rythmique que leur imposent les touches, la pulpe de mes doigts est sollicitée dans le cadre d'une scansion dont je me délecte, qui n'a rien à envier -tout simplement parce qu'elle m'ouvre un monde tactile différent et en rien moins riche- à l'onctuosité de la feuille...&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Après tout,&amp;nbsp; Proust écrivait au stylographe, Flaubert à la plume. Homère n'écrivait probablement pas.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/15/#pnote-74-2&quot; id=&quot;rev-pnote-74-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/15/#rev-pnote-74-1&quot; id=&quot;pnote-74-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Un système  similaire existe déjà néanmoins dans la plupart des traitrements, avec le fameux Ctrl+z qui permet d'annuler l'action que l'on vient d'effectuer, et de revenir à la précédente gardée en mémoire. Toutefois, les hésitations et les affacements sont abolis dans la versions finale du document. De même, &lt;a title=&quot;openoffice&quot; href=&quot;http://www.openoffice.org/index.html&quot;&gt;Open office&lt;/a&gt; gère si on l'active un historique des versions d'un même document, ainsi que des outils tel que le &lt;a title=&quot;Wiki&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Wiki#Suivi_des_modifications&quot;&gt;wiki&lt;/a&gt; ou le &lt;a title=&quot;wikini&quot; href=&quot;http://www.wikini.net/wakka.php?wiki=PagePrincipale&quot;&gt;Wikini&lt;/a&gt;, orientés sur le travail collaboratif , qui assurent un suivi les différentes modifications d'un document en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/15/#rev-pnote-74-1&quot; id=&quot;pnote-74-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Après avoir écrit ce billet, je me suis demandé si quequ'un n'avait pas déjà eu cette merveilleuse et incomparable idée décrire quelque chose sur la différence entre l'écriture manuscrite et l'écriture au clavier. Voilà ce sur quoi j'ai pu tomber : &lt;a title=&quot;plum vs clavier&quot; href=&quot;http://www.opossum.ca/guitef/archives/001506.html&quot;&gt;La plume vs le clavier&lt;/a&gt; ; voici un autre lien, trouvé dans un commentaire du billet sus-cité, qui souligne quelques recherches traitant des &lt;a title=&quot;artefacts pensée&quot; href=&quot;http://blog.mathemagenic.com/2005/02/22.html#a1501&quot;&gt;rapports entre le support et la pensée&lt;/a&gt;. Enfin, &lt;a title=&quot;HAL&quot; href=&quot;http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00003529/en/&quot;&gt;un dernier lien vers une étude&lt;/a&gt; (dont je n'ai lu pour l'instant que le résumé) dont le projet est d'évaluer le rôle de la motricité manuelle (écriture manuscrite / écriture au clavier) dans les processus de mémorisation.
&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ouroboros</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/01/Elegie-a-labsente</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Feb 2008 00:02:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
        <category>Edda de Snorri</category><category>Haiku</category><category>Jormungandr</category><category>ouroboros</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/ouroboros.jpg&quot; alt=&quot;ouroboros.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je redoute en moi-m'aime&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le souvenir qui s'enfuit&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est multiplier l'oubli&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par l'oubli de lui-même
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Déjà les mot me manquent
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(Et * aussi)
&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/01/#pnote-73-1&quot; id=&quot;rev-pnote-73-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/01/#pnote-73-2&quot; id=&quot;rev-pnote-73-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/01/#rev-pnote-73-1&quot; id=&quot;pnote-73-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Dans la saga scandinave &lt;em&gt;Edda&lt;/em&gt; de Snorri, est rapporté que Loki engendra un loup et un serpent. Par la bouche d'un oracle fût affirmé que la naissance de ces monstres signifierait la fin de la Terre. Aussi les dieux forgèrent pour attacher le loup, &lt;em&gt;Fenris&lt;/em&gt;, une chaîne constituée de six choses imaginaires :l'haleine du poisson, le bruit des pas du chat, la barbe de la femme, les tendons de l'ours, la racine du rocher et la salive de l'oiseau.&lt;em&gt; Jörmungandr&lt;/em&gt;, le serpent, fût quant à lui &quot;&lt;em&gt;jeté à la mer qui entoure la terre et dans la mer il a tellement grandi que maintenant lui aussi entoure la terre et il se mord la queue&lt;/em&gt;.&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/01/#rev-pnote-73-2&quot; id=&quot;pnote-73-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] On trouve une présentation de l'Ouroboros -littéralement &quot;celui qui se dévore la queue&quot;, nom duquel se servirent les alchimistes par la suite-, dans le &lt;em&gt;Livre des êtres imaginaires&lt;/em&gt;, de Borges, Outre la tradition alchimique, on peut en  trouver une figure dans le chant XIV de l'Illiade, nous informe l'auteur, et dans la &lt;em&gt;Théogonie&lt;/em&gt; d'Hésiode. Il semble également que la tradition islamique ait utilisé cette représentation, comme en témoigne l'image ci-dessus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
</description>
    
    
    
          <comments>http://jabberwock.fr/index.php?post/2008/02/01/Elegie-a-labsente#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Quest-ce que Jabberwock?</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/09/22/Quest-ce-que-Jabberwock</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:78d250408946807c9ce7fd175a60161b</guid>
    <pubDate>Mon, 12 Nov 2007 19:54:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
        <category>Ecrits...</category>
        <category>discours</category><category>jabberwock</category><category>Langage</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/jabberwock.jpg&quot; alt=&quot;Le Jabberwock&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2005/05/01/12-mon-pere-est-maire-mon-frere-est-masseur&quot;&gt;L'un des premiers billets&lt;/a&gt;
que j'ai écrit sur ce blog consistait à en justifier le titre. À
L'occasion de la nouvelle mise en page de cet endroit, je me propose de
faire un retour sur les origines du terme, et de me laisser traîner un peu au-delà...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Comme je le précisais dans le billet sus-dit&amp;nbsp;: Jabberwock est en fait le nom d'un poème de Charles Dodgson, écrivain,
poète et -ce qui est moins connu- logicien du XIXe siècle, plus connu
sous le patronyme de Lewis Caroll... Dans le sixième chapitre de &lt;em&gt;De l’autre côté du miroir&lt;/em&gt;,
Alice demande à Humpty Dumpty de l’aider à déchiffrer un poème qui lui
semble sans queue ni tête, et qui plus est lisible uniquement dans le reflet d'un miroir. Ce poème est construit avec des
«mots-valises», c’est-à-dire des mots constitués par la fusion de
deux autres termes. Parce que je vous aime bien, et surtout parce que ça ne me coûte qu'un copier/coller, je vous le reproduis ici :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;h3&gt;Jabberwocky&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il e'tait grilheure; les slictueux toves&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Gyraient sur l'alloinde et vriblaient:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout flivoreux allaient les borogoves;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les verchons fourgus bourniflaient.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«Prends garde au Jabberwock, mon fils!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A sa gueule qui mord, à ses griffes qui happent!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Gare l'oiseau Jubjube, et laisse&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En paix le frumieux Bandersnatch!»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le jeune homme, ayant pris sa vorpaline épée,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cherchait longtemps l'ennemi manziquais...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Puis, arrivé près de l'Arbre Tépé,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour réfléchir un instant s'arrêtait.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Or, comme il ruminait de suffêches pensées,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le Jabberwock, l'oeil flamboyant,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ruginiflant par le bois touffeté,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Arrivait en barigoulant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une, deux! Une, deux! D'outre en outre!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le glaive vorpalin virevolte, flac-vlan!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il terrasse le monstre, et, brandissant sa tête,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'en retourne galomphant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«Tu as donc tué le Jabberwock!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans mes bras, mon fils rayonnois!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;O jour frabieux! Callouh! Callock!»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le vieux glouffait de joie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il e'tait grilheure; les slictueux toves&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Gyraient sur l'alloinde et vriblaient:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout flivoreux allaient les borogoves;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les verchons fourgus bourniflaient.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/09/22/#pnote-69-1&quot; id=&quot;rev-pnote-69-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Je ne reviendrais pas plus sur cette dimension de mot-valise, à propos de laquelle vous pourrez lire mon humble prose (toujours dans le lien sus-dit... bon, allez, ok, je le remet &lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2005/05/01/12-mon-pere-est-maire-mon-frere-est-masseur&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, c'est bien parce que c'est vous...), mais voudrais plutôt simplement souligner une autre forme d'intérêt que suscite pour moi ce texte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a cette phrase Paul Valery, qui définit le poème -en général- comme une &quot;&lt;em&gt;hésitation prolongée entre le sens et le son&lt;/em&gt;&quot;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/09/22/#pnote-69-2&quot; id=&quot;rev-pnote-69-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, et qui me semble coller parfaitement à ce texte de Lewis Caroll. Ce que veut signifier Valéry, je crois, c'est que ce qui a lieu dans le poème, et par extension potentiellement dans tout langage, c'est la résistance qu'oppose celui-ci a toute interprétation définitive. Il se trouve dans le mot un obscur noyau, opaque, que n'épuise jamais tout discours que l'on pourra avoir sur lui. Il y a d'un côté, évidemment, cette dimension de la signification, le poème me &lt;em&gt;parle&lt;/em&gt; (j'en comprends l'intention), soutient un discours (qu'il me communique), en un mot il possède un &lt;em&gt;sens&lt;/em&gt;. L'albatros est l'image du poète dans le texte éponyme, tout comme le &lt;em&gt;Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne...&lt;/em&gt; est une ode du poète à sa fille disparue... Si frappante que puisse être l'image, si pathétique qu'en sois la signification, il n'en reste pas moins que l'on se meut ici dans le champ du &lt;em&gt;sens&lt;/em&gt;. Pris dans cette perspective, le poème est tout entier placé devant les yeux de mon esprit, ou de mon intelligence, rien en lui qui me résiste, je le comprend au sens premier du terme&amp;nbsp;: je l'avale, je peux l'intégrer dans une rationalité, ou dans un corps de concepts identifiables, quantifiables, et que mon esprit peut phagocyter. Pourtant, il semble bien que ce qui différencie le poème, et particuilèrement le poème en rime, de cette caractéristique somme toute &lt;em&gt;utilitaire&lt;/em&gt; du langage (au sens où il a une fonction, il est semblable à ce que Barthes appellerait le &lt;em&gt;studium&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/09/22/#pnote-69-3&quot; id=&quot;rev-pnote-69-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;) -ou plutôt qui fait signe dans le langage poétique vers le mystère propre à tout langage- ce soit la part de résistance qu'il oppose à la compréhension. Si l'on devait séparer des choses inséparables, découper par l'analyse ce qui se donne mélangé dans la réalité, on pourrait dire qu'Il y a une &lt;em&gt;matière&lt;/em&gt; du mot qui s'impose à moi, par delà son sens, et que je ne peux réduire à ce même sens. Ce que Valéry appelle le &lt;em&gt;son&lt;/em&gt; tient, je pense, à quelque chose de cet ordre là. La rime, par exemple -et bien que je ne connaisse que très peu les théories linguistiques ou autres qui ne doivent pas manquer d'être nombreuses sur le sujet- n'est pas de l'ordre du &lt;em&gt;sens&lt;/em&gt;, mais apporte de la scansion au signifiant, soit quelque chose qui n'est pas immédiatement du sens. &lt;br /&gt;
De même, la qualité sonore du mot lui-même, et l'art avec lequel ces différents mots sont tissés, a à voir avec cette dimension matérielle. Je me souviens d'un très beau nom d'une rue romaine qui portait le patronyme de Via delle Botteghe Oscure, &lt;em&gt;rue des boutiques obscures&lt;/em&gt;. L'évoquation de ces mots amène avec elle -pour moi, assez subjectivement je veux dire, mais d'une manière qui n'est est pas moins efficace- tout un cortège d'images plus ou moins conscientes et nettes, un parfum de mystère, un temps d'alchimie dont j'ai le souvenir et que pourtant je n'ai jamais connu, légué à moi par de floues images mentales, une époque où il était possible que la magie ait une réalité, etc... On voit là d'ailleurs comment on passe de la sonorité du mot à la signification plus ou moins fixe, plus ou moins légitime, qu'il traîne avec lui. Comme je le disais, la séparation entre le signifiant et le signifié ne peut être qu'artificielle, les deux se donnant à nous dans quelque chose comme l'unité de leur mélange. Pour prendre un autre exemple, c'est la même sensation qui vient à moi lors de la lecture ou l'écoute de certains textes, lorsque le choix du mot coïncide comme magiquement avec le sens qu'il est destiné à faire passer. Ainsi d'un extrait du poème d'Aragon &lt;em&gt;Vivre est un village où j'ai mal aimé&lt;/em&gt; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour eux les miroirs&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est le plus souvent&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sans même s'y voir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Qu'ils passent devant&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ils n'ont pas le sens&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De ce qu'est leur vie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est une innocence&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Que je leur envie
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Au bout de mon âge&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Qu'aurais-je trouvé&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vivre est un village&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Où j'ai mal rêvé
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Tant pour le plaisir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Que la poésie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je croyais choisir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et j'étais choisi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me croyais libre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur un fil d'acier&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quand tout équilibre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vient du balancier&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ou bien encore la mélange du côté percussif du mot et de la rythmique dans laquelle il est inséré, comme dans cet extrait de &lt;em&gt;Demain c'est loin&lt;/em&gt;, d'IAM -où, pour le coup, l'ordre de la diction lui même à un rôle à jouer (il faudrait ici entendre ces mots dans le contexte du morceau plutôt que de les lire) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Clichés d'Orient, cuisine au piment&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jolis noms d'arbres pour des bâtiments dans la foret de ciment&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Désert du midi, soleil écrasant&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vie la nuit, pendant le mois de Rhamadhan&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bref, on pourrait certainement poursuivre loin cette liste où le &lt;em&gt;sens&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;son&lt;/em&gt; du mot sont déterminés réciproquement et de multiples manières... &lt;br /&gt;
Pour revenir à finalement à notre poème Jabberwock, je trouve qu'il est précisément construit en jouant sur cette dimension. Ici, si un certain nombre de mots ne veulent littéralement &lt;em&gt;rien dire&lt;/em&gt;, ils me disent pourtant quelque chose. Leur matérialité même m'évoque un sens que pourtant je peine à trouver. En ce qui me concerne en tout cas, il me semble que tout se passe, à sa lecture, comme si mon esprit avait la prénomition du sens, sans pour autant que cette prénomition ne se réalise, comme un pressentiment qui ne se résoudrait pas. Il y a comme une promesse non tenue du mot qui éveille l'attente, excite l'esprit, mais ne lui offre pas l'objet de son désir. Et comme dans toute forme de désir, c'est le manque qui suscite ici l'intérêt, qui met en mouvement l'appétit moteur qui excite mon oeil ou mon oreille à poursuivre l'écoute ou la lecture. Il me semble que c'est sur ce manque structurant du mot, qui tient à sa dimension &lt;em&gt;sonore&lt;/em&gt; (au sens où Valéry l'entend et où j'ai rapidement tenté de l'interpréter ici), qu'est fondé le plaisir de la lecture d'un poème, et par-delà l'espèce de mystère logé au creux du verbe, qui lui confère sa secrète puissance&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/09/22/#pnote-69-4&quot; id=&quot;rev-pnote-69-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«... &lt;em&gt;Tout ce monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature. Nulle idée n'en approche. Nous avons beau enfler nos conceptions, nous n'enfantons que des atomes, au prix de la réalité des choses. C'est une sphère infinie, dont la centre est partout, et la circonférence nulle part...&lt;/em&gt;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Pascal, &lt;em&gt;Pensées&lt;/em&gt;, 72-199 édition Brunschwig -&lt;em&gt;Disproportion de l'homme&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;...&lt;em&gt;L'édition critique de Tourneur qui reproduit les ratures et les hésitations du manuscrit, révèle que Pascal commença à écrire effroyable&amp;nbsp;: &lt;/em&gt;La nature est une sphère effroyable, dont le centre est partout, et la circonférence nulle part.''&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
