La question de la propriété...
Par Pyjamamental le jeudi 25 mai 2006, 23:55 - General - Lien permanent
Honoré de Balzac, La peau de Chagrin.
"La mise à disposition de tablatures - même retranscrites d'oreille - d'oeuvres copyrightées est illégale. Afin de respecter la loi, le téléchargement des fichiers est désormais limité aux rubriques [Composition] et [Competition]. Nous faisons de notre mieux pour trouver rapidement un arrangement profitable à tous dans le respect du copyright."
Il n'est pas impossible de penser que le droit, cette "machine de guerre en faveur des plus riches[1]", en tant que faveur envers les forts -d'aucun pourrait affirmer les dominants, si je n'utilisais pas le terme aussi souvent!- est en passe de s'aggraver... La question de la propriété intellectuelle trouve ses fondements dans la propriété matérielle, à laquelle elle emprunte sa philosophie. Celle-ci consiste à penser que les différentes productions humaines sont éminemment personnelles, qu'il y a des auteurs, des inventeurs, personnes singulières à qui revient la paternité exclusive d'une conception. Cette vision, historique, procède d'un mouvement de fond qui consistait, en protégeant pour un certain temps les droits de l'individu créateur, à mettre également l'accent sur le besoin de la société de bénéficier de cette richesse intellectuelle, afin que puisse en jouir l'intérêt général. Mettre l'accent sur ce dernier procède de l'intuition qu'il y a, pour l'humanité, plus d'avantage à faire circuler librement les connaissances que d'en limiter la diffusion, conformément au projet des Lumières de progrès des sciences et des arts.
On trouve déja chez Aristote cette idée que l'homme est un animal mimétique, chez Alain que "copier est une action qui fait penser", ou bien encore en filigrane à travers le mot de Voltaire selon lequel "il en est des livres comme du feu de nos foyers, on va prendre le feu chez son voisin, on l'allume chez soi, on le communique à d'autres et il appartient à tous."...S'il est bien légitime de protéger le droit moral de l'artiste, de protéger son revenu, la situation de monopole quelque peu hégémonique qui se met en place au travers de telles actions, qui se multiplient comme gremlins mouillés après minuit (désolé pour la référence, c'est tout ce qui me vient), n'est-elle pas contraire à cette idée d'extension universelle des sciences et des arts, n'est-elle pas de nature, en définitif, à défavoriser la création?
Il s'agit de fait d'une tendance amorcée depuis le début du siècle dans le monde occidental, dont on peut percevoir de nombreuses incarnations: en France, loi de 1993 qui allonge le droit d'auteur sur les oeuvres littéraires de 50 à 70 ans après la mort de l'auteur ; aux U.S.A, le Sonny Bono Copyright Term Extension Act de 1998, faisant passer le copyright de 50 à 70 ans après la mort de l'auteur, et de 75 à 95 ans pour les droits des entreprises ; question des brevets logiciels ; loi DAVDSI... De manière générale, on peut percevoir une propension à renforcer les intérêts particuliers sans contrepartie pour l'intérêt général (on pourrait également citer l'extension du droit de propriété sur le vivant, sur les ogm...etc.).
Et si l'on revient à nos tablatures, ouverture de ce billet, en quoi vole-t-on un artiste (car c'est ce qui est sous entendu dans la fermeture et la condamnation de ces sites), ou à tout le moins un ayant-droit, quand on télécharge une tablature faite d'oreille, par les propres moyens de celui qui la met à disposition des autres, tablature au demeurant le plus souvent approximative? Peut-on sérieusement estimer que le ou les propriétaire(s) du morceau original sont lésés par ce fait? Cette question trouve sa réponse suivant la mesure que l'on accorde à l'exclusivité de la propriété, et des associations comme la MPAA (qui ont le droit, c'est à dire la force, pour elles) semblent lui donner une très vaste envergure. Ainsi, la liberté qui consiste à partager un travail musical, opéré sur une oeuvre déja existante, est estimée comme possiblement préjudiciable pour celui qui possède les droits de l'oeuvre en question (je serais d'ailleurs curieux d'étudier les méthodes qui permettent d'évaluer objectivement ce préjudice).
