Comme je le disais il y a peu, faire un blog n'est rien qu'un truc d'égoïste, c'est MON blog, c'est MOI qui y écrit, venez lire MES phrases pleines de mots. Le blog tourne autour de mon nombril comme les petit poissons autour de rien du tout dans l'aquarium. Et c'est ça qui est bon (que ce soit égoîste hein, pas les poissons. Bien que certains poissons soient fort gouteux... Mais là n'est pas la question)

Mais si ce procédé fort sympathique permet de faire partager aux autres ce que l'on n'aime pas (voir par là), il possède également l'avantage de leur communiquer ce que l'on aime. Bien que ce soit tout de suite un petit peu moins marrant (parce que tout de même, on a beau dire, mais critiquer est une activité bien poilante), faire acte de positivité dans ses écrits peut avoir un intérêt non négligeable. En premier lieu, on travaille son image, on paraît tout de suite plus sympathique, la positiv'atitioude fait jeune et frais, c'est bien connu. En deuxième lieu, on évite de passer pour un type aigri et revenu de tout, bref, quelqu'un qui fait chier son monde, et qui critique parce qu'il est un créateur frustré (On fait de la critique quand on ne peut pas faire de l'art, de même qu'on se met mouchard quand on ne peut pas être soldat. disais Flaubert). Et enfin, puisque nous en sommes à ce point, faire acte de positivité permet de ne plus être uniquement les deux pieds dans la réaction, mais d'en mettre un dans la création (ne vous inquiétez pas, il parait que ça porte bonheur quand c'est le gauche). Bref, "agir et ne pas réagir" aurait dit en substance notre ami Nietzsche du haut de sa moustache, s'il était encore parmi nous et n'avait pas fini dans un asile (à ce propos je ferai, je crois, un jour, un billet sur les grands hommes moustachus. Tant de grands penseurs et écrivains étaient affublés d'une moustache que ça ne peut pas être qu'un coïncidence)

Arrivé à ce point, toute la difficulté consiste à ne pas sombrer dans la démagogie non plus, à ne pas donner au lecteur exactement ce qu'il attend, réussir à le surprendre tout de même, essayer de lui brosser le poil, non pas dans le bon sens, mais un peu de travers, afin que, tel le chat à la fourrure légèrement mal peignée, il ne retombe pas si facilement que cela sur ses quatres pattes (si si, cherchez bien, cette phrase à un sens). C'est pourquoi je ne vous entrediendrai ici ni de la beauté diaphane et immaculée de certaines fleurs bourgeonnant au printemps, ni de la douceur du soleil sur ma peau marbrée, ni d'Amélie Poulain (gniark gniark). Je ne vous parlerai pas non plus de ces belles petites choses qui font que, finalement, la différence entre disneyland et la réalité n'est pas si grande. Vous n'entendrez parler dans ce billet ni de premières gorgées de bières et autres petits plaisirs, ni d'écureils débonnaires balladant gaiement dans la forêt. Et non, tout ça serait trop facile, en plus de n'être que très peu intéressant.

On le voit donc, produire quelque chose ici n'a rien de simple. Il faut toujours naviguer entre ces deux écueils que sont la critique frustrée et le sentimentalisme naïf, sous peine de s'échouer lamentablement contre l'un d'eux.

Non, moi ce dont je voulais vous parler, ou plutôt ce dont j'ai déja commencé à parler -et presque fini d'ailleurs-, ce sont les mots. (Remarquez le caractère performatif de ce billet, qui fait ce qu'il dit en même temps qu'il le dit, ce qui est bien pratique, car cela permet de le finir en beauté sans avoir à s'épancher trop longuement)
Oui, je dois l'avouer, à mon grand dam, j'aime bien les mots... J'aime bien les mots parce qu'il y a plein de lettres dedans. Peu de discrimination chez moi à leur encontre, qu'il soient gros ou d'esprit, tard ou tôt, les mots divins, les mots devins, les mots dits, les mots tus, les doux, les assassins, les piquants, les mots rares, les mots précieux, les premiers mots sont pour moi début et fin des maux...