J. L. Borges.
Enquêtes. La sphère de Pascal.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/09/22/#rev-pnote-69-1&quot; id=&quot;pnote-69-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] On peut trouver un grand nombre de traductions, ainsi que le texte original, sur la page &lt;a href=&quot;http://www76.pair.com/keithlim/jabberwocky/translations/index.html&quot;&gt;suivante&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/09/22/#rev-pnote-69-2&quot; id=&quot;pnote-69-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Paul Valéry, Tel Quel II , &quot;&lt;em&gt;Rhumbs&lt;/em&gt;&quot;, Pléiade II, p. 637.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/09/22/#rev-pnote-69-3&quot; id=&quot;pnote-69-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Le terme de &lt;em&gt;studium&lt;/em&gt; est forgé par Barthes dans &lt;em&gt;La chambre claire. Notes sur la photographie&lt;/em&gt;. Il désigne ce champ dont l'émotion qu'il provoque passe par le relais d'une culture (morale, politique, historique, etc...). Cela relève d'un effort moyen, presque d'un dressage. En latin : désigne un investissement général, empressé, mais sans assiduité particulière. C'est culturellement que l'on participe aux figures, aux gestes ou actions de ce type. Il s'agit d'un intérêt général, poli, si l'on peut dire. Dans certaine photo que regarde l'auteur, comme dans certains langages d'ailleurs, pas de Punctum, la photo plaît ou déplaît sans poindre. « &lt;em&gt;Le Studium est de l'ordre du to like, et non du to love.&lt;/em&gt; » Il est de l'ordre de la compréhension, au sens de ramener à du connu de l'inconnu, c'est pour cette raison qu'il est toujours doté de fonctions, telles que «&lt;em&gt; informer, représenter, surprendre, faire signifier, donner envie...&lt;/em&gt; ». C'est ce qui, dans une photo, peut très bien relever de l'infra-savoir, parce que je me retrouve devant une réalité visuelle prise au piège, qui vient flatter le moi qui aime le savoir. Les photos qui relèvent uniquement de cet ordre provoquent un affect moyen, un plaisir ordinaire, et demeurent dans le champ général de la culture. C'est-à-dire ce champ rassurant même lorsqu'il se fait inquiétant, qui ne vient jamais rompre quelque chose en moi, ni me &lt;em&gt;poindre&lt;/em&gt; -pour reprendre les mots de Barthes-, au sens d'une émotion qui me transperce comme une flèche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/09/22/#rev-pnote-69-4&quot; id=&quot;pnote-69-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] voir aussi &lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2006/04/24/54-sensure#c285&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Moustache</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/10/05/Moustache</link>
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    <pubDate>Fri, 05 Oct 2007 12:12:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Julien</dc:creator>
        <category>General</category>
            
    <description>    &lt;p &gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://bp0.blogger.com/_AoQq0eGpiss/Rt2wqqiXgZI/AAAAAAAAAPA/h71GdUYCpUY/s1600-h/mustaches_0068.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais fait il y a quelques temps un billet des plus sérieux sur le &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2005/05/14/22-trois-essais-pour-une-tentative-d-explication-sur-le-role-de-la-moustache-dans-la-pensee-des-grands-hommes&quot;&gt;rôle de la moustache dans la pensée des grands hommes&lt;/a&gt;. Celui-ci se verra parfaitement complété, pour ceux (et je sais qu'ils sont nombreux) que l'incroyable et néanmoins fort étrange extension pileuse intéresse, par le &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://mustachesofthenineteenthcentury.blogspot.com/&quot;&gt;site suivant&lt;/a&gt;.  (enfin, pas suivant du coup)...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Petit frère deviendra grand</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/89-petit-frere-deviendra-grand</link>
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    <pubDate>Wed, 30 May 2007 22:43:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Pyjamamental</dc:creator>
        <category>General</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrans.fr/IMG/cache-230x121/arton531-230x121.jpg&quot; alt=&quot;little brother&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;De l'envers de la médaille du réseau... (ou comment faire un billet dont la longueur des notes outrepasse celle du billet lui-même)&lt;/center&gt;



&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Samedi matin. J'allume mon ordinateur. Je tombe sur ma page d'accueil &lt;a href=&quot;http://www.netvibes.com/&quot;&gt;Netvibes&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-1&quot; id=&quot;rev-pnote-66-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Après avoir consulté les différents sites, blogs, journaux, etc., dont les flux rss sont centralisés sur cette même page, je décide d'écouter un peu de musique, et pour ce faire allume &lt;a href=&quot;http://amaroklive.com/&quot;&gt;mon lecteur préféré&lt;/a&gt;. Je suis inscrit sur le service &lt;a href=&quot;http://www.lastfm.fr/&quot;&gt;Lastfm&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-2&quot; id=&quot;rev-pnote-66-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, ce qui me permet de découvrir de nouvelles perspectives musicales. D'autant plus qu'il me donne les statistiques de mes écoutes, et permet aux membres de recevoir des informations pertinentes en fonction de leur situation sur leurs groupes favoris&amp;nbsp;: dates des concerts ou encore sorties des albums etc. En un mot, l'idée me séduit et surfe parfaitement sur la vague du &lt;em&gt;réseau social&lt;/em&gt;, effet logique de la culture internet, qui fonctionne comme un filet dont chaque embranchement renvoie à un incalculable nombre d'autres. Bref, en participant à ce genre de pratique, je soutiens son expansion et les fait advenir en tant que pratique peu à peu dominante (c'est le fonctionnement même d'un réseau, qui a pour caractéristique de se générer, en y renvoyant, à partir de lui-même).Le son adéquat déroulant son discret tapis, je poursuis mes pérégrinations virtuelles. J'ouvre la page de mes &lt;em&gt;bookmarks&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-3&quot; id=&quot;rev-pnote-66-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, de manière à visiter mes sites favoris. Je suis également affilié au site &lt;a href=&quot;http://del.icio.us/&quot;&gt;del.icio.us&lt;/a&gt;.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-4&quot; id=&quot;rev-pnote-66-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, qui, comme lastfm, fonctionne de manière transparente une fois que je m'y suis inscrit. J'y ai souvent recours pour retrouver une page dont je ne me souviens plus l'adresse si je ne suis pas devant mon propre ordinateur, et cela me permet de tirer des liens entre les pages que j'ai bookmarké et celles de mes co-bookmarkeurs (oui, j'invente des mots si je veux)... Par ce moyen, je me rends sur mon blog, ou un autre, à partir duquel je soumets à un certain nombre de sites&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-5&quot; id=&quot;rev-pnote-66-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; des articles que j'ai trouvé intéressants... Là encore, il s'agit de réseaux sociaux qui permettent de partager ses centres d'intérêts en partageant les sites ou les articles trouvés sur internet qui pour une raison ou une autre ont attiré notre attention. Très pratique également, car je peux ainsi suivre, y participer, et là encore faire advenir, les dernières tendances des sites, articles, vidéo, ou tout autre information d'intérêt... Je décide toutefois d'effectuer quelques recherches sur mon moteur de recherche préféré, qui ont trait à tout un tas de choses plus ou moins confidentielles. Car si aujourd'hui je cherche des informations sur la question du suivi de la règle chez Wittgenstein -requête pour le moins assez ordinaire quant à ma vie privée... Quoique...-, je peux très bien demain taper dans la fenêtre de recherche &quot;pannes d'érection&quot;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-6&quot; id=&quot;rev-pnote-66-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, &quot;je veux me venger de ma femme&quot;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-7&quot; id=&quot;rev-pnote-66-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, ou bien encore &quot;addiction à l’alcool&quot;, internet regorge d'informations utiles que je peux consulter à ma guise, et surtout, en toute intimité. Sauf que...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sauf que toutes ces informations, contrairement aux informations matérielles qui peuvent être détruites, sont conservés dans le temps et -plus ou moins- accessibles. Evidemment, tout cela est extrêmement pratique, mais il n'est pas impossible que cette mémoire gigantesque en constante expansion n'aboutisse finalement à des maux semblables que ceux dont souffrent le célèbre Funès du conte de Borgés qui, parce qu'il retient absolument tout, dans la pure singularité de l'impression, est incapable de comparer ou de classer. Tragiquement incapable d'oubli, Funès meurt fou, coupé de sa propre humanité.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-8&quot; id=&quot;rev-pnote-66-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;Ainsi en Amérique du nord, les bases de données personnelles sont très peu régulées -souvent parce que les informations soumises par l'internaute le sont par ignorance des clauses de protection de la vie privée. Dans l'interview qu'il donne à un site fils de Libé, Benoît Dupont&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-9&quot; id=&quot;rev-pnote-66-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; souligne que&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Depuis peu, certains États américains obligent les entreprises qui ont «&amp;nbsp;perdu&amp;nbsp;» ou se sont fait voler des données personnelles d’usagers à en avertir ces derniers individuellement, et à leur offrir un dédommagement en cas de préjudice découlant de cette négligence. Les associations de consommateurs cherchent à généraliser ces dispositions. Des mécanismes de contrôle plus rigoureux de l’utilisation des données personnelles par les «&amp;nbsp;agrégateurs de données&amp;nbsp;» sont également à l’étude, mais ces derniers déploient d’intenses efforts de lobbying afin d’en limiter la portée.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;



&lt;p&gt;On est bien sûr ici en face d'un ensemble d'instances capables de réunir un certain nombre d'information, ou plutôt potentiellement capable de le faire, non coordonnées, et non pas d'un organisme unique et -éventuellement- mal intentionné. Mais il faut souligner que cet ensemble de données est un terrain vierge qui ne demande qu'à être exploité, sans aucun mandat d'aucune sorte, puisqu'elles sont en accès libre. Des raisons très variées permettent d'ailleurs de justifier cela, des meilleures au moins bonnes :prévenir le prochain attentat terroriste, combattre la pédo-pornographie, nous vendre des produits amincissants ou évaluer notre solvabilité pour l’obtention d’une ligne de crédit...&lt;br /&gt;
Ainsi, pour reprendre le chemin que nous venons de parcourir ensemble, on peut imaginer un État -dont les possibilités en la matière sont quasiment illimitées depuis le onze septembre- (ou un organisme privé, ce qui est tout sauf inimaginable), qui arrive à receuillir les informations de mon compte Netvibes. Il a ainsi accès à tous les sites auquels je suis abonné, a les moyens de savoir combien de fois j'ai visité chacun d'eux. Pareillement, si l'on a réussi à découvrir qui se cachait derrière mon ou mes pseudos, mes goût musicaux sont connus, le type de concert auquel je me rends, etc... Selon le même processus, mes différents bookmarks peuvent être consultés, affinant ainsi encore un peu mes goûts, ma personnalité. De même, les informations que j'ai tapé dans mon moteur de recherche sont potentiellement consultables. Vous ne le croyez pas? Lisez plutôt&amp;nbsp;: En mars 2006, dans une ville de Floride, un homme malheureux, trompé par sa femme, tape dans un moteur de recherche&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ma femme ne m’aime plus ». Il cherche aussi «&amp;nbsp;Je veux me venger de ma femme », «&amp;nbsp;addiction à l’alcool&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;problèmes d’érection »&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-10&quot; id=&quot;rev-pnote-66-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Le 1er avril, il interroge le moteur pour trouver un médium qui pourrait lui «&amp;nbsp;prédire mon futur ». Cet utilisateur ressemble à des milliers d’autres qui utilisent chaque jour internet. Sauf que ses requêtes faisaient partie des millions de données retrouvées sur le réseau cet été et donc malencontreusement rendues publiques. Près de 20 millions d’informations sur sur 658 000 visiteurs d’AOL pendant trois mois se sont ainsi baladées dans la nature. La société s’est excusée pour cette bourde monumentale, a retiré de la Toile ces documents confidentiels qui n’auraient pas du s’y trouver et a sanctionné les «&amp;nbsp;responsables ». Trop tard, bien sûr pour empêcher la circulation et le téléchargement, qui a notamment débouché sur la création d’un moteur sur ces 20 millions de données. L’identité des personnes était, certes remplacées par des numéros, mais accompagnés du numéro de sécurité sociale, du thème de recherche, de la date et de l’heure, des liens cliqués pour chaque requête. De quoi, sur trois mois d’historique, rendre l’internaute identifiable.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-11&quot; id=&quot;rev-pnote-66-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;br /&gt;
Je ne veux évidemment pas tomber dans la théorie du complot&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#pnote-66-12&quot; id=&quot;rev-pnote-66-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, mais simplement éclairer la face cachée du fonctionnement en &lt;em&gt;réseau&lt;/em&gt;, dans ses différentes acceptions, ainsi que l'association explosive que constitue celle de cette mémoire totale que représente internet et de la vague des applications collaboratives et des réseaux sociaux (que je suis loin de critiquer unilatéralement, étant un utilisateur journalier des deux).Pour reprendre la morale du conte de Borgés, l'oubli peut se révèler parfois salutaire...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;ins&gt;sources&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: Écrans&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?rubrique30&quot;&gt;Web 2.0&amp;nbsp;; gare à vos traces&lt;/a&gt; et sa sous-page&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article531&quot;&gt;Internet ne vous oubliera pas...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-1&quot; id=&quot;pnote-66-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Pour les trois du fond qui ne suivent pas, Netvibes est un service -très pratique- qui permet de centraliser sur une seule page toute sorte d'informations personnalisables, météo, sortie ciné, &lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?2006/06/26/70-flux-rss&quot;&gt;flux rss&lt;/a&gt;, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-2&quot; id=&quot;pnote-66-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Pour les mêmes trois du fond, Lastfm est un portail sous forme de réseau social, qui permet de &quot;scrobbler&quot; (entendez &quot;envoyer des informations à un serveur -ici celui de lastfm- telles que le nom du morceau que vous écoutez, ainsi que tous les tags qui lui sont associés&quot;) automatiquement ses morceaux via l'utilisation d'un plugin ou d'un lecteur dédié. L'intérêt est que le site crée automatiquement des statistiques hebdomadaires, mensuelles, etc., et vous indique les personnes qui ont le même taux de compatibilité musicale que vous... Vous permettant ainsi de vous ouvrir de nouveaux horizons musicaux, par le jeu du réseau et des goûts de vos co-mélomanes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-3&quot; id=&quot;pnote-66-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] &quot;marque-pages&quot; ou &quot;signets&quot;, pour les trois du fond, qui se révèlent être de fins académiciens...