Depuis l'ouverture de ce blog, je reçois quotidiennement dans ma boite une moyenne de 500 mails. On y trouve en vrac des lettres d'insultes anonymes, des demandes de photos dédicacées d'un canard affublé un bec difforme, des photos de fans entièrement nues effectuant d'improbables gestes gymnastiques, ainsi que d'autres folies dans ce genre... Tant et si bien que, n'ayant plus de vie sociale digne de ce nom, je me suis vu dans l'obligation d'embaucher 6 lecteurs à plein temps grassement payés par mes soins, de me procurer 4 ordinateurs supplémentaires et de me déclarer à la préfecture de la région en tant qu'association loi 1901. Le succès de ce blog est tel que, afin d'y consacrer le temps qui lui est du, j'ai été forcé d'ouvrir une succursale (basé à Bordeaux) qui gère l'incessant flux de mails bombardant ma boite aux lettres.

Bon, en fait pas du tout, c'est dimanche après-midi, j'ai mal à la tête et je m'emmerde, et j'ai donc décidé de vous parler, entre autre, du pourquoi du titre de ce blog. Car j'ai bien senti, à vous lire petits coquins, que dans vos petites têtes vous vous demandiez tremblant, à chaque passage sur cette page, "mais pourquoi, ô pourquoi donc ce blog se nomme-t-il donc ainsi?" Et bien c'est précisément pour répondre à cette question qui vous brule les lèvre que je m'attelle à ce billet.

Jabberwock est en fait le nom d'un poème de Charles Dodgson, écrivain, poète et -ce qui est moins connu- logicien du XIXe siècle, plus connu sous le patronyme de Lewis Caroll... Dans le sixième chapitre de De l’autre côté du miroir, Alice demande à Humpty Dumpty de l’aider à déchiffrer un poème qui lui semble sans queue ni tête. Ce poème est construit avec des « mots-valises », c’est-à-dire des mots constitués par la fusion de deux autres mots. Par exemple, à la première ligne, on trouve le mot slithy, mélange de lithe (souple) et slimy (vaseux). Même si ce poème paraît des plus opaques, beaucoup de gens continuent d’y chercher un sens caché. Il existe plusieurs essais de traduction de Jabberwocky (que l’on pourra consulter par Internet à l’adresse suivante, certains par des auteurs aussi connus qu’Antonin Artaud, et sous des titres qui rivalisent avec l’original, comme Le Jaseroque, Jabberwocheux ou Le Berdouilleux.

Voila la donc la véritable histoire de ce titre, qui place ce blog sous le signe du mot et de sa complexité (et aussi sous celui d'un gros noeuf avec des yeux, mais ça c'est autre chose)... Sur ce chers amis, je vous laisse avec quelques exemples de mots-valise qui égaieront vos longues soirée d'hiver:

  • CACHEMIR : Réserve secrète de détergent.
  • CRUSTASSÉ : Coquillage aplati.
  • CROCONARD (© Aurélien P.) : au choix, fusion entre un crocodile et un canard, crocodile imbécile, ou imbécile avec un corps de crocodile...

(oui, le titre de ce billet n'avait absolumment rien à voir avec son contenu, mais si vous êtes arrivés jusque là, c'est que très certainement vous vous êtes fait avoir...)


Le temps passe, et la politique éditoriale de ce blog est revue de manière un peu plus précise : il n'y en a pas, si ce n'est de passer allègrement d'un sujet au contenu considéré comme sérieux à quelque chose de beaucoup plus (f)utile... C'est habité par le principe selon lequel se laisser enfermer dans une catégorie fixe est toujours une marque d'aliénation, tout en gardant à l'esprit que le n'importe quoi l'est tout autant, que je tente d'entretisser ici quelques signes... L'enjeu est de naviguer entre Charybde et Scylla, sans fracasser sa barque entre les deux écueils que sont la confusion et la systématisation... Bon vent...