Afin de perpétuer la ligne éditoriale de ce blog, conçue par un nombre impressionant de juristes, philosophes et journalistes, qui est de s'instruire sur des sujets essentiels tout en se distrayant, attelons-nous aujourd'hui à une question de première importance. Cette question, outre l'avantage sus-cité, possède également celui de faire appel à un vocable apparemment très prisé sur les moteurs de recherches (allez savoir pourquoi), et du coup de placer ce blog en tête des charts de la recherche inernet mondiale (ce qui est tout de même mon but avant-tout).

Mes chers amis, je vous le clame bien haut, nous allons aujourd'hui nous entretenir sur le sujet, ô combien controversé, de la moustache. Plus encore, nous allons nous intéresser ici aux grands hommes moustachus.
Car il est frappant de constater combien d'hommes à l'esprit hyperboliquement vaste possèdent cette étrange pilosité, très souvent développée porportionnellement à l'épaisseur de leur réflexion (à grand esprit, grosse moustache, pour ceux qui n'auraient pas compris l'idée)
Fidèle à l'adage, que je viens d'inventer, selon lequel une bonne réflexion a en commun avec une enquête policère l'élucidation d'une énigme, la mise en place d'un suspens, le mystère que l'on se propose d'élucider est le suivant : le rapport intrinsèque entre la pensée fertile du grand homme moustachu et la présence de son appendice capilaire facial...
En effet, comment diable se fait-il donc que tant de profonds penseurs aient une moustache?
Le premier exemple dont nous allons nous servir dans cet exposé est celui, fameux, de notre camarade Nini -pour les intimes-, Nietzsche -pour tous les autres... Dans mon immense mansuétude, je vous joint une photo dudit personnage...

Bel instrument, que celui de l'homme qui, dans les dernières années de sa vie, pleura devant un cheval frappé par son maître... Ce roc, ce pic, ce cap, cette péninsule! Aimait-il à ce point les oiseaux que paternellement il se préoccupa de tendre ce perchoir à leur petits pas? Au coeur de ses écrits, entre deux allégories sur le surhomme, deux aphorismes sur la volonté de puissance, que pouvait-il donc bien se passer dans la tete de ce génie lorsqu'il a décidé de se laisser, avec profusion, pousser une si belle moustache?
Après de longue recherches, il est avéré que personne n'a de réponse définitive à cette brûlante question... Néanmoins, on peut avancer une hypothèse. Quand on prend en compte que l'une des fonctions essentielles du philosophe est d'ouvrir sa gueule, à la lettre ou métaphoriquement, peut-être la moustache est-elle une manière de se punir par là ou il à péché. Couvrant sa bouche par cette explosion pileuse, on peut légitimement penser qu'ainsi il cache, comme pour s'en excuser, l'organe autour duquel sa vie et son travail sont concentrés...


Afin de poursuivre cette passionante recherche, jetons un oeil discret mais curieux sur la photo suivante :


Le curieux personnage représenté sur cette antique photo n'est autre que le poète Stéphane Mallarmé. Quelqu'un ayant écrit une phrase aussi étrangement belle que Un coup de dés jamais n'abolira le hasard et définissant la poésie de manière aussi pertinente qu'une hésitation prolongée entre le sens et le son ne pouvait raisonnablement être que moustachu...
Regardez donc bien les deux photos de ces grands hommes, n'est-ce point cette même moustache qui donne tout son équilibre au visage marqué par l'intense réflexion de toute une vie? N'est-ce point elle qui semble faire balancier entre les noirs et les blancs, donnant sa cohérence à l'image. Et, prenons le pari, très certainement non seulement à l'image, mais au personnage lui-même. Il suffit de se l'imaginer, apparaissant lors de l'un de ces nombreux salons littéraires, fendant la foule tel le grand homme qu'il était, portant sa moustache comme Atlas portant sur ses épaules la voûte du ciel...
Ici encore, cela nous donne matière à une hypothèse explicative. Si le grand poète porte une moustache, n'est-ce point par une espèce de dandysme? Attribut de l'homme mondain et cultivé fin-de-siècle, il faut savoir que la moustache n'a pas toujours été l'apanage de l'homosexuel déguisé en chef de chantier des village-people, ou du chanteur de country des années 70... Non, non, non... Elle fût aussi la marque privilégiée d'une certain charme bourgeois, comme on portait des guêtres ou des boutons de manchette, le port de la moustache conférait ainsi à son possesseur une élégance rare, qui peut sembler un peu désuète aujourd'hui, mais qui à l'époque était fort à propos...


Enfin, last but not least, examinons pour une ultime fois la photo d'un homme, et non des moindres, lui aussi moustachu...


Je t'entends, cher lecteur, te demander qui donc est cet hurluberlu... Il s'agit de Guy de Maupassant, incroyable créateur du Horla, et qui peut-être va nous aider à résoudre de manière définitive le problème qui nous occupe... En effet, c'est ce fier moustachu qui un jour eu l'inspiration fulgurante, que jalouserait n'importe quel amoureux transi écrivant à sa douce, qui le poussa à dire Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout...
Nous y voila, le masque tombe brusquement, le moustachu se dévoile, son secret est mis à jour. Le poète, en général vil courreur de jupons devant l'éternel, est en effet bien souvent un vieux dragueur, il faut bien le dire. Car en effet, qui mieux que celui qui manie le mot comme un escrimeur le fleuret peut se déclarer spécialiste de la bagatelle?
Après que notre homme a enivré de douces phrases une belle donzelle, lorsque la belle rendue frémissante par la maitrise verbale de son prétendant s'approche afin de lui respirer l'âme, l'éperdue trouve comme coussin à son baiser la douce toison. Et pour elle c'est comme un présage , ultime rempart contre les lèvres de celui qui bientôt sera son amant. Que l'offrande du baiser ne soit pas directement rassasiée, mais ait tout d'abord comme obstacle cette moustache, est justement ce qui lui donne tout son piquant.

Voila donc la réponse, vers laquelle nous avons lentement cheminé. Le grand penseur est moustachu par coquetterie, ou, plus trivialement, parce qu'écrire et penser, c'est bien joli, mais y a pas que ça dans la vie. Afin de compenser la frustration et la solitude que génère le dur labeur de l'écrivain, la moustache est le partenaire idéal, le port altier qu'elle donne au visage de son propriétaire lui confère un charme mystérieux, qui lui permet de regagner en succès auprès des femmes ce que son travail esseulé lui a fait perdre...
Comme quoi finalement, tout est une histoire de cul...

ressource : allez donc faire un tour sur le site du championnat de barbe et moustache... Oui, c'est absolument ridicule... Oui, ils sont américains... worldbeardchampionships