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-4&quot; id=&quot;pnote-66-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] del.icio.us est un système de bookmark social, dont le principe, qui va commencer à nous être familier, identique à lastfm, permet de rendre publics vos signets. De plus, il est possible d'associer à un signet un ou plusieurs tags, permettant de faire des recherches par mot-clefs, sur les siens propres ou sur ceux que la communauté des utilisateurs mets en partage... De même, est donnée la possibilité de savoir combien de fois une page a été marquée, et de voir ainsi sa popularité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-5&quot; id=&quot;pnote-66-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] On peut citer parmi eux le site &lt;a href=&quot;http://digg.com/&quot;&gt;digg&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://blogmarks.net/&quot;&gt;blogmarks&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://technorati.com/&quot;&gt;Technorati&lt;/a&gt;, etc... Une définition plus précise, ainsi que les liens vers les digg-like majeurs sont donnés dans l'article de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Digg.com&quot;&gt;wikipédia dédié&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-6&quot; id=&quot;pnote-66-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Je tiens à souligner, pour les mauvais plaisants, que le &quot;je&quot; utilisé ici est purement stylistique, et vise à provoquer l'empathie chez mon lecteur, qu'on  se le dise. (D'ailleurs cet exemple est expliqué plus bas dans le billet...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-7&quot; id=&quot;pnote-66-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Je n'en ai pas, ce qui m'innocente automatiquement!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-8&quot; id=&quot;pnote-66-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]  J. L. Borges, &quot;&lt;em&gt;Funès ou la mémoire&lt;/em&gt;&quot;, in &lt;em&gt;Fictions&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard, 1983 (trad. R. Caillois et al.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-9&quot; id=&quot;pnote-66-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] titulaire de la chaire de la Chaire de recherche du Canada en sécurité, identité et technologie et directeur adjoint du Centre International de Criminologie Comparée de l’Université de Montréal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-10&quot; id=&quot;pnote-66-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] Haha!! Alors, hein, je ne vous l'avais pas dit... Tss tss...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-11&quot; id=&quot;pnote-66-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] source : &lt;a href=&quot;http://www.ecrans.fr/spip.php?article509&quot;&gt;Écrans&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/#rev-pnote-66-12&quot; id=&quot;pnote-66-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] Maurice Merleau-Ponty écrit d'elle qu’&quot;&lt;em&gt;elle est toujours celle des accusateurs parce qu’ils partagent avec les préfets de police l’idée naïve d’une histoire faite de machinations individuelles&lt;/em&gt;”.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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          <comments>http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/05/30/89-petit-frere-deviendra-grand#comment-form</comments>
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    <title>En vrac...</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/02/07/83-en-vrac</link>
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    <pubDate>Wed, 07 Feb 2007 14:41:42 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Pyjamamental</dc:creator>
        <category>webdesign</category>    
    <description>    Allez hop, quelques liens en vrac, comme &amp;ccedil;a, peinard du clavier, d&amp;eacute;contract&amp;eacute; de la souris... J'ai choisi la plupart pour la beaut&amp;eacute; de leur design :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
    &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.jonathanyuen.com/&quot;&gt;Ombre chinoises&lt;/a&gt;... La classe... En flash...&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dontclick.it/&quot;&gt;Pour oublier la souris&lt;/a&gt;... (oui, &amp;ccedil;a d&amp;eacute;route...)&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ouverture-facile.com/enigmes/index.html&quot;&gt;Ouverture facile&lt;/a&gt;... (apparemment connu, d&amp;eacute;couvert il y a peu. Bon pour perdre ses cheveux)... &lt;font size=&quot;1&quot;&gt;sp&amp;eacute;cial thx to Mr Flos&lt;/font&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.javierferrervidal.com/&quot;&gt;Le site du photographe Ferrer Vidal&lt;/a&gt;... Oui, &amp;ccedil;a fait pleurer des yeux... &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.tokyoplastic.com/&quot;&gt;Tokyo Plastik&lt;/a&gt;... (cliquez sur &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;enter tokyoplastic&lt;/span&gt;. Flash &amp;eacute;galement). &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cmart.design.ru/&quot;&gt;Conclave Obscurum&lt;/a&gt;... J'ai un faible pour celui-ci...&lt;/li&gt;
    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;/ul&gt;
    Oui, le flash, quand c'est pas beau, c'est pas beau... Mais quand c'est beau, c'est ach'te'ment beau...&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Sur ces paroles de sagesse... je vous laisse (dit le chien)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour finir, une assez int&amp;eacute;ressante video d'un anthropologue...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien assis ? :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/v/6gmP4nk0EOE&quot; class=&quot;abp-objtab visible ontop&quot; style=&quot;left: 0px ! important; top: 0px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&quot;left: 0px ! important; top: 0px ! important;&quot; class=&quot;abp-objtab visible ontop&quot; href=&quot;http://www.youtube.com/v/6gmP4nk0EOE&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/v/6gmP4nk0EOE&quot; class=&quot;abp-objtab visible ontop&quot; style=&quot;left: 0px ! important; top: 15px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&quot;left: 0px ! important; top: 15px ! important;&quot; class=&quot;abp-objtab visible ontop&quot; href=&quot;http://www.youtube.com/v/6gmP4nk0EOE&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/v/6gmP4nk0EOE&quot; class=&quot;abp-objtab visible ontop&quot; style=&quot;left: 0px ! important; top: 0px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;350&quot;&gt;
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    &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
    - source : &lt;a href=&quot;http://www.presse-citron.net/?2007/02/06/1752-du-papier-au-web-20&quot;&gt;Presse-citron&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;- le cr&amp;eacute;ateur : &lt;a href=&quot;http://www.ksu.edu/sasw/anthro/wesch.htm&quot;&gt;Michael Wesch&lt;/a&gt;.</description>
    
    
    
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    <title>Les rÃ¨gles de l'art</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2007/01/08/80-les-regles-de-l-art</link>
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    <pubDate>Mon, 08 Jan 2007 11:38:08 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Pyjamamental</dc:creator>
        <category>General</category>
        <category>esthetique</category><category>penchieur</category><category>Pierre Pinoncelli</category><category>regles de l'art</category>    
    <description>&lt;meta http-equiv=&quot;CONTENT-TYPE&quot; content=&quot;text/html; charset=utf-8&quot; /&gt;
&lt;title&gt;&lt;/title&gt;
&lt;meta name=&quot;GENERATOR&quot; content=&quot;OpenOffice.org 2.0  (Linux)&quot; /&gt;
&lt;meta name=&quot;AUTHOR&quot; content=&quot;julien&quot; /&gt;
&lt;meta name=&quot;CREATED&quot; content=&quot;20061210;17013700&quot; /&gt;
&lt;meta name=&quot;CHANGED&quot; content=&quot;20061214;14300800&quot; /&gt; 	 	 	 	 	 	&lt;style type=&quot;text/css&quot;&gt;
	&lt;!--
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	--&gt;&lt;/style&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/divers/penchieur.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;375&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/divers/penchieur.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Pierre Pinoncelli. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le penchieur.&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En 1917, Marcel Duchamp signe de son patronyme une simple pissoti&amp;egrave;re, sous la plume de R. Mutt, et &amp;eacute;l&amp;egrave;ve ainsi l'objet courant, par simple d&amp;eacute;cret, au rang d'oeuvre d'art,&lt;em&gt; &lt;/em&gt;selon le principe du &lt;em&gt;ready-made. &lt;/em&gt;L'original est &amp;eacute;gar&amp;eacute;, mais subsistent huit de ses copies -que les sp&amp;eacute;cialistes nomment &amp;laquo;&amp;nbsp;multiples&amp;nbsp;&amp;raquo;-, r&amp;eacute;alis&amp;eacute;es en 1964, dont l'une r&amp;eacute;side au centre Pompidou. En 2006, L'artiste et &lt;em&gt;performer&lt;/em&gt; de 77 ans, Pierre Pinoncelli, p&amp;eacute;n&amp;egrave;tre dans le mus&amp;eacute;e, et &amp;eacute;br&amp;egrave;che l'oeuvre de plusieurs coups de marteau. Pour cet acte qu'il juge de vandalisme, le centre Pompidou lui r&amp;eacute;clame 200 000 euros de dommages et int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts. Par del&amp;agrave; son caract&amp;egrave;re anecdotique, on peut se poser la question de savoir si, litt&amp;eacute;ralement, Pierre Pinoncelli avait le droit de commettre un tel acte. Du point de vue de la stricte l&amp;eacute;galit&amp;eacute;, l'artiste a en effet &amp;eacute;br&amp;eacute;ch&amp;eacute; une oeuvre &amp;eacute;valu&amp;eacute;e &amp;agrave; environ 3 millions d'euros. Du point de vue de la l&amp;eacute;gitimit&amp;eacute;, c'est-&amp;agrave;-dire la l&amp;eacute;galit&amp;eacute; interne au geste artistique, il renoue avec l'acte dada initial inaugur&amp;eacute; par Duchamp, comme ce geste jubilatoire consistant &amp;agrave; &amp;eacute;riger n'importe quel objet au statut sacr&amp;eacute; d'oeuvre d'art, et par voie de cons&amp;eacute;quence &amp;agrave; rel&amp;eacute;guer implicitement n'importe quelle oeuvre d'art au rang de simple objet. De ce point de vue, Pinoncelli avait le droit de perp&amp;eacute;trer le geste iconoclaste et mutiler la pissoti&amp;egrave;re, au nom de la pissoti&amp;egrave;re elle-m&amp;ecirc;me!&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On a souvent tendance &amp;agrave; consid&amp;eacute;rer l'activit&amp;eacute; artistique comme une mise en demeure de la r&amp;egrave;gle, pratique subversive. N&amp;eacute;anmoins, l'exemple de la pissoti&amp;egrave;re &amp;eacute;br&amp;eacute;ch&amp;eacute;e indique que si l'on peut consid&amp;eacute;rer que Pierre Pinoncelli avait le droit de perp&amp;eacute;tuer son geste, ou tout au moins la l&amp;eacute;gitimit&amp;eacute;, c'est qu'une certain nombre de r&amp;egrave;gles ou normes, internes et plus ou moins explicites, viennent la codifier... C'est cette question que je me propose d'esquisser ici, en reprenant une le&amp;ccedil;on r&amp;eacute;dig&amp;eacute;e pour la pr&amp;eacute;paration &amp;agrave; l'agr&amp;eacute;gation. Elle tombe du coup sous le double d&amp;eacute;savantage d'&amp;ecirc;tre d'une part, pour cette raison, un peu -trop- formelle, et d'autre part de ne pas avoir &amp;eacute;t&amp;eacute; men&amp;eacute;e &amp;agrave; son terme, par manque de temps. Je comptais faire une derni&amp;egrave;re partie passant de la question de la r&amp;egrave;gle &amp;agrave; celle de la norme, en m'appuyant sur diff&amp;eacute;rents &amp;eacute;crits de Bourdieu, de mani&amp;egrave;re &amp;agrave; souligner notamment comment la pratique artistique s'enracine dans un certain nombre de normes, dont la fonction m&amp;ecirc;me passe souvent inaper&amp;ccedil;ue, sans avoir eu la possibilit&amp;eacute; de le faire... C'est cette esquisse de r&amp;eacute;flexion, inachev&amp;eacute;e, que l'on pourra lire ici...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;-------------------------------&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Lorsque l'on dit du travail d'un architecte, d'un costumier, ou d'un cuisinier qu'il est conduit selon les &lt;em&gt;r&amp;egrave;gles de l'art,&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt; on signifie par cette expression que l'effort d&amp;eacute;ploy&amp;eacute; est soumis &amp;agrave; un certain nombre de prescriptions, visant &amp;agrave; ce que le r&amp;eacute;sultat soit conforme aux canons qui r&amp;eacute;gissent sa pratique. On discerne d'embl&amp;eacute;e que cette expression pass&amp;eacute;e dans le langage courant s'applique ici &amp;agrave; des pratiques tr&amp;egrave;s particuli&amp;egrave;res, qui visent &amp;agrave; produire un objet conforme &amp;agrave; un usage sp&amp;eacute;cifique. L'architecture du b&amp;acirc;timent doit ob&amp;eacute;ir &amp;agrave; un certains nombre de conventions afin d'&amp;ecirc;tre fonctionnel, comme le pantalon aux r&amp;egrave;gles de la couture afin qu'il tombe juste sur le pied, ou encore le plat &amp;agrave; celles du mariage des saveurs si l'&amp;eacute;quilibre ad&amp;eacute;quat est recherch&amp;eacute;. De m&amp;ecirc;me, l'usage courant de cette tournure se tient m&amp;eacute;taphoriquement dans un m&amp;ecirc;me ordre d'id&amp;eacute;e : qu'une r&amp;eacute;ception ait &amp;eacute;t&amp;eacute; faite dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;les r&amp;egrave;gles de l'art&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt; signifie que les convives ont eu un accueil digne de ce &amp;agrave; quoi ils &amp;eacute;taient en droit de s'attendre. C'est pour ainsi dire le fonctionnement de l'artisanat, qui vise &amp;agrave; produire un objet conform&amp;eacute;ment &amp;agrave; un usage sp&amp;eacute;cifique, et selon des canons &amp;eacute;prouv&amp;eacute;s historiquement. Il s'agit d'ob&amp;eacute;ir &amp;agrave; des r&amp;egrave;gles de mani&amp;egrave;re &amp;agrave; obtenir l'utilit&amp;eacute; d&amp;eacute;sir&amp;eacute;e. Toutefois, qu'en est il si l'on prend l'expression &amp;agrave; la lettre, non plus appliqu&amp;eacute;e aux arts techniques, mais &amp;agrave; ce qu'il est de coutume d'appeler les beaux-arts? Ici, aucune fin utile ne semble &amp;ecirc;tre vis&amp;eacute;e. Tout du moins, si une forme de technicit&amp;eacute; lui semble belle et bien n&amp;eacute;cessaire, la pratique artistique ne para&amp;icirc;t pas toute enti&amp;egrave;re soumise &amp;agrave; l'imp&amp;eacute;ratif pratique de l'utilit&amp;eacute;. De plus, si une pratique artisanale est soumise &amp;agrave; des r&amp;egrave;gles strictes, elle est un savoir qui peut s'enseigner pr&amp;eacute;cis&amp;eacute;ment, selon des lois g&amp;eacute;n&amp;eacute;rales. Or, qu'en est-il de ce qui justement se pense le plus souvent comme expression singuli&amp;egrave;re d'une subjectivit&amp;eacute;, qui pose &amp;agrave; son principe un acte proprement r&amp;eacute;volutionnaire? En effet, la pratique artistique de la modernit&amp;eacute; se d&amp;eacute;finissant comme acte de cr&amp;eacute;ation, c'est-&amp;agrave;-dire comme productrice d'un objet &amp;agrave; proprement parler inou&amp;iuml;, quel rapport entretient-elle &amp;agrave; la r&amp;egrave;gle, qui semble &amp;agrave; premi&amp;egrave;re vue reconduire au coeur de l'acte cr&amp;eacute;atif m&amp;ecirc;me un principe conservateur? Et si la technique artistique semble &amp;agrave; m&amp;ecirc;me de pouvoir &amp;ecirc;tre enseign&amp;eacute;e, ce qui fait sa sp&amp;eacute;cificit&amp;eacute; m&amp;ecirc;me, et qui la distingue par l&amp;agrave; de l'artisanat, para&amp;icirc;t difficilement pouvoir l'&amp;ecirc;tre. Pourquoi, sinon, une telle dichotomie entre arts pratiques et beaux-arts? L'&amp;eacute;quivoque &amp;agrave; &amp;eacute;claircir ici en revient donc &amp;agrave; s'interroger sur la dialectique entre l'oeuvre et la r&amp;egrave;gle qui la r&amp;eacute;git, ou contre laquelle elle se constitue. On peut dans un premier temps tenter d'&amp;eacute;claircir ces diff&amp;eacute;rentes questions &amp;agrave; la lumi&amp;egrave;re des conceptions historiques dans lesquelles elles se fondent. Ce faisant, il s'agit de montrer d'une part que l'activit&amp;eacute; artistique ne s'est jamais construite en dehors de toute forme de r&amp;egrave;gle, et d'autre part d'attester que ces lois ont connus diff&amp;eacute;rentes formulations, c'est-&amp;agrave;-dire qu'elles n'ont jamais r&amp;eacute;ussi &amp;agrave; s'unifier dans une doctrine normative englobant la totalit&amp;eacute; de l'activit&amp;eacute; artistique. Face &amp;agrave; l'&amp;eacute;chec des tentatives de l&amp;eacute;gislation de l'art, il conviendra de s' sans doute de s'interroger d'une part sur la mani&amp;egrave;re dont l'art lui-m&amp;ecirc;me impose sa r&amp;egrave;gle, et d'autre part de se demander si, ne r&amp;eacute;pondant pas &amp;agrave; des r&amp;egrave;gles positives, il n'en demeure pas moins d&amp;eacute;termin&amp;eacute; par ailleurs par ses conditions mat&amp;eacute;rielles d'&amp;eacute;mergence, glissant de la notion de r&amp;egrave;gle vers celle de norme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
    &lt;li&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les r&amp;egrave;gles de l'art. G&amp;eacute;nitif subjectif. (les r&amp;egrave;gles que l'art &amp;eacute;prouve).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On peut souligner, en premier lieu, que le simple fait de parler d'arts techniques et de beaux-arts indique qu'il y a d&amp;eacute;limitation d'un paysage proprement artistique. Le vocabulaire lui-m&amp;ecirc;me fait ainsi signe vers l'id&amp;eacute;e qu'il est rattach&amp;eacute; &amp;agrave; une histoire, c'est-&amp;agrave;-dire &amp;agrave; un certain nombre de traditions qui lui procure un certain nombre de r&amp;egrave;gles minimums, sans lesquelles une dichotomie n'aurait pas lieu d'&amp;ecirc;tre. D&amp;egrave;s lors, deux questions jaillissent. &lt;span style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 50%; -moz-background-clip: -moz-initial; -moz-background-origin: -moz-initial; -moz-background-inline-policy: -moz-initial; color: rgb(192, 192, 192);&quot;&gt;D'une part, il convient de d&amp;eacute;terminer le pourquoi d'un tel vocabulaire, afin de comprendre s'il demeure l&amp;eacute;gitime&lt;/span&gt;. Il est en effet possible qu'une telle division ne soit pas, ou ne soit plus, en ad&amp;eacute;quation avec la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; artistique. C'est la raison pour laquelle il va s'av&amp;eacute;rer n&amp;eacute;cessaire de faire appel &amp;agrave; des conceptions historiquement divergentes, pour en montrer les points de continuit&amp;eacute; et de rupture. &lt;span style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 50%; -moz-background-clip: -moz-initial; -moz-background-origin: -moz-initial; -moz-background-inline-policy: -moz-initial;&quot;&gt;D'autre part, il est n&amp;eacute;cessaire de pr&amp;eacute;ciser jusqu'&amp;agrave; quel point ces r&amp;egrave;gles r&amp;eacute;gissent l'activit&amp;eacute; artistique, c'est-&amp;agrave;-dire si elles en constituent tout simplement la condition, la forme m&amp;ecirc;me, ou bien si elles ont force de loi jusque dans son contenu, et si tel est le cas jusqu'o&amp;ugrave; elles imposent leur l&amp;eacute;gislation. &lt;/span&gt;En tout premier lieu, soulignons d'abord que, quel qu'en soit la conception, que l'on consid&amp;egrave;re son champ d'action comme radicalement souverain vis-&amp;agrave;-vis des autres, ou bien comme parfaitement autonome, il semble qu'il y ait de l'art. Si l'on parle de beaux-arts, si un concept langagier sp&amp;eacute;cifique est ainsi form&amp;eacute;, c'est bien qu'il y a un trait commun &amp;agrave; toutes les oeuvres qui permet de les qualifier d'artistiques, et de les diff&amp;eacute;rencier de ce qui ne l'est pas. Il convient donc d'interroger la l&amp;eacute;gitimit&amp;eacute; d'une telle distinction. Il semble ainsi qu'ind&amp;eacute;pendemment de leur diff&amp;eacute;rences intrins&amp;egrave;ques demeure un crit&amp;egrave;re qui unifie les oeuvres, et auquel elles ob&amp;eacute;issent. L'art ne semble pas fonctionner &amp;laquo;&amp;nbsp;hors-champ&amp;nbsp;&amp;raquo;, il trouve un certain nombre de d&amp;eacute;limitations qui font qu'une oeuvre est diff&amp;eacute;rente d'un discours politique ou d'un combat de boxe. L'art occupe donc un lieu, un champ particulier, en cons&amp;eacute;quence duquel il ob&amp;eacute;it en quelque mani&amp;egrave;re &amp;agrave; des r&amp;egrave;gles, constitutives de ce champ, qu'il va s'agir de pr&amp;eacute;ciser. A cet effet, on peut remonter &amp;agrave; la conception aristot&amp;eacute;licienne, telle qu'elle est formul&amp;eacute;e dans l'&lt;em&gt;&amp;Eacute;thique &amp;agrave; Nicomaque. &lt;/em&gt;Ici, Aristote divise l'ordre de la connaissance en deux domaines, &amp;agrave; savoir celui des &lt;em&gt;choses qui sont de toute &amp;eacute;ternit&amp;eacute;&lt;/em&gt;, et des c&lt;em&gt;hoses qui ne sont pas de toute &amp;eacute;ternit&amp;eacute;. &lt;/em&gt;Au premier appartient la&lt;em&gt; th&amp;ecirc;oria&lt;/em&gt;, contemplation intellectuelle, tandis que le second est lui-m&amp;ecirc;me divis&amp;eacute; entre les &lt;em&gt;choses propres au sujet&lt;/em&gt; et les c&lt;em&gt;hoses qui lui sont ext&amp;eacute;rieures&lt;/em&gt;. Les choses propres au sujet concernent les actions (la praxis), tandis que les secondes d&amp;eacute;terminent des objets, ext&amp;eacute;rieurs au sujet, qu'Aristote rassemble sous l'id&amp;eacute;e de &lt;em&gt;po&amp;iuml;esis. &lt;/em&gt;Par ce terme, il entend sp&amp;eacute;cifier la disposition &amp;agrave; produire des objets suivant des r&amp;egrave;gles. Il range donc l'activit&amp;eacute; artistique dans ce domaine pr&amp;eacute;cis de la connaissance, d'o&amp;ugrave; elle n'est originellement pas diff&amp;eacute;renci&amp;eacute;e de l'activit&amp;eacute; artisanale. Dans cette perspective, l'artiste comme l'artisan sont consid&amp;eacute;r&amp;eacute;s tout deux comme des techniciens, et l'artiste est un homme qui fait son m&amp;eacute;tier, &amp;agrave; la hauteur du boulanger ou du ma&amp;ccedil;on. N&amp;eacute;anmoins, s'il est artiste, encore faut-il comprendre en quoi il se diff&amp;eacute;rencie de ces derniers. Cela implique que sa t&amp;acirc;che soit clairement d&amp;eacute;termin&amp;eacute;e, c'est-&amp;agrave;-dire d&amp;eacute;finie selon un certain nombre de r&amp;egrave;gles que, comme tout homme de m&amp;eacute;tier, il doit suivre. Il faut, pour les approcher, se replacer dans la perspective grecque, et qui &amp;agrave; cet &amp;eacute;gard portera son &amp;eacute;manation jusque dans le classicisme du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;egrave;cle, qui promeut la distinction entre l'&amp;ecirc;tre et l'appara&amp;icirc;tre. Sur le fond de cet horizon, ce qui est connu imm&amp;eacute;diatement, par le moyen des sens, n'est que l'appara&amp;icirc;tre du r&amp;eacute;el, et non le r&amp;eacute;el lui-m&amp;ecirc;me. C'est donc &amp;agrave; la science ou &amp;agrave; la th&amp;eacute;ologie que revient la connaissance vraie, et non aux sens. De plus, ce qui procure un d&amp;eacute;sir authentique, c'est ce Vrai qu'il s'agit d'atteindre.&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/divers/Nicolas_Poussin_manne.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;218&quot; align=&quot;left&quot; src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/divers/Nicolas_Poussin_manne.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Quelque chose de beau est quelque chose de vrai, et cela est la source d'un plaisir v&amp;eacute;ritable. Au coeur des conceptions antique et classique r&amp;eacute;side l'id&amp;eacute;e que le beau &amp;eacute;mane du r&amp;eacute;el, et que pour cette raison ce dernier exerce sur nous un attrait authentique. Aussi, la t&amp;acirc;che assign&amp;eacute;e &amp;agrave; l'artiste est-elle dans cette perspective d'imiter le r&amp;eacute;el dans son oeuvre, le sentiment de beau se manifestant &amp;agrave; la hauteur de la charge de v&amp;eacute;rit&amp;eacute; qu'elle contient, c'est-&amp;agrave;-dire &amp;agrave; la mesure dont elle figure fid&amp;egrave;lement en elle le r&amp;eacute;el. Ainsi, et pour r&amp;eacute;sumer cette conception, on peut souligner d'une part qu'elle se situe en de&amp;ccedil;&amp;agrave; de la diff&amp;eacute;renciation entre arts de technique et beaux-arts, parce qu'elle les englobent tout deux dans le domaine de la &lt;em&gt;po&amp;iuml;esis&lt;/em&gt;, comme formation d'un objet ext&amp;eacute;rieur, au coeur d'un monde contingent. Simplement, l'activit&amp;eacute; artistique se distingue des autres t&amp;acirc;ches techniques en cela qu'il lui revient de manifester sensiblement, par imitation, le r&amp;eacute;el intelligible. Par ailleurs, cette simple fonction elle-m&amp;ecirc;me se trouve d&amp;eacute;valoris&amp;eacute;e au profit des activit&amp;eacute;s scientifique et th&amp;eacute;ologique, qui acc&amp;egrave;dent directement au vrai sans passer par l'imitation, se pr&amp;eacute;munissant ainsi des risques &amp;eacute;thiques qui y sont aff&amp;eacute;rents. Dans la perspective rigoureusement antique, l'art en tant que tel est d&amp;eacute;valu&amp;eacute;, puisqu'il porte en lui le risque de substituer au R&amp;eacute;el son image, suspicion que reconduira la tradition biblique, qui assigne &amp;agrave; l'art la t&amp;acirc;che de raconter son histoire, tout en interdisant le culte des idoles pour pr&amp;eacute;venir une m&amp;ecirc;me substitution mensong&amp;egrave;re entre le divin et sa repr&amp;eacute;sentation. Ainsi, dans la perspective antique, la fonction assign&amp;eacute;e &amp;agrave; l'art, et donc les r&amp;egrave;gles auxquelles il se trouve soumis, consistent &amp;agrave; repr&amp;eacute;senter le r&amp;eacute;el. La beaut&amp;eacute; est aff&amp;eacute;rente &amp;agrave; celui-ci, et la fonction de l'art, restreint &amp;agrave; un r&amp;ocirc;le subalterne, n'est que de transmettre cette beaut&amp;eacute;.  &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pour le pr&amp;eacute;ciser, dans le cadre de la vision antique, il n'y a pas &amp;agrave; proprement parler des r&amp;egrave;gles de l'art en tant que telles, tout au plus des fonctions pr&amp;eacute;cises lui sont assign&amp;eacute;es, justement parce que la distinction entre art et simple technique n'est pas encore consomm&amp;eacute;e. Des r&amp;egrave;gles sp&amp;eacute;cifiques &amp;agrave; l'art n'ont donc pas lieu d'&amp;ecirc;tre. N&amp;eacute;anmoins, c'est sur l'horizon de ces fonctions qui lui sont assign&amp;eacute;es par l'antiquit&amp;eacute; que la tradition ult&amp;eacute;rieure prescrira un certain nombre de r&amp;egrave;gles &amp;agrave; l'activit&amp;eacute; artistique. Ainsi la th&amp;eacute;orie classique de l'art est-elle tr&amp;egrave;s stricte en mati&amp;egrave;re th&amp;eacute;&amp;acirc;trale. Boileau dans son &lt;em&gt;Art Po&amp;eacute;tique &lt;/em&gt;pose les r&amp;egrave;gles de construction de l'oeuvre dramaturgique, inspir&amp;eacute;es par &lt;em&gt;La Po&amp;eacute;tique &lt;/em&gt;d'Aristote, plus connues sous l'appellation de &lt;em&gt;r&amp;egrave;gle des trois unit&amp;eacute;s&lt;/em&gt; : la r&amp;egrave;gle du temps, impose que l'&amp;eacute;v&amp;egrave;nement rapport&amp;eacute; dans la pi&amp;egrave;ce n'exc&amp;egrave;de pas une journ&amp;eacute;e ; la r&amp;egrave;gle du lieu, impose qu'il se d&amp;eacute;roule en un seul et m&amp;ecirc;me lieu, et la r&amp;egrave;gle d'action, qui interdit de m&amp;ecirc;ler plusieurs &amp;eacute;v&amp;egrave;nements majeurs dans une m&amp;ecirc;me pi&amp;egrave;ce. La position de Boileau exprime le pr&amp;eacute;suppos&amp;eacute; classique, qui estime que l'art doit &amp;ecirc;tre r&amp;eacute;gl&amp;eacute; &amp;agrave; partir d'un m&amp;ecirc;me principe, &amp;agrave; savoir une norme &amp;eacute;nonc&amp;eacute;e par la raison. De m&amp;ecirc;me la Renaissance imposera le nombre d'or au principe de toute harmonie, architecturale ou musicale. En mati&amp;egrave;re de danse, et l&amp;agrave; aussi afin d'&amp;ecirc;tre fid&amp;egrave;le au principe d'une r&amp;egrave;gle universellement reconnue qui vient l&amp;eacute;gif&amp;eacute;rer la pratique artistique, on doit &amp;agrave; Beauchamp d'avoir codifi&amp;eacute; les cinq positions classiques, qui constituent les attitudes de d&amp;eacute;part avant un pas, une figure, ou un encha&amp;icirc;nement. De mani&amp;egrave;re plus g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale, l'&amp;eacute;poque classique, qui trouve son apog&amp;eacute;e au XVII&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;si&amp;egrave;cle, est symbolique de cette propension &amp;agrave; codifier les arts. Le terme de classique lui-m&amp;ecirc;me trouve son origine dans l'id&amp;eacute;e de &lt;em&gt;ce qui peut s'enseigner dans une classe&lt;/em&gt;. Il s'agit donc selon ce point de vue de rationaliser la pratique artistique, en prenant l'antiquit&amp;eacute; comme id&amp;eacute;al de beaut&amp;eacute;. Dans cette perspective, qui reconduit la conception grecque d'une dichotomie entre l'&amp;ecirc;tre et l'appara&amp;icirc;tre, l'art noble se doit de suivre des r&amp;egrave;gles, afin de ne pas manquer le r&amp;eacute;el qu'il a pour t&amp;acirc;che de mettre au jour. En t&amp;eacute;moigne la notion de &lt;em&gt;go&amp;ucirc;t&lt;/em&gt;, ou de &lt;em&gt;bon go&amp;ucirc;t&lt;/em&gt;, centrale &amp;agrave; cette &amp;eacute;poque, qui n'&amp;eacute;tait pas encore rattach&amp;eacute;e au relativisme auquel il est soumis aujourd'hui. &amp;Ecirc;tre de bon go&amp;ucirc;t, pour l'honn&amp;ecirc;te homme du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;egrave;cle en revient &amp;agrave; poss&amp;eacute;der un principe g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral r&amp;eacute;alisant la synth&amp;egrave;se de ce que l'on pense &amp;ecirc;tre le Bien, le Beau, et le Vrai. Cette perception unificatrice, o&amp;ugrave; les principes th&amp;eacute;orique de la connaissance viennent se fondre avec les conditions du plaisir esth&amp;eacute;tique, ob&amp;eacute;it &amp;agrave; des r&amp;egrave;gles qui sont l'&amp;eacute;quivalent pour le spectateur de celles auxquelles obtemp&amp;egrave;re l'artiste. De m&amp;ecirc;me, c'est &amp;agrave; cette &amp;eacute;poque que le statut d'artiste se d&amp;eacute;tache de celui de l'artisan. La cr&amp;eacute;ation de l'Acad&amp;eacute;mie royale de  peinture et de sculpture consomme ainsi cette division, en imposant les r&amp;egrave;gles strictes du classicisme &amp;agrave; tout cr&amp;eacute;ateur, et en expulsant tout ceux qui y contrevenaient. L'id&amp;eacute;al classique est ainsi fond&amp;eacute;e sur deux valeurs qu'elle consid&amp;egrave;re comme universelles et fondamentales, &amp;agrave; savoir l'ordre et la raison, canons d&amp;eacute;finissant les codifications pr&amp;eacute;cises de l'activit&amp;eacute; artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Nous avons pu ainsi constater que l'art ne pouvait en aucun cas se passer d'un certain nombre de r&amp;egrave;gles, en cela premi&amp;egrave;rement qu'il ne se constituait pas &amp;laquo;&amp;nbsp;hors-champ&amp;nbsp;&amp;raquo;, dans un espace al&amp;eacute;atoire, mais qu'il se d&amp;eacute;ployait en domaines particuliers, tels que la sculpture, la peinture ou l'architecture, poss&amp;eacute;dant chacun des techniques et des r&amp;egrave;gles de construction sp&amp;eacute;cifiques les distinguant les uns des autres. Initialement confondus, artistes et artisan ne trouvent leur distinction claire qu'&amp;agrave; partir du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;egrave;cle, sous la double impulsion qui motive le classicisme, &amp;agrave; la fois esth&amp;eacute;tique et &amp;eacute;thique, par le retour aux valeurs antiques, et dans le m&amp;ecirc;me temps politique, en vue d'affirmer le pouvoir monarchique. Dans cette perspective, le culte de la r&amp;egrave;gle est pouss&amp;eacute; &amp;agrave; son paroxysme, de mani&amp;egrave;re &amp;agrave; diff&amp;eacute;rencier les arts lib&amp;eacute;raux des arts techniques, notamment en d&amp;eacute;veloppant la sp&amp;eacute;culation th&amp;eacute;orique qui &amp;agrave; la fois repousse les arts manuels, et dans le m&amp;ecirc;me temps justifie la sup&amp;eacute;riorit&amp;eacute; spirituelle des beaux-arts. De m&amp;ecirc;me, &amp;agrave; partir de ce paradigme, on peut insister sur le fait que loin d'&amp;ecirc;tre une entrave &amp;agrave; la libert&amp;eacute; artistique, la r&amp;egrave;gle en constitue en quelque mani&amp;egrave;re le pr&amp;eacute;alable, aucune libert&amp;eacute; ne s'acqu&amp;eacute;rant sans un cadre qui en fournit la condition. Toutefois, bien que les canons classiques visent &amp;agrave; donner une norme &amp;agrave; l'acte artistique, et permettent de souligner le caract&amp;egrave;re technique qui lui fait fond, il demeure qu'ils restent attach&amp;eacute;s &amp;agrave; l'hypoth&amp;egrave;se m&amp;eacute;taphysique h&amp;eacute;rit&amp;eacute;e de l'Antiquit&amp;eacute; grecque, qui consiste &amp;agrave; postuler un r&amp;eacute;el immuable, que l'art aurait pour t&amp;acirc;che de mettre au jour. De plus, l'Histoire elle-m&amp;ecirc;me tend &amp;agrave; prouver que la pratique artistique est incommensurable &amp;agrave; la r&amp;egrave;gle qui lui est impos&amp;eacute;e, comme si l'artiste n'attendait que la formulation d'une nouvelle norme pour mieux s'en lib&amp;eacute;rer. Historiquement, c'est le romantisme qui s'empare de cette fonction, et peut servir de paradigme afin de penser l'art selon l'&amp;eacute;clairage de la subversion de la norme. Mettant &amp;agrave; bas l'hypoth&amp;egrave;se m&amp;eacute;taphysique de l'immutabilit&amp;eacute; du r&amp;eacute;el, l'hypoth&amp;egrave;se romantique le consid&amp;egrave;re comme mouvant, changeant, et pour cette raison insaisissable par des concepts fig&amp;eacute;s. La position romantique semble ainsi &amp;agrave; m&amp;ecirc;me de r&amp;eacute;pondre &amp;agrave; l'&amp;eacute;chec du classicisme : l'art est hostile &amp;agrave; la normalisation pr&amp;eacute;cis&amp;eacute;ment parce qu'il d&amp;eacute;voile authentiquement l'&amp;ecirc;tre, qui ne se laisse pas traduire par des r&amp;egrave;gles fig&amp;eacute;es. &lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
    &lt;li&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les r&amp;eacute;gles de l'art. G&amp;eacute;nitif objectif. (Les r&amp;eacute;gles que l'art suscite).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Si l'on parcourt l'histoire de l'art, on peut se rendre compte qu'&amp;agrave; chaque mouvement artistique succ&amp;egrave;de un autre qui s'y oppose, subvertit et conteste ses r&amp;egrave;gles. Ainsi dans la pr&amp;eacute;face de &lt;em&gt;Cromwell&lt;/em&gt;, v&amp;eacute;ritable manifeste de la dramaturgie romantique, Victor Hugo d&amp;eacute;fend sa propre conception de l'art dramatique, en s'opposant aux r&amp;egrave;gles de Boileau. La r&amp;egrave;gle de temps aussi bien que celle d'action et de lieu sont contest&amp;eacute;es dans ses oeuvres, l'auteur mettant en sc&amp;egrave;ne des intrigues multiples, dans des lieux et des temps diff&amp;eacute;rents, en m&amp;ecirc;lant le vers et la prose, le sublime et le grotesque, le beau et l'horrible. De m&amp;ecirc;me, entre le XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et le XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;egrave;cle a pr&amp;eacute;valu en terme de repr&amp;eacute;sentation picturale un syst&amp;egrave;me de codification tr&amp;egrave;s stricte, bas&amp;eacute; sur la doctrine de l'&lt;em&gt;ut pictura poesis&lt;/em&gt;, qui obligeait les artistes &amp;agrave; se soumettre &amp;agrave; un certain nombres de principes : interdiction de repr&amp;eacute;senter des choses basses, c'est-&amp;agrave;-dire obligation de choisir des th&amp;egrave;mes de l'histoire biblique, ne pas repr&amp;eacute;senter des figures disgraci&amp;eacute;es, respecter au mot les descriptions tir&amp;eacute;es des textes sacr&amp;eacute;s, ou encore faire preuve d'&amp;eacute;rudition dans les domaines de l'histoire et de l'ex&amp;eacute;g&amp;egrave;se biblique. Cette conception n'est v&amp;eacute;ritablement contest&amp;eacute;e que par le &lt;em&gt;Laocoon &lt;/em&gt;de Lessing, qui pr&amp;ocirc;ne que s'il revient &amp;agrave; l'art d'imiter la nature, alors il faut en tirer toutes les cons&amp;eacute;quences, &amp;agrave; savoir que se pr&amp;eacute;sentent dans la nature des choses d'un autre ordre, difformes ou bizarres, que celles qu'impose &amp;agrave; la repr&amp;eacute;sentation l'&lt;em&gt;ut pictura poesis.&lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/divers/laocoon.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;200&quot; height=&quot;243&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/divers/laocoon.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;On discerne ainsi, au travers de ces quelques exemples, que l'activit&amp;eacute; artistique et les normes qui la r&amp;eacute;gissent sont sans cesse sujettes &amp;agrave; la r&amp;eacute;-interrogation, et qu'il semble difficile de lui attribuer des r&amp;egrave;gles immuables.  &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Si l'on en revient &amp;agrave; la conception romantique, qui, contre l'hypoth&amp;egrave;se de l'immutabilit&amp;eacute; du r&amp;eacute;el, &amp;eacute;rige celle de son incommensurabilit&amp;eacute; au concept, on peut souligner qu'elle constitue pr&amp;eacute;cis&amp;eacute;ment un effort contre la tendance primitive &amp;agrave; tout ordonner. Pour le romantique, la r&amp;egrave;gle fixe est la mort de l'art, parce que figer le r&amp;eacute;el en revient &amp;agrave; le mutiler. Il s'agit donc dans cette perspective de s'&amp;eacute;lever contre cette tendance &amp;agrave; ordonner et rationaliser, l'artiste est celui qui fait effort contre ses tendances rationalisantes pour acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'expression du r&amp;eacute;el. De l&amp;agrave; proc&amp;egrave;de la figure romantique de l'artiste marginal, qui brise la rigidit&amp;eacute; de l'ancien ordre esth&amp;eacute;tique, et donc celle de l'ordre social. Il s'agit pour lui de s'arracher &amp;agrave; sa condition d'individu ordonn&amp;eacute; et rationnel de mani&amp;egrave;re &amp;agrave; atteindre le r&amp;eacute;el, jusqu'&amp;agrave; s'y fondre. Telle est la conception que l'on retrouve par exemple dans la lettre de Rimbaud &amp;agrave; Demeny, o&amp;ugrave; il professe que le po&amp;egrave;te se fait voyant, &lt;em&gt;par un long et raisonn&amp;eacute; d&amp;eacute;r&amp;egrave;glement de tous les sens&lt;/em&gt;. Ce qui est en jeu est donc de briser l'ordre du r&amp;eacute;gulier, du l&amp;eacute;gal, et de cultiver l'exc&amp;egrave;s, la subversion de la r&amp;egrave;gle. Alors &amp;agrave; l'artiste appara&amp;icirc;t le r&amp;eacute;el qu'il fait advenir dans son oeuvre. D&amp;eacute;coule de cette conception une autre remise en cause m&amp;eacute;taphysique : l'&amp;ecirc;tre n'est d&amp;egrave;s lors plus &lt;em&gt;repr&amp;eacute;sent&amp;eacute;&lt;/em&gt; par l'artiste, comme le pr&amp;ocirc;nait le classicisme dans le droit fil de la tradition antique, mais il est &lt;em&gt;pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;&lt;/em&gt; directement. L'oeuvre est l'&amp;ecirc;tre, et non plus repr&amp;eacute;sentation de l'&amp;ecirc;tre. L'oeuvre est donc guid&amp;eacute;e par un projet, certes obscur, mais un projet tout de m&amp;ecirc;me. Le classicisme a cru pouvoir le clarifier et le normaliser, mais n'a pas su d&amp;eacute;passer le principe de d&amp;eacute;voilement du r&amp;eacute;el, reconduisant une hypoth&amp;egrave;se m&amp;eacute;taphysique. La conception romantique prend acte, quant &amp;agrave; elle, de l'impossibilit&amp;eacute; de traduire en concepts clairs le projet qui conduit l'artiste. Aussi, puisque l'oeuvre n'est plus la repr&amp;eacute;sentation de l'&amp;ecirc;tre, mais sa mise en oeuvre elle-m&amp;ecirc;me, qu'il lui &amp;eacute;choit de &lt;em&gt;faire l'&amp;ecirc;tre&lt;/em&gt;, l'acte de l'artiste sera donc une cr&amp;eacute;ation. Loin donc, d'ob&amp;eacute;ir au r&amp;egrave;gles de l'art, l'artiste est celui qui, dans sa cr&amp;eacute;ation, leur &amp;eacute;chappe. L'art, selon cette perspective, semble se passer de r&amp;egrave;gles. On peut ainsi invoquer Kant pour pr&amp;eacute;ciser cette insoumission de l'art et de la cr&amp;eacute;ation artistique &amp;agrave; la r&amp;egrave;gle. Dans le &amp;sect;46 de la &lt;em&gt;Critique de la facult&amp;eacute; de juger&lt;/em&gt;, il expose en effet qu'apprendre des r&amp;egrave;gles caract&amp;eacute;rise la technique et non l'art. En posant la question du g&amp;eacute;nie, l'auteur d&amp;eacute;montre que sa premi&amp;egrave;re caract&amp;eacute;ristique est l'originalit&amp;eacute;, c'est-&amp;agrave;-dire pr&amp;eacute;cis&amp;eacute;ment le talent de produire ce dont on ne pourrait donner une r&amp;egrave;gle d&amp;eacute;termin&amp;eacute;e. Le technicien apprend son m&amp;eacute;tier, un savoir-faire, et refait ainsi ce que fait son ma&amp;icirc;tre. L'artiste au contraire s'affranchit de toute r&amp;egrave;gle, en tant que le beau qu'il atteint ne se d&amp;eacute;finit pas. Le g&amp;eacute;nie n'a pas appris sa g&amp;eacute;nialit&amp;eacute;, elle lui a &amp;eacute;t&amp;eacute; donn&amp;eacute;e comme un privil&amp;egrave;ge, il est donc incapable d'en exposer les r&amp;egrave;gles puisque sa production n'est pas conceptualis&amp;eacute;e. L'art ne concerne ni strictement la science, puisqu'on ne peut trouver de r&amp;egrave;gles fixes &amp;agrave; la construction d'un oeuvre belle, ni strictement la technique, puisque le simple savoir-faire ne suffit pas &amp;agrave; faire d'un homme un artiste. Ainsi Van Gogh ou Gauguin n'ayant pas fr&amp;eacute;quent&amp;eacute;s les &amp;eacute;coles de peinture n'en sont pas moins des g&amp;eacute;nies.  &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt; 	&lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Bien qu'il ne puisse y avoir d'art sans la transmission de techniques, on a pu constater qu'il &amp;eacute;tait bien difficile d'imposer une r&amp;egrave;gle stricte &amp;agrave; l'activit&amp;eacute; artistique, qui l'ordonne et l'organise. On a pu constater la succession des diff&amp;eacute;rentes normes artistiques, et ainsi observer leur faillite. La simple multiplication des th&amp;eacute;ories normatives, comme la multiplication des courants artistiques semble suffire &amp;agrave; interdire l'&amp;eacute;ventualit&amp;eacute; d'une norme positive d&amp;eacute;finissant l'art de mani&amp;egrave;re immuable. La doctrine romantique a pu sembler apporter une r&amp;eacute;ponse &amp;agrave; une telle probl&amp;eacute;matique, en cela qu'elle red&amp;eacute;finit l'art comme subversion de la r&amp;egrave;gle, ill&amp;eacute;galit&amp;eacute;. N&amp;eacute;anmoins, il convient de souligner que le romantisme red&amp;eacute;finit la conception artistique dans le cadre d'un irrationalisme d&amp;eacute;tenteur de v&amp;eacute;rit&amp;eacute;, il demeure qu'il se constitue encore par rapport &amp;agrave; la conception classique. D'une part, il reconduit l'hypoth&amp;egrave;se antique du d&amp;eacute;voilement, mais en faisant subir une transformation &amp;agrave; l'id&amp;eacute;e de r&amp;eacute;el, le red&amp;eacute;finissant comme mouvant, hostile au concept. D'autre part, il reste une position r&amp;eacute;active, et &amp;agrave; la mani&amp;egrave;re dont l'adolescent qui conteste radicalement l'autorit&amp;eacute; de ses parents ne fait par l&amp;agrave; que la confirmer, la conception romantique demeure certainement pour une part encore, sous la loi de la r&amp;egrave;gle qui la pr&amp;eacute;c&amp;egrave;de, mais n&amp;eacute;gativement. Par o&amp;ugrave; il faut comprendre, poser comme principe de ne s'en tenir a aucune loi, c'est encore s'en tenir &amp;agrave; une loi, et cela en revient paradoxalement &amp;agrave; reconduire une complicit&amp;eacute; subreptice, impens&amp;eacute;e, avec l'instance l&amp;eacute;gislative que par ailleurs on pr&amp;eacute;tend consciemment mettre &amp;agrave; mal. Aussi le romantisme, s'il pr&amp;eacute;tend refuser la r&amp;egrave;gle, tombe certainement encore n&amp;eacute;gativement sous le coup de sa loi... &lt;/p&gt;
&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Edit:&lt;/span&gt; Le &lt;a href=&quot;http://julien.educ-envir.org/dc2/index.php/post/2007/01/08/Les-regles-de-lart&quot;&gt;contenu de ce billet est disponible sur un autre blog&lt;/a&gt;, dont j'ai parl&amp;eacute; ici m&amp;ecirc;me il y a quelques temps, dont la &amp;quot;ligne &amp;eacute;ditoriale&amp;quot; est quelque peu diff&amp;eacute;rente de celui-ci (qui justement, est de ne pas en avoir!). Je vous invite grandement &amp;agrave; laisser vos commentaires -aussi- sur cet autre espace, que nous aimerions commencer &amp;agrave; faire vivre, m&amp;ecirc;me s'il est encore en phase &amp;quot;beta&amp;quot;, c'est-&amp;agrave;-dire pas encore techniquement d&amp;eacute;finitivement mis au point (tout est fonctionnel, mais l'habillage risque de changer au cours du temps...). Nous sommes pour l'instant deux contributeurs, et invitons grandement toute personne d&amp;eacute;sirant publier ses textes -dans la mesure o&amp;ugrave; ils correspondent de pr&amp;egrave;s ou de loin au &lt;a href=&quot;http://julien.educ-envir.org/dc2/index.php/post/2006/10/12/Bienvenue&quot;&gt;vague projet&lt;/a&gt; qui meut cet autre blog- &amp;agrave; &lt;a href=&quot;http://julien.educ-envir.org/dc2/index.php/contact&quot;&gt;nous contacter par la page idoine&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le blog en lui m&amp;ecirc;me : &lt;a href=&quot;http://julien.educ-envir.org/dc2/index.php/&quot;&gt;par l&amp;agrave;...&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;- Le contenu du billet pr&amp;eacute;sent : &lt;a href=&quot;http://julien.educ-envir.org/dc2/index.php/post/2007/01/08/Les-regles-de-lart&quot;&gt;par ici...&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Dura lex...</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2006/11/24/78-dura-lex</link>
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    <pubDate>Fri, 24 Nov 2006 17:29:29 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Pyjamamental</dc:creator>
        <category>lois debiles</category>    
    <description>Dans son in&amp;eacute;narrable propension &amp;agrave; rationaliser les rapports des hommes entre eux dans la cit&amp;eacute;, l'ensemble du corpus des lois, &amp;agrave; force d'accumulation, de contingences historiques, et autres complexifications poussi&amp;eacute;reuses des textes, fini forc&amp;eacute;ment par produire &amp;agrave; un moment ou &amp;agrave; un autre des absurdit&amp;eacute;s.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Et puisque nul n'est cens&amp;eacute; ignorer la loi, voici ici regroup&amp;eacute;es quelques unes des lois les plus absurdes en vigueur (ou non), dans les diff&amp;eacute;renst pays o&amp;ugrave; &amp;eacute;tats du globe...    &amp;nbsp;&amp;nbsp; Les anglais, ces gens si d&amp;eacute;licieux, ont l'honneur d'ouvrir le bal. Il faut donc savoir, qu'un membre du Parlement n'a pas le droit d'entrer dans la Chambre des Communes en armure. De m&amp;ecirc;me, un homme peut uriner en public, mais uniquement sur la roue arri&amp;egrave;re d'un v&amp;eacute;hicule motoris&amp;eacute;, sur lequel il aura pr&amp;eacute;alablement pos&amp;eacute; sa main droite. Enfin, une femme n'a pas le droit de manger du chocolat dans les transports publics.&lt;br /&gt;N&amp;eacute;anmoins il ne faudrait pas croire que nous, fran&amp;ccedil;ais, sommes mieux lotis, et nous gausser de nos camarades d'outre-manche, car en effet, il faut savoir qu'il est formellement interdit d'appeler son cochon &amp;quot;Napol&amp;eacute;on&amp;quot;. De plus, le port du pantalon pour une femme est un d&amp;eacute;lit... sauf si cette derni&amp;egrave;re tient par la main un guidon de bicyclette ou les r&amp;ecirc;nes d'un cheval. Il est &amp;eacute;galement de bon ton de savoir que l'on est tenu par la loi d'avoir une botte de foin chez soi au cas ou le roi passerait avec son cheval.     &lt;br /&gt;En Italie, la   profession de charlatan est totalement interdite.     &lt;br /&gt;Voil&amp;agrave; une loi que tout bon citoyen se devrait de d&amp;eacute;fendre ch&amp;egrave;rement et que l'on doit &amp;agrave; la fi&amp;egrave;re nation russe : lors du r&amp;egrave;gne de Pierre le Grand, tout porteur de barbe devait payer une taxe sp&amp;eacute;ciale..     &lt;br /&gt;Attention, prenons ensemble une grande respiration, eeeeeeeeeeet allons y pour les Etats-Unis. &lt;br /&gt;En Alabama, non seulement il est interdit de jouer aux dominos le dimanche, mais encore mettre du sel sur une voie ferr&amp;eacute;e peut &amp;ecirc;tre passible de la peine de mort. De plus, il est formellement interdit de porter une fausse moustache qui puisse causer des rires &amp;agrave; l'&amp;eacute;glise (celle-l&amp;agrave; n'est pas loin du statut d'oeuvre d'art, mais il y en a d'autres...). &lt;br /&gt;En Alaska, il est l&amp;eacute;gal de tuer les ours, mais ill&amp;eacute;gal de les r&amp;eacute;veiller pour les photographier. &lt;br /&gt;En Arizona -b&amp;eacute;ni soit ce pays que des hommes au go&amp;ucirc;t irr&amp;eacute;prochable gouvernent- Il est ill&amp;eacute;gal de porter des bretelles.     &lt;br /&gt;En Caroline du nord, les chevaux sont interdits dans les auberges, sauf s'ils portent un pantalon, et c'est bien compr&amp;eacute;hensible. &lt;br /&gt;En g&amp;eacute;orgie, et on ne peut que comprendre le sage l&amp;eacute;gislateur qui pris cette d&amp;eacute;cision, il est ill&amp;eacute;gal pour un poulet de traverser la route, tandis qu'en Idaho, les boites de bonbons donn&amp;eacute;es en gage d'amour doivent peser plus de 25 livres (12 kg).     &lt;br /&gt;L'illinois qui n'est pas en reste en ce qui concerne la gaudriole, &lt;span style=&quot;font-weight: bold; text-decoration: underline; color: rgb(0, 0, 153);&quot;&gt;&lt;/span&gt;interdit pour les femmes pesant plus de 100 kg de faire du cheval en short, de m&amp;ecirc;me qu'il est ill&amp;eacute;gal de p&amp;ecirc;cher en pyjama. &lt;br /&gt;Dans ce charmant &amp;eacute;tat du Kansas, il est bien &amp;eacute;videmment ill&amp;eacute;gal, grand bien leur en prenne, de lancer un couteau sur les personnes v&amp;ecirc;tues d'un tee-shirt a rayures, &amp;eacute;galement, et cela est bien signe d'une civilisation &amp;eacute;volu&amp;eacute;e, les mauvais traitements inflig&amp;eacute;s &amp;agrave; une belle-m&amp;egrave;re ne peuvent &amp;ecirc;tre retenus comme motif de divorce. &lt;br /&gt;En Louisianne, Il n'est pas consid&amp;eacute;r&amp;eacute; comme agression le fait de mordre quelqu'un. Cela le devient si l'agresseur porte de fausses dents (et c'est bien normal). &lt;br /&gt;Si pour je ne sais quelle obscure raison vous vous rendez dans le Minesota, sachez que si vous &amp;ecirc;tes une femme, vous risquez jusqu'&amp;agrave; 30 jours de prison si vous vous d&amp;eacute;guisez en P&amp;egrave;re No&amp;euml;l. Si vous &amp;ecirc;tes un homme, et habitant de Brainerd vous &amp;ecirc;tes l&amp;eacute;galement tenu de porter la &lt;a href=&quot;http://www.worldbeardchampionships.com/&quot;&gt;barbe&lt;/a&gt;.     &lt;br /&gt;Le Missouri me semble &amp;ecirc;tre l'un des &amp;eacute;tats les plus cons&amp;eacute;quents en mati&amp;egrave;re de loi, voyez &lt;a href=&quot;http://disney.go.com/vault/archives/characterstandard/images/pluto_portrait.jpg&quot;&gt;pluto&lt;/a&gt; (-haaa t'as fait une faute d'orthographe, &amp;ccedil;a s'&amp;eacute;crit pas comme &amp;ccedil;a...) : A Kansas City, cette douce ville dont le nom r&amp;eacute;sonne comme un charme aux oreilles du fan de western, il est ill&amp;eacute;gal de vendre de faux revolvers aux enfants, mais ils peuvent acheter des vrais. Ici, &amp;ecirc;tre saoul est reconnu comme un droit inali&amp;eacute;nable (God bless America).      &lt;br /&gt;Je ne sais pas si c'est le froid qui agit un peu trop, mais l'&amp;eacute;tat du Nebraska a r&amp;eacute;ussi &amp;agrave; me faire tirer une larme, par le truchement d'une paire de lois pas piqu&amp;eacute;es des plus truculantes jusqu'&amp;agrave; l'oeil d'une cordre &amp;agrave; son arc, ainsi, &amp;agrave; Waterloo, les coiffeurs n'ont pas le droit de manger d'oignons entre 7h et 19h.     Mais ce n'est pas tout -&amp;agrave; croire que la pilosit&amp;eacute; est la grande muse inspiratrice du l&amp;eacute;gislateur-, &amp;agrave; Omaha, les coiffeurs n'ont pas le droit de raser la poitrine de leurs clients.     Et c'est l&amp;agrave; encore bien compr&amp;eacute;hensible. Preuve, s'il en fallait, de l'extr&amp;ecirc;me circonspection du nebrask&amp;eacute;ens (non, ce mot n'existe pas, oui je fais ce que je veux), les parents d'un enfant ayant rot&amp;eacute; &amp;agrave; l'&amp;eacute;glise peuvent &amp;ecirc;tre arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;s. Egalement, il est ill&amp;eacute;gal de vendre de la bi&amp;egrave;re sans avoir une marmite de soupe en train de cuire (autant des fois, on se dit qu'il devait bien y avoir une raison, f&amp;ucirc;t-elle historique et contingente, mais l&amp;agrave; vraiment, non, je ne vois pas...). A Eureka, les &lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?2005/05/14/22-trois-essais-pour-une-tentative-d-explication-sur-le-role-de-la-moustache-dans-la-pensee-des-grands-hommes&quot;&gt;moustachus&lt;/a&gt;, d&amp;eacute;cid&amp;eacute;ment, sont interdits de baiser (non, pas le verbe)&lt;br /&gt;Dans les rues de New York, et l&amp;agrave; je dis bravo, il est ill&amp;eacute;gal pour un homme de poser ses pouces sur son nez et en m&amp;ecirc;me temps de remuer les doigts. Vous pouvez traverser en dehors des passages clout&amp;eacute;s, mais pas en diagonale.     &lt;br /&gt;En Ohio, il est d'une part ill&amp;eacute;gal de vendre des corn-flakes le dimanche, mais d'autre part, &amp;agrave; Youngstone, il est ill&amp;eacute;gal de tomber en panne d'essence. Il vous faut un permis de chasse pour attraper des souris. Les animaux qui sortent seuls dans la rue, apr&amp;egrave;s le coucher du soleil, doivent obligatoirement porter un feu rouge fixe &amp;agrave; l'arri&amp;egrave;re.&lt;br /&gt;En Oklahoma, il est interdit de faire des grimaces &amp;agrave; un chien sous peine de prison.     &lt;br /&gt;Dans l'&amp;eacute;tat portant le doux nom de Pensylvannie, tout automobiliste voyant un groupe de cavaliers le rattrapant doit garer son v&amp;eacute;hicule, le dissimuler avec un tissu de la couleur du paysage et laisser passer les chevaux. Si les chevaux ren&amp;acirc;clent, il doit d&amp;eacute;monter son v&amp;eacute;hicule et le cacher dans les buissons, parce que faut pas d&amp;eacute;conner non plus.&lt;br /&gt;Dans le &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;on a tous quelque chose en nous de&lt;/span&gt; Tenessee, il est ill&amp;eacute;gal de p&amp;ecirc;cher au lasso. Comme est ill&amp;eacute;gal pour une femme de donner rendez-vous &amp;agrave; un homme.     Enfin, et l&amp;agrave; je ne peux qu'applaudir, il est ill&amp;eacute;gal pour une femme de conduire un v&amp;eacute;hicule &amp;agrave; moteur, sans &amp;ecirc;tre pr&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute;e d'un homme &amp;agrave; pied agitant un drapeau rouge pour avertir de son approche.&lt;br /&gt;Au texas, &amp;agrave; Mesquite, Patelin dont on devrait plus sovent s'inspirer en mati&amp;egrave;re de bon go&amp;ucirc;t, il est ill&amp;eacute;gal pour les enfants d'avoir d'&amp;eacute;tranges coupes de cheveux.     &lt;br /&gt;Dans le Vermont, les femmes ne peuvent porter de fausses dents sans autorisation &amp;eacute;crite de leur mari. Egalement, il est ill&amp;eacute;gal de nier l'existence de Dieu, comme de siffler sous l'eau.     &lt;br /&gt;       En Virginie, la corruption du jury a un concours est ill&amp;eacute;gale si elle n'est pas l'&amp;oelig;uvre d'un candidat. Tandis qu'&amp;agrave; Lebanon, il est ill&amp;eacute;gal de sortir sa femme du lit &amp;agrave; coup de pieds.     &lt;br /&gt;Dans l'&amp;eacute;tat de West-Virginie, il est ill&amp;eacute;gal de renifler dans le train.     &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Voil&amp;agrave; pour le petit topo, sachez que tout cela est vrai -bien que pour le plupart ces lois ne sont plus appliqu&amp;eacute;es, bien que toujours en vigueur-, v&amp;eacute;rifi&amp;eacute; apr&amp;egrave;s des heures de recherches de ma part, &amp;agrave; compulser dans de vieilles biblioth&amp;egrave;ques de droits poussi&amp;eacute;reuses et s&amp;eacute;culaires, des textes rest&amp;eacute;s cach&amp;eacute;s, tout cela rien que pour vous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 0.8em;&quot;&gt;(Bon, non, ok, en fait j'ai tout pomp&amp;eacute; sur &lt;a href=&quot;http://www.dso-news.info/LE-BeTISIER-DES-LOIS-LES-PLUS-COCASSES-_a1127.html?voir_commentaire=oui&quot;&gt;ce site&lt;/a&gt;, mais l&amp;agrave; n'est pas la question...)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;        &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Oz</title>
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    <pubDate>Sun, 08 Oct 2006 22:31:26 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Pyjamamental</dc:creator>
        <category>General</category>
        <category>Oz</category><category>prison</category><category>série</category>    
    <description>&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pour le lecteur non averti, il eut &amp;eacute;t&amp;eacute; possible de penser qu'avec un tel titre, ce billet invoqua le magicien &amp;eacute;ponyme, ou bien encore -pench&amp;eacute; uniquement sur la sonorit&amp;eacute;- que son contenu &amp;eacute;voqua quelque exhortation &amp;agrave; l'impudeur... Point de r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence &amp;agrave; l'ensorceleur ici, pas plus que d'invitation &amp;agrave; l'ind&amp;eacute;cence, te dis-je ami lecteur, mais bien plut&amp;ocirc;t une petite pr&amp;eacute;sentation de l'excellente s&amp;eacute;rie qui porte ce nom. Elle date certes un peu, mais reste furieusement contemporaine. C'est &amp;agrave; cela que l'on discerne les oeuvres de grandeur : la patine du temps glisse sur elles comme papa dans maman -comme le disait mon grand p&amp;egrave;re... &lt;br /&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/Oz/oz01.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Commen&amp;ccedil;ons donc par le commencement : Oz&amp;nbsp; est une s&amp;eacute;rie qui a vu le jour sur la cha&amp;icirc;ne HBO, connue pour la qualit&amp;eacute; des s&amp;eacute;ries qu'elle diffusa. A elle seule elle eut la primeur de &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Sex and the City, Six feet Under, Band of Brothers, The Sopranos&lt;/span&gt;. Oui, &amp;ccedil;a fait plaisir. L&amp;agrave; o&amp;ugrave; un feuilleton classique nous balance avec force de clich&amp;eacute;s le rapport homme - femme (amoureux, social, professionnel etc...), ce qui frappe au premier abord c'est que la s&amp;eacute;rie d&amp;eacute;peint le quotidien plut&amp;ocirc;t violent d'hommes dont le point commun est d'&amp;ecirc;tre enferm&amp;eacute; dans un lieu clos : emerald city, prison exp&amp;eacute;rimentale au coeur du p&amp;eacute;nitencier d'Oswald. Ambiance ultra-masculine, ultra-violente, o&amp;ugrave; les rapport ne sont encore et toujours que de force. Homosexualit&amp;eacute; omnipr&amp;eacute;sente, brutalit&amp;eacute; qui r&amp;egrave;gle toute forme de relation, la s&amp;eacute;rie poss&amp;egrave;de le petit cryptogramme rouge : interdit au moins de 18 ans (&amp;agrave; moins que &amp;ccedil;a ne soit 16...). Ambiance.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Malgr&amp;eacute; son titre &amp;eacute;voquant le film musical, Oz n'a donc rien d'un conte de f&amp;eacute;e. La redoutable prison d'Oswald aux &amp;Eacute;tats-Unis est une maison d'arr&amp;ecirc;t imaginaire sous haute surveillance. La zone exp&amp;eacute;rimentale de la prison, Emerald City, ainsi surnomm&amp;eacute;e en raison de ses murs de verre, accueille les pires criminels du pays pour tenter de les r&amp;eacute;ins&amp;eacute;rer. Cette cellule est dirig&amp;eacute;e par Tim McManus, un psychologue qui tente de redonner &amp;agrave; des hommes extr&amp;ecirc;mement violents, sans peur ni remords, le sens du respect mutuel. Le directeur de la prison, Leo Glynn, n'est pas favorable &amp;agrave; cette exp&amp;eacute;rience, car elle s'av&amp;egrave;re plus que d&amp;eacute;licate : McManus s&amp;eacute;lectionne en effet les prisonniers les plus durs pour vivre dans sa &amp;laquo;cit&amp;eacute; d'&amp;eacute;meraude&amp;raquo;, et cela cr&amp;eacute;e des situations plus qu'explosives.&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline; font-weight: bold;&quot;&gt;Augustus Hill&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;img align=&quot;left&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/Oz/HaroldPerrineau.jpg&quot; /&gt; Chaque &amp;eacute;pisode se d&amp;eacute;roule selon une structure similaire, s'ouvrant sur un discours d'Augustus Hill, prisonnier handicap&amp;eacute; en fauteuil roulant, &amp;agrave; qui &amp;eacute;choit la fonction de narrateur, d&amp;eacute;ployant des r&amp;eacute;flexions qui semblent &amp;agrave; premi&amp;egrave;re vue &amp;eacute;loign&amp;eacute;es du milieu carc&amp;eacute;ral, mais qui se r&amp;eacute;v&amp;egrave;lent finalement all&amp;eacute;goriques des &amp;eacute;v&amp;egrave;nements se d&amp;eacute;roulant dans l'&amp;eacute;pisode. Dispositif rarrisime &amp;agrave; la t&amp;eacute;l&amp;eacute;vision, plut&amp;ocirc;t rare au cin&amp;eacute;ma, la pr&amp;eacute;sence de ce narrateur mi-sarcastique mi-th&amp;eacute;oricien fait entrer de plain-pied dans le sujet, paradoxalement en mettant &amp;agrave; distance le spectateur. Les apparitions de Hill en tant que narrateur, surgissant tout au cours de l'&amp;eacute;pisode dans des situations o&amp;ugrave; il est toujours encadr&amp;eacute; (la figure du &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;cube &lt;/span&gt;est omnipr&amp;eacute;sente), placent d'embl&amp;eacute;e le discours de la s&amp;eacute;rie dans un cadre plut&amp;ocirc;t abstrait. A bien des &amp;eacute;gards, la pr&amp;eacute;sence de ce narrateur donne une dimension tr&amp;egrave;s th&amp;eacute;orique au discours de la s&amp;eacute;rie. Semblable au coryph&amp;eacute;e de la trag&amp;eacute;die grecque, Augustus Hill m&amp;eacute;nage une forme de repos dans l'action, invite &amp;agrave; une r&amp;eacute;flexion de port&amp;eacute;e plus g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale. L&amp;agrave; o&amp;ugrave; le coeur de la trag&amp;eacute;die grecque invoque la religion ou la mythologie, le narrateur en appelle ici &amp;agrave; des sources historiques ou sociologiques. Motif de la fatalit&amp;eacute;, celui de la folie lucide, autant de th&amp;egrave;mes tragiques dont Oz fait son lit...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;factions&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au sein d'Emerald City, ainsi nomm&amp;eacute;e car structur&amp;eacute;e par des murs de verre transparent -la transparence radicale est le fantasme de toute soci&amp;eacute;t&amp;eacute; r&amp;eacute;pressive-, les prisonniers vivent dans une forme d'auto-gestion. Ils participent aux t&amp;acirc;ches m&amp;eacute;nag&amp;egrave;res de tous les jours, cantine, &amp;eacute;cole, ou biblioth&amp;egrave;que. Leur temps ne se passe donc pas enferm&amp;eacute; dans une cellule, mais selon une sorte de semi-libert&amp;eacute;, confin&amp;eacute;e dans un espace commun. Em City a pour but de favoriser leur r&amp;eacute;insertion en leur laissant une grande libert&amp;eacute; de mouvement, ceci afin de leur r&amp;eacute;apprendre la vie en soci&amp;eacute;t&amp;eacute; par les interactions avec les autres prisonniers, en leur confiant des responsabilit&amp;eacute;s. Le soir, les d&amp;eacute;tenus regagnent leurs cellules ne comportant aucun barreau, constitu&amp;eacute;es de cloisons de verre et surplomb&amp;eacute;es de cam&amp;eacute;ras...&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Point de h&amp;eacute;ros central ici, salutaire exception l&amp;agrave; encore &amp;agrave; la r&amp;egrave;gle des s&amp;eacute;ries en s&amp;eacute;ries, mais diff&amp;eacute;rentes factions, avec leurs repr&amp;eacute;sentants respectifs, se croisant selon des r&amp;eacute;cits multiples au sein d'un m&amp;ecirc;me &amp;eacute;pisode. L&amp;agrave; o&amp;ugrave; les s&amp;eacute;ries habituelles nous avaient acoutum&amp;eacute;s au clich&amp;eacute; du personnage bien d&amp;eacute;fini, Oz multiplie et complexifie ce mod&amp;egrave;le pour donner un aper&amp;ccedil;u cryptique et anti-caricatural des diff&amp;eacute;rents rapports de force innervant la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; contemporaine. Les diff&amp;eacute;rents personnages de la s&amp;eacute;rie se regroupent ainsi selon leurs croyances ou leurs origines &amp;eacute;thniques en diff&amp;eacute;rents clans&amp;nbsp;:
&lt;ul&gt;
    &lt;li&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;les aryens&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: racistes, antis&amp;eacute;mites et d&amp;eacute;fenseur de la &amp;quot;supr&amp;eacute;matie de la race blanche&amp;quot;, ils sont principalement dirig&amp;eacute;s par Vernon Schillinger. Ils pratiquent couramment les viols, r&amp;eacute;duisant &amp;agrave; l'&amp;eacute;tat d'esclave sexuel les nouveaux d&amp;eacute;tenus blancs les plus faibles et sont responsables de nombreux meurtres, souvent sadiques. Ils sont oppos&amp;eacute;s au trafic de drogue.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;les chr&amp;eacute;tiens&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: compos&amp;eacute;s principalement de blancs, ce groupe organise des s&amp;eacute;ances de lecture de la Bible et des messes. Leur non-violence et leur refus de tout trafic les rend peu influents, sauf lors de l'arriv&amp;eacute;e du charismatique &lt;span class=&quot;new&quot;&gt;r&amp;eacute;v&amp;eacute;rend&lt;/span&gt; Jeremiah Cloutier.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;les afro-Am&amp;eacute;ricains&amp;nbsp;: dirig&amp;eacute; par Simon Adebisi et ensuite Burr Redding, ce groupe g&amp;egrave;re une partie du trafic de drogue au sein d'Oz. Plusieurs de leurs membres ont de s&amp;eacute;rieux probl&amp;egrave;mes de d&amp;eacute;pendance.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;les homosexuels&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: compos&amp;eacute;s d'homosexuels ou d'hommes ayant &amp;eacute;t&amp;eacute; contraints &amp;agrave; la servitude sexuel. Ce groupe est peu influent, sauf vers la fin de la s&amp;eacute;rie avec l'arriv&amp;eacute;e de Torquameda.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;les irlandais&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: il est difficile de parler de v&amp;eacute;ritable groupe &amp;agrave; leur propos car le seul personnage irlandais r&amp;eacute;current est Ryan O'Reilly, plus tard rejoint par son fr&amp;ecirc;re Cyril, d'autres prisonniers irlandais apparaissant de mani&amp;egrave;re &amp;eacute;pisodique. Gr&amp;acirc;ce &amp;agrave; son g&amp;eacute;nie de la manipulation, Ryan O'Reilly parvient toutefois &amp;agrave; exercer une grande influence indirecte en passant des alliances avec d'autres groupes et en les montant les uns contre les autres.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;les italiens&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: compos&amp;eacute; de membres de la mafia italo-am&amp;eacute;ricaine, il est dirig&amp;eacute; successivement par Nino Schibetta, Antonio Nappa et Chucky Pancamo. C'est un groupe tr&amp;egrave;s influent, surtout dans le trafic de drogue.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;les latinos&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: tr&amp;egrave;s influents et violents (surtout sous la direction de Raoul &amp;quot;El Cid&amp;quot; Hernandez), les latinos ont une part tr&amp;egrave;s importante dans le trafic de drogue. Ils &amp;quot;travailleront&amp;quot; avec les italiens &amp;agrave; l'arriv&amp;eacute; de Enrique Morales.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;les motards&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: proches des aryens, ils sont reconnaissables &amp;agrave; leur nombreux tatouages.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;les musulmans noirs&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: dirig&amp;eacute;s principalement par Kareem Said, ils sont oppos&amp;eacute;s &amp;agrave; la drogue et &amp;agrave; l'homosexualit&amp;eacute;. Ce sont des nationalistes noirs, luttant contre un syst&amp;egrave;me qu'ils jugent oppressif contre la minorit&amp;eacute; noire. A ce titre, ils sont r&amp;eacute;guli&amp;egrave;rement en conflit avec de nombreux autres groupes, notamment les aryens, les motards et les criminels noirs (dont certains se convertiront &amp;agrave; l'Islam).&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;et enfin &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;les &amp;quot;autres&amp;quot;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: ce n'est pas v&amp;eacute;ritablement un groupe, mais plut&amp;ocirc;t des prisonniers qui ne se sentent proche d'aucun autre clan. Des d&amp;eacute;tenus aussi diff&amp;eacute;rents que Tobias Beecher, Chris Keller, Augustus Hill, Agamemnon Busmalis, Robert Rebadow ou encore Omar White en font partie.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;span style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;span style=&quot;font-weight: bold; color: rgb(0, 0, 0);&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Surveiller. Punir. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;A l'oppos&amp;eacute; de nombreuses s&amp;eacute;rie t&amp;eacute;l&amp;eacute;vis&amp;eacute;es et de leur univers idyllique, Oz nous entra&amp;icirc;ne donc au coeur de la violence du milieu carc&amp;eacute;ral. Tous les sujets sont abord&amp;eacute;s, sans aucune complaisance, &amp;agrave; des lieux de s&amp;eacute;ries comme &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;prison break &lt;/span&gt;(M6 avait diffus&amp;eacute; le pilote de Oz, et uniquement lui, jug&amp;eacute; trop violent pour &amp;ecirc;tre mis devant les yeux de nos chez t&amp;ecirc;tes blondes...). Monde clos o&amp;ugrave; se chiffre la complexit&amp;eacute; du monde &amp;quot;ouvert&amp;quot;, le monde d'Oz poss&amp;egrave;de ses tensions, ses crises, son march&amp;eacute; et ses r&amp;egrave;gles. Mais en raison de l'espace restreint, tout y est plus violent et plus intense. Par le microcosme que repr&amp;eacute;sente la prison, elle est tout &amp;agrave; la fois une description formidablement audacieuse de la culture de la violence de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; am&amp;eacute;ricaine, une interrogation sur la foi, sur la place de Dieu dans une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; sans loi, et une r&amp;eacute;flexion sur l'amiti&amp;eacute; et la loyaut&amp;eacute; entre hommes.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La configuration de la prison, quasi-circulaire, avec la plate forme centrale sur laquelle se tiennent les surveillants, les murs de verre, tout cela n'est pas sans &amp;eacute;voquer le panopticon de Bentham dont parle Michel Foucault dans &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Surveiller et Punir&lt;/span&gt;, Panopticon dont la fonction &amp;eacute;tait de permettre de voir tous les d&amp;eacute;tenus &amp;agrave; partir d'un seul endroit. &lt;br /&gt;On discerne de m&amp;ecirc;me, dans l'id&amp;eacute;alisme de Mc Manus, la dimension utopique inh&amp;eacute;rente &amp;agrave; ce type de projet, que rappelle le philosophe : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&amp;quot;Parmis toutes les raisons du prestige qui fut accord&amp;eacute;, dans la seconde moiti&amp;eacute; du XVIII&amp;egrave;me si&amp;egrave;cle, aux architectures circulaires, il faut sans doute compter celle-ci : elles exprimaient une certaine utopie politique&amp;quot;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman, Times, serif&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;Cette dimension utopique, dans toute son ambigu&amp;iuml;t&amp;eacute;, est &amp;eacute;galement symbolis&amp;eacute;e par l'auto-gestion en cours &amp;agrave; Emerald City. Ce sont les prisonniers qui font &amp;agrave; manger, le m&amp;eacute;nage, les cours, etc, oarganisation n&amp;eacute;cessitant une discipline,  caract&amp;eacute;ris&amp;eacute;e et stigmatis&amp;eacute;e comme &amp;quot;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;routine&lt;/span&gt;&amp;quot;, &amp;agrave; la base de tout syst&amp;egrave;me coercitif. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&amp;quot;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;La discipline fabrique ainsi des corps soumis et exerc&amp;eacute;s, des corps &amp;quot;dociles&amp;quot;. La discipline majore les forces du corps (en termes &amp;eacute;conomiques d&amp;rsquo;utilit&amp;eacute;) et diminue ces m&amp;ecirc;mes forces (en termes politiques d&amp;rsquo;ob&amp;eacute;issance). D&amp;rsquo;un mot, elle dissocie le pouvoir du corps ; elle en fait d&amp;rsquo;une part une &amp;quot;aptitude&amp;quot;, une &amp;quot;capacit&amp;eacute;&amp;quot; qu&amp;rsquo;elle cherche &amp;agrave; augmenter ; et elle inverse d&amp;rsquo;autre part l&amp;rsquo;&amp;eacute;nergie, la puissance qui pourrait en r&amp;eacute;sulter, et elle en fait un rapport de suj&amp;eacute;tion stricte. Si l&amp;rsquo;exploitation &amp;eacute;conomique s&amp;eacute;pare la force et le produit du travail, disons que la coercition disciplinaire &amp;eacute;tablit dans le corps le lien contraignant entre une aptitude major&amp;eacute;e et une domination accrue&lt;/span&gt;.&amp;quot;&lt;/blockquote&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/Oz/oz.gif&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Belle s&amp;eacute;rie donc, la plus profonde qu'il m'ait &amp;eacute;t&amp;eacute; donn&amp;eacute; de voir personnellement. Ici, aucun personnage n'est jamais perdu de vue, le r&amp;eacute;sultat est toujours d'une force et d'une fluidit&amp;eacute; &amp;eacute;tonnante, lors m&amp;ecirc;me que les histoires racont&amp;eacute;es sont nombreuses, le spectateur n'a jamais aucune difficult&amp;eacute; &amp;agrave; se rep&amp;eacute;rer et &amp;agrave; suivre les r&amp;eacute;cits emm&amp;eacute;l&amp;eacute;s. Cette construction sophistiqu&amp;eacute;e, qui affiche un extraordinaire respect pour le spectateur, et la rigueur du propos artistique, politique, et &amp;eacute;thique, expliquent que l'on soit tout &amp;agrave; la fois choqu&amp;eacute;, intrigu&amp;eacute; et touch&amp;eacute; par Oz. Cette s&amp;eacute;rie hors cadre se d&amp;eacute;guste comme un coup de poing au ventre, qui met une all&amp;eacute;gorie dans la gueule, de laquelle on ressort souvent K.O.. Sans jamais &amp;ecirc;tre complaisante, ni avec le spectateur, ni avec les sujets pourtant casse-gueule qui y sont trait&amp;eacute;s, Oz ose, si je puis dire. All&amp;eacute;gorique, le propos l'est assur&amp;eacute;ment, et parle avec force du monde-prison qui est parfois -souvent- le n&amp;ocirc;tre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Edit :&lt;/span&gt; Voyez le tr&amp;egrave;s &amp;eacute;clairant article de &lt;a href=&quot;http://tentative1.blogspot.com/2006/11/oz-une-srie-conservatrice.html&quot;&gt;clic&lt;/a&gt;, qui propose une analyse de la mani&amp;egrave;re dont la violence est repr&amp;eacute;sent&amp;eacute;e dans Oz. Si mon article tendait &amp;agrave; souligner le caract&amp;egrave;re subversif de la forme m&amp;ecirc;me de la s&amp;eacute;rie -et de mani&amp;egrave;re plus g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale &amp;agrave; simplement pr&amp;eacute;senter la s&amp;eacute;rie-, celui de clic montre tr&amp;egrave;s bien, et certainement de mani&amp;egrave;re bien plus convaincante, la fa&amp;ccedil;on dont se d&amp;eacute;veloppe de mani&amp;egrave;re sous-jacente une r&amp;eacute;thorique plut&amp;ocirc;t r&amp;eacute;actionnaire dans son traitement de la violence. Comme je le disais dans l'un des commentaires, il est possible que les deux points de vue ne soient pas inconciliables, dans la mesure o&amp;ugrave; on peut estimer que d'un c&amp;ocirc;t&amp;eacute; le traitement de la violence lui-m&amp;ecirc;me s'av&amp;egrave;re plut&amp;ocirc;t conservateur -en ne jouant qu'avec les repr&amp;eacute;sentations communes de celles-ci, essentiellement fantasmatiques-, mais que d'autre part Oz renouvelle en profondeur le genre &amp;quot;s&amp;eacute;rie&amp;quot;, en redistribuant les cartes de ce que le feuilleton nous avait habitu&amp;eacute; &amp;agrave; voir...&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman, Times, serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Ressources&lt;/span&gt; : &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
&lt;ul&gt;
    &lt;li&gt;Un tr&amp;egrave;s int&amp;eacute;ressant &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2002/05/WINCKLER/16410&quot;&gt;article du monde diplomatique&lt;/a&gt; sur Oz...&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;Quelques &lt;a href=&quot;http://jeanmix.free.fr/oz/analyse.htm&quot;&gt;analyses d'un site de fan&lt;/a&gt; ma foi fort int&amp;eacute;ressant... &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;L'&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Oz_%28s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e%29&quot;&gt;article correspondant&lt;/a&gt; sur Wikip&amp;eacute;dia...&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;Le &lt;a href=&quot;http://www.hbo.com/oz/&quot;&gt;site officiel&lt;/a&gt;...&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;L'article de &lt;a href=&quot;http://tentative1.blogspot.com/2006/11/oz-une-srie-conservatrice.html&quot;&gt;clic&lt;/a&gt;, ou comment la s&amp;eacute;rie d&amp;eacute;veloppe un discours plut&amp;ocirc;t conservateur eu &amp;eacute;gard &amp;agrave; la violence...&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Caaacaaa (2)</title>
    <link>http://jabberwock.fr/index.php?post/2006/08/09/76-caaacaaa-2</link>
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    <pubDate>Wed, 09 Aug 2006 01:02:08 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Pyjamamental</dc:creator>
        <category>General</category>
            
    <description>&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il y a des entit&amp;eacute;s &amp;eacute;tranges, qui peuvent prendre diff&amp;eacute;rentes formes, produire en celui qui est &amp;agrave; leur contact d'inqui&amp;eacute;tantes sensations... Mais peu d'entre elles arrivent &amp;agrave; la hauteur de celle qui, homonyme du crochet avec lequel la &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;belle au bois dormant&lt;/span&gt; s'ensommeille, ou bien encore de celui &amp;agrave; qui l'on accole parfois le mot &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;horaire&lt;/span&gt;, usurpe leur nom l&amp;eacute;gitime. Ami, tu l'auras compris, je parle ici de l'ignoble, de l'abject et r&amp;eacute;pugant &lt;span style=&quot;font-weight: bold; text-decoration: underline;&quot;&gt;fuseau&lt;/span&gt;...    &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Car en v&amp;eacute;rit&amp;eacute; je vous le dis, il fallait bien que quelqu'un s'&amp;eacute;l&amp;egrave;ve contre le mauvais go&amp;ucirc;t criminel qui porta un jour les fabriquants de v&amp;ecirc;tements &amp;agrave; conceptualiser dans leur cerveau malade et h&amp;eacute;r&amp;eacute;tique pareille aberration... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais avant de commencer cet indispensable expos&amp;eacute;, et ceci tout sp&amp;eacute;cialement pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, ou bien encore qui ne connaisssent pas l'ignominie en question, voici un petit croquis fort &amp;agrave; propos (oui, j'ai de l'avenir dans le dessin, merci) :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;en 1. - nous avons le pantalon de l'honn&amp;ecirc;te homme du XXI&amp;egrave; si&amp;egrave;cle&lt;br /&gt;en 2. - le fuseau...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://jabberwock.fr/public/images/fuseau/normal.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Que nous soyons ainsi bien compris : il ne s'agit pas ici de critiquer le fier pantalon que les skieurs d&amp;eacute;valant les piste appellent noblement du m&amp;ecirc;me nom, mais bien du fuseau apparu pour moi dans les ann&amp;eacute;es 80 (&amp;eacute;poque b&amp;eacute;nie de riches trouvailles) port&amp;eacute; le plus souvent par les danseuses et danseurs... L&amp;agrave; o&amp;ugrave; un pantalon bien de chez nous &amp;eacute;pouse le corps de son porteur jusqu'&amp;agrave; l'endroit r&amp;eacute;glementaire de la fin de la jambe, l&amp;agrave; o&amp;ugrave; l'honorable futal s'arr&amp;ecirc;te comme qui de droit &amp;agrave; la naissance du pied, et bien le fuseau lui, n'en faisant qu'&amp;agrave; sa t&amp;ecirc;te continue jusqu'au dessous par un fine lamelle de tissu, et non content de s'arr&amp;ecirc;ter l&amp;agrave; ,l'impertinent, poursuit jusque de l'autre c&amp;ocirc;t&amp;eacute; dudit pied... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je dois bien vous l'avouer, il y a dans cette excroissance de ruban quelque chose d'aberrant, de contre-nature, d'anormalement erron&amp;eacute;...&amp;nbsp; Il y a dans&amp;nbsp; cette absurde protub&amp;eacute;rance un je-ne-sais-quoi d'&amp;eacute;nigmatique et de baroque, une saveur ind&amp;eacute;finissable confinant &amp;agrave; ce qu'un psychanalyste appelerait &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;inqui&amp;eacute;tante &amp;eacute;tranget&amp;eacute;&lt;/span&gt;. Ce trop-plein d'&amp;eacute;toffe tout &amp;agrave; fait d&amp;eacute;raisonnable, cette tubercule dans la continuit&amp;eacute; de l'habit donne &amp;agrave; l'ensemble de l'accoutrement un air ridicule et d&amp;eacute;plac&amp;eacute;. Comme si sans cette pro&amp;eacute;minence de textile le porteur risquait de s'envoler par le haut, comme si l'attraction terrestre fonctionnant &amp;agrave; l'inverse, il &amp;eacute;tait indispensable d'en prot&amp;eacute;ger l'habill&amp;eacute; afin qu'il ne tomba pas subitement de son v&amp;ecirc;tement vers le ciel! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C'est bien simple, le fuseau, en plus d'aller &amp;agrave; l'encontre de toutes les r&amp;egrave;gles de la physique qui r&amp;eacute;gissent notre monde (Dieu les pr&amp;eacute;serve), est &amp;eacute;galement un manquement sc&amp;eacute;l&amp;eacute;rat &amp;agrave; la biens&amp;eacute;ance et l'&amp;eacute;l&amp;eacute;gance les plus &amp;eacute;videntes. La ceinture, voil&amp;agrave; un outil fort &amp;agrave; propos! voil&amp;agrave; un instrument d&amp;eacute;cent et convenable, qui confirmant la r&amp;eacute;gularit&amp;eacute; du monde, demeure dans l'ordre des choses. Les bretelles, belle invention, servent &amp;eacute;galement &amp;agrave; ne pas que l'habit ne descende impromptument, mettant &amp;agrave; nu son porteur! Mais le fuseau, haaaaaaaaa, le fuseau lui, m&amp;ocirc;sieur, il n'en fait qu'&amp;agrave; sa t&amp;ecirc;te, en d&amp;eacute;pit de la d&amp;eacute;licatesse polie et pr&amp;eacute;sentable qu'il conviendrait d'arborer, lui, non, il emp&amp;ecirc;che que le pantalon ne re-mon-te! haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa le faquin, le b&amp;ecirc;litre, le maraud, il faut qu'il se fasse remarquer : non, le pantalon n'ira pas vers le haut, qu'on se le dise... Le pantalon, ce qu'il faudrait, c'est l'emp&amp;ecirc;cher de descendre, mais non, nous, fuseaux, qui valons mieux que tout le monde, nous permettons de mettre sens dessus-dessous le savoir-vivre le plus rudimentaire, en interdisant &amp;agrave; la d&amp;eacute;froque d'aller vers le sommet! Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa le vaurien, le pendard, la grossi&amp;egrave;re canaille, je l'abhorre et le honnis dans un m&amp;ecirc;me mouvement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je propose, pour pallier &amp;agrave; cette incongruit&amp;eacute; n&amp;eacute;faste, de pers&amp;eacute;cuter jusqu'&amp;agrave; l'abjuration tout fuseau et porteur de fuseau, que de la limaille leur soit faite aval&amp;eacute;e par le nez, et que l'on &amp;eacute;cartelle et strangule l'un &amp;agrave; l'aide de l'autre... Amen&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;N. B. : ce billet &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;n'&lt;/span&gt;a &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;pas&lt;/span&gt; &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;eacute;crit sous l'emprise d'un&amp;nbsp; psychotrope&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt; d'une quelconque sorte, &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;ni ne&lt;/span&gt; rel&amp;egrave;ve d'&lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;auc&lt;/span&gt;une pathologie psychiatrique...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Bienvenue dans la vie.com...</title>
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    <pubDate>Fri, 28 Jul 2006 16:00:45 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Pyjamamental</dc:creator>
        <category>General</category>
        <category>DADvSI</category>    
    <description>&amp;nbsp;&amp;nbsp; Sur la loi DADVSI... Outch, j'ai mal &amp;agrave; mon fondement... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Amis des libert&amp;eacute;s informatiques, des logiciels libres, du t&amp;eacute;l&amp;eacute;chargement l&amp;eacute;gal par p2p, vous qui aimez &amp;eacute;couter des mp3 achet&amp;eacute;s l&amp;eacute;galement sur votre ipod, vous qui aimez regarder des dvd sous linux, ripper vos cds sur votre ordinateur, &amp;agrave; partir de ce week-end, vous &amp;ecirc;tes dans l'ill&amp;eacute;galit&amp;eacute; et passible de 300 000 &amp;euro; d'amende et de 3 ans de prison...    &lt;div style=&quot;text-align: justify; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Apr&amp;egrave;s l'&amp;eacute;pisode &lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?2006/05/25/59-temp&quot;&gt;Mysongbook&lt;/a&gt;, le projet de loi DADVSI -Droits d'Auteurs et Droits Voisins dans la Soci&amp;eacute;t&amp;eacute; de l'Information- vient d'&amp;ecirc;tre ent&amp;eacute;rin&amp;eacute; par l'assembl&amp;eacute;e de sages du Conseil constitutionnel (le &amp;quot;concon&amp;quot;, comme on l'appelle entre amis)... Si le monde l'informatique dans son ensemble est fortement au courant de cette loi et de ses m&amp;eacute;faits (quant &amp;agrave; la libert&amp;eacute; sur internet, quand &amp;agrave; la notion de gratuit&amp;eacute; l&amp;eacute;gale, etc) -jetez donc un oeil sur gougle en tapant DADVSI...-, le moins que l'on puisse dire c'est que les m&amp;eacute;dias traditionnels font la compl&amp;egrave;te impasse sur le sujet...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pour rappel, cette loi qui passe de conseils en appels depuis d&amp;eacute;j&amp;agrave; un sacr&amp;eacute; bout de temps, et qui vient finalement de voir s'achever sa phase finale devant le conseil, a pour objectif de p&amp;eacute;naliser le contournement de mesures techniques de protection des oeuvres num&amp;eacute;riques. Chemin de croix de Donnedieu de Vabres, notre sinistre de la culture, et appuy&amp;eacute;e &amp;agrave; coups de massue par Vivendi-Universal &amp;agrave; grand renfort de lobbyisme, cette loi visant &amp;agrave; emp&amp;ecirc;cher ce que l'on met habituellement sous le terme de piraterie (le plus souvent tout et n'importe quoi), a pour effet collat&amp;eacute;ral de :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;ul&gt;
    &lt;li&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Interdire, limiter le nombres de copies possibles des oeuvres num&amp;eacute;riques, d&amp;eacute;grader la qualit&amp;eacute; de la copie par rapport &amp;agrave; l'original&lt;/font&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
    &lt;li&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Emp&amp;ecirc;cher la lecture sur certains types de marques ou de logiciels (balladeurs mp3, syst&amp;egrave;me d'exploitation...)&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Identifier l'utilisateur : lecture autoris&amp;eacute;e uniquement pour l'utilisateur identifi&amp;eacute; (collecte de donn&amp;eacute;es personnelles, &amp;eacute;mergence de la biom&amp;eacute;trie : lecture conditionn&amp;eacute;e par la reconnaissance des empreintes digitales)&lt;/font&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Tatouer l'oeuvre (ou watermarking) : un signal identifiant unique cach&amp;eacute; dans chaque exemplaire d'une oeuvre permet de tra&amp;ccedil;er sa redistribution (copies successives depuis l'exemplaire original identifi&amp;eacute;) ou encore d'interdire la lecture au-del&amp;agrave; d'une date pr&amp;eacute;d&amp;eacute;finie (invention de la musique &amp;quot;jetable&amp;quot;; tendance &amp;agrave; long terme : substituer la location &amp;agrave; l'achat, faire payer chaque lecture/visualisation/audition d'une oeuvre).&lt;/font&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;Tra&amp;ccedil;age de l'usage : transmission d'informations (collecte de donn&amp;eacute;es personnelles : utilisateur, date, heure, titre,...) via internet vers un serveur industriel &amp;agrave; chaque utilisation d'une oeuvre.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Bref, j'en passe et des plus belles, je ne parle pas des effets de bord sur le logiciel libre, sur la notion de gratuit&amp;eacute; et de partage que permet(tait) internet, etc... Gageons que la chose va faire &amp;eacute;norm&amp;eacute;ment de bruit sur le net (et elle en fait d&amp;eacute;ja). Il faut simplement savoir que l'on se retrouve avec la loi la plus liberticide d'Europe (et encore) en mati&amp;egrave;re d'informatique, les 300 000 &amp;euro; d'amende et la prison cit&amp;eacute;s au d&amp;eacute;but n'&amp;eacute;taient pas le moins du monde une plaisanterie... Ubuesque...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; N'ayant pas le temps de pr&amp;eacute;senter une analyse plus pouss&amp;eacute;e de la chose, je vous invite &amp;agrave; consulter les ressources suivantes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le compte rendu officiel de la d&amp;eacute;cision : &lt;a href=&quot;http://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2006/2006540/2006540dc.htm&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;- Plus d'infos sur l'excellent &lt;a href=&quot;http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/07/27/408-loi-dadvsi-le-conseil-constitutionnel-a-rendu-sa-decision&quot;&gt;blog de Ma&amp;icirc;tre Eolas&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;- Le &lt;a href=&quot;http://www.odebi.org/dadvsi/LeDADvSIpourlesnuls.html&quot;&gt;DADvSI pour les nuls&lt;/a&gt;, qui offre un bon r&amp;eacute;sum&amp;eacute; de la loi et de ses effets collat&amp;eacute;raux...&lt;br /&gt;- Que l'on retrouve &amp;eacute;galement sur le site de &lt;a href=&quot;http://eucd.info/&quot;&gt;EUCD&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Bienvenue dans la vi&amp;euro;.com...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La question de la propriété...</title>
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    <pubDate>Thu, 25 May 2006 23:55:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Pyjamamental</dc:creator>
        <category>General</category>
        <category>interet general</category><category>MPAA</category><category>propriete</category>    
    <description>A propos de la fermeture des sites de partage... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&quot;Placés aux deux extrémités du monde moral, le sauvage et le penseur ont également horreur de la propriété.&quot;&lt;br /&gt;Honoré de Balzac, La peau de Chagrin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Après s'être attaquée au différents réseaux peer-to-peer (voir à ce sujet ces &lt;a href=&quot;http://www.ikiru.ch/blog/category/computering/p2p/&quot;&gt;quelques articles&lt;/a&gt;), la &lt;a href=&quot;http://www.mpaa.org/&quot;&gt;MPAA&lt;/a&gt; s'en prend désormais aux sites qui partagent des partitions, des tablatures, des accords, et même des paroles de morceaux de musique. Aussi, il y a peu, c'est le site &lt;a href=&quot;http://www.mysongbook.com/&quot;&gt;mysongbook&lt;/a&gt;, gigantesque base de données de tablatures de guitare (des dizaines de milliers), destinées à être lues par le logiciel &lt;a href=&quot;http://www.guitar-pro.com/fr/&quot;&gt;guitar pro&lt;/a&gt;, qui en a fait les frais. Le site fonctionnait grâce à la contribution des visiteurs qui mettaient à disposition leurs retranscritptions personnelles -faites &lt;em&gt;à l'oreille&lt;/em&gt;- des morceaux de musique. On trouve désormais sur la page principale le commentaire suivant :.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&quot;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot; class=&quot;txtORANGEbold&quot;&gt;La mise à disposition de tablatures - même retranscrites d'oreille - d'oeuvres copyrightées est illégale. Afin de respecter la loi, le téléchargement des fichiers est désormais limité aux rubriques [Composition] et [Competition]. Nous faisons de notre mieux pour trouver rapidement un arrangement profitable à tous dans le respect du copyright.&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;txtORANGEbold&quot;&gt;&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; De la même manière, le site proposant des paroles Miditext, poursuivi en 2002, était condamné à 20 000 € en France pour avoir diffusé du contenu protégé par les droits d'auteur. Ces quelques fermetures ne sont pas en soi quelque chose de très grave (ça poussera les gens à restranscrire d'oreille comme des grands, au lieu d'aller chercher comme des feignasses des paroles ou des morceaux), elles semblent dénoter pourtant d'une tendance générale plus inquiétante.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il n'est pas impossible de penser que le droit, cette &quot;&lt;em&gt;machine de guerre en faveur des plus riches&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a id=&quot;rev-pnote-58-1&quot; href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2006/05/25/#pnote-58-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&quot;, en tant que faveur envers les forts -d'aucun pourrait affirmer les &lt;em&gt;dominants&lt;/em&gt;, si je n'utilisais pas le terme aussi souvent!- est en passe de s'aggraver... La question de la propriété intellectuelle trouve ses fondements dans la propriété matérielle, à laquelle elle emprunte sa philosophie. Celle-ci consiste à penser que les différentes productions humaines sont éminemment personnelles, qu'il y a des auteurs, des inventeurs, personnes singulières à qui revient la paternité exclusive d'une conception. Cette vision, historique, procède d'un mouvement de fond qui consistait, en protégeant pour un certain temps les droits de l'individu créateur, à&amp;nbsp; mettre également l'accent sur&amp;nbsp; le besoin de la société de bénéficier de cette richesse intellectuelle, afin  que puisse en jouir l'&lt;em&gt;intérêt général&lt;/em&gt;. Mettre l'accent sur ce dernier procède de l'intuition qu'il y a, pour l'humanité, plus d'avantage à faire circuler librement les connaissances que d'en limiter la diffusion, conformément au projet des &lt;em&gt;Lumières&lt;/em&gt; de &lt;em&gt;progrès des sciences et des arts&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On trouve déja chez Aristote cette idée que l'homme est un animal mimétique, chez Alain&amp;nbsp; que &quot;&lt;em&gt;copier est une action qui fait  penser&lt;/em&gt;&quot;, ou bien encore en filigrane à travers le mot de Voltaire selon lequel &quot;&lt;em&gt;il en est des livres comme du feu de nos foyers,  on va prendre le feu chez son voisin,  on l'allume chez soi, on le communique à d'autres  et il appartient à tous.&lt;/em&gt;&quot;...S'il est bien légitime de protéger le &lt;em&gt;droit moral&lt;/em&gt; de l'artiste, de protéger son revenu, la situation de monopole quelque peu hégémonique qui se met en place au travers de telles actions, qui se multiplient comme gremlins mouillés après minuit (désolé pour la référence, c'est tout ce qui me vient), n'est-elle pas contraire à cette idée d'extension universelle des sciences et des arts, n'est-elle pas de nature, en définitif, à défavoriser la création? &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il s'agit de fait d'une tendance amorcée depuis le début du siècle dans le monde occidental, dont on peut percevoir de nombreuses incarnations: en France, loi de 1993 qui allonge le droit d'auteur sur les oeuvres littéraires de 50 à 70 ans après la mort de l'auteur ; aux U.S.A, le Sonny Bono Copyright Term Extension Act de 1998, faisant  passer le&amp;nbsp; &lt;em&gt;copyright &lt;/em&gt;de 50 à 70 ans après  la mort de l'auteur, et de 75 à 95 ans pour  les droits des entreprises ; question des &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Brevet_logiciel&quot;&gt;brevets logiciels&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://eucd.info/index.php?2005/11/16/182-appel-defendons-nos-droits-et-libertes&quot;&gt;loi DAVDSI&lt;/a&gt;... De manière générale, on peut percevoir une propension à renforcer les intérêts particuliers sans contrepartie pour l'intérêt général  (on pourrait également citer l'extension du droit de propriété sur le vivant, sur les ogm...etc.).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Et si l'on revient à nos tablatures, ouverture de ce billet, en quoi vole-t-on un artiste (car c'est ce qui est sous entendu dans la fermeture et la condamnation de ces sites), ou à tout le moins un ayant-droit, quand on télécharge une tablature faite d'oreille, par les propres moyens de celui qui la met à disposition des autres, tablature au demeurant le plus souvent approximative? Peut-on sérieusement estimer que le ou les propriétaire(s) du morceau original sont lésés par ce fait? Cette question trouve sa réponse suivant la mesure que l'on accorde à l'exclusivité de la propriété, et des associations comme la MPAA (qui ont le droit, c'est à dire la force, pour elles) semblent lui donner une très vaste envergure. Ainsi, la liberté qui consiste à partager un travail musical, opéré sur une oeuvre déja existante, est estimée comme &lt;em&gt;possiblement&lt;/em&gt; préjudiciable pour celui qui possède les droits de l'oeuvre en question (je serais d'ailleurs curieux d'étudier les méthodes qui permettent d'évaluer objectivement ce préjudice). &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tout le problème est en effet de savoir sur quoi se porte et où s'arrête la propriété. La critique marxiste de la notion peut donner quelques pistes de réflexions théoriques : en effet, prenons l'exemple de la propriété de la terre. Ne revient-elle pas au premier qui s'en est emparé? Or s'emparer d'une terre est un acte de &lt;em&gt;force&lt;/em&gt;, quand bien même la transmission de la propriété (aux descendants, etc.) en est un de &lt;em&gt;droit&lt;/em&gt;. Le mécanisme de la conquête coloniale ne fonctionne pas autrement : arrivant dans un lieu nouveau, le colon plante le drapeau de son pays, et trace un champ duquel il se considère comme légitimement propriétaire, sans égards, évidemment, vis-à-vis des populations installées sur le lieu auparavant. Il y a donc en premier lieu un rapport de force inégal à l'origine d'un acte de droit qui &lt;em&gt;ensuite&lt;/em&gt; vient le sanctionner (facteur légitimant). Aussi que me dit la MPAA lorsque je me rend sur tel site de partition pour prendre les accords du morceau &lt;em&gt;Get Back&lt;/em&gt; des Beatles? Que je suis un voleur. Or, ce morceau lui même est un blues en 16 mesures dont la structure exacte trouve son origine dans la musique noire-américaine, qui elle même s'enracine dans le negro-spiritual (en pourrait ainsi opérer une remontée quasi à l'infini...). Où se situe ici la propriété? Ou plutôt, pour reformuler la chose de plus fine manière, suis-je donc en train de voler un patrimoine, c'est-à-dire vider un héritage de sa substance, le dévaluer d'une quelconque manière, de léser l'intérêt général, ou bien au contraire, comme l'ont fait les Beatles avant moi, de faire prospérer ce patrimoine, de pérenniser une tradition et une histoire qui s'enracinent dans le godspell et plus loin encore, et continuent de vivre à travers mes doigts?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Notes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/div&gt;
[&lt;a href=&quot;http://jabberwock.fr/index.php?post/2006/05/25/#rev-pnote-58-1&quot; id=&quot;pnote-58-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]François Dagognet, &lt;em&gt;Philosophie de la propriété&lt;/em&gt;, Paris 1992.
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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