Tout le problème est en effet de savoir sur quoi se porte et où s'arrête la propriété. La critique marxiste de la notion peut donner quelques pistes de réflexions théoriques : en effet, prenons l'exemple de la propriété de la terre. Ne revient-elle pas au premier qui s'en est emparé? Or s'emparer d'une terre est un acte de force, quand bien même la transmission de la propriété (aux descendants, etc.) en est un de droit. Le mécanisme de la conquête coloniale ne fonctionne pas autrement : arrivant dans un lieu nouveau, le colon plante le drapeau de son pays, et trace un champ duquel il se considère comme légitimement propriétaire, sans égards, évidemment, vis-à-vis des populations installées sur le lieu auparavant. Il y a donc en premier lieu un rapport de force inégal à l'origine d'un acte de droit qui ensuite vient le sanctionner (facteur légitimant). Aussi que me dit la MPAA lorsque je me rend sur tel site de partition pour prendre les accords du morceau Get Back des Beatles? Que je suis un voleur. Or, ce morceau lui même est un blues en 16 mesures dont la structure exacte trouve son origine dans la musique noire-américaine, qui elle même s'enracine dans le negro-spiritual (en pourrait ainsi opérer une remontée quasi à l'infini...). Où se situe ici la propriété? Ou plutôt, pour reformuler la chose de plus fine manière, suis-je donc en train de voler un patrimoine, c'est-à-dire vider un héritage de sa substance, le dévaluer d'une quelconque manière, de léser l'intérêt général, ou bien au contraire, comme l'ont fait les Beatles avant moi, de faire prospérer ce patrimoine, de pérenniser une tradition et une histoire qui s'enracinent dans le godspell et plus loin encore, et continuent de vivre à travers mes doigts?
Notes.







Commentaires
Tout comme la propriété intellectuelle, en quoi un travail, un nom ou une invention peuvent-elles ne serait-ce que survivre leur auteur ? Faire de la thune dessus, si ça marche, tant mieux pour vous et c'est bien normal. Que votre arrière-arrière-arrière petit fils de la main gauche se goinfre encore des royalties sur votre dos, ça sonne faux. Effectivement. Pas besoin d'être collectiviste.
Voila, j'éspère avoir contribué à élargir le débat.
Pour en revenir à cette histoire de partitions, je montrais hier à un ami l'enchaînement de "Tears" de Django Reinhardt. Ne le répétez pas à la MPAA, ils vont m'envoyer moisir à Tranquility Bay et m'obliger à lire de la littérature mormone.
Tres bien tout ça, et ça fait plaisir d'avoir de tes nouvelles... Je te répondrais plus en détail quand mon état psychique et affectif seront sinon un peu plus avenant du moins a l'écart du trop faible. je t'embrasse.
Oui, la réflexion est très bien posée. Mais comme presque tout ce que je lis sur le sujet, ou tout comme lorsque je réfléchis moi-même sur le sujet, il y a un goût d'inachevé. On ne va pas assez loin, jusqu'au bout de la réflexion.
Je ne crois pas l'argent moteur d'innovation, affirmation plus vraie encore dans l'art. Mais c'est qu'en face, les tenant de la propriété intellectuelle, capable d'aller jusqu'à déposer des brevets sur le vivant, expliquent que ce sont les brevets qui garantissent l'innovation.
Le Mickey Mouse Protection Act est scandaleux; mais lorsque les lobbystes défendent les copyrights, ils arguent bel et bien l'intérêt général...
Ce qui est au final ridicule : l'innovation, dans les domaines pointus, ne se fait que parmi quelques multinationales. Dans les domaines qui ne sont pas de la haute technologie, l'innovation se passe parfaitement de copyright pour avancer.
Bref, c'est qu'une histoire de réussite personnel, au final
Oui, et ce que je me demande, c'est jusqu'où pourra-t-on pousser l'exclusivité de la propriété, à partir de quel moment va-on être affranchi du copyright s'il est si largement extensible.... Il y a en effet toujours un sentiment d'inachevé dans ce genre de réflexion, corrélatif à l'espèce d'injustice, qu'il est bizzarement bien difficile de définir précisément, ressentie face à ce genre de gestes, qui sont un peu vecus comme des "hold-up" ayant le droit de leur côté...
@ Michel Onfray --> Quand tu veux... Mon mail est dispo, n'hésite pas
Allé, je me risque a ne pas être d'accord ... la propriété intellectuelle est la source de la recherche et de la création, contrairement à ce que dis psykotik je pense qu'une part de la création est due à l'argent...
Le truc est qu'en le copient on peut le tuer, ce qui serait plus malin serait peut etre de laisser le coix aux auteurs de mettre ou non en ligne leur création... le libre choix nous permet de tuer toutes repression du fort.
Il existe des artistes qui se sont fait connaitre via le net et d'autre qui diffuse volontairement leur oeuvres... alors si il y en a qui ne veulent pas le faire c'est leur problème, à nous de ne pas les suivre...
Quant à faire la difference entre "à l'oreille" ou non cela me parait un peu facile, certain recopie très bien les oeuvres des autres ...
Je n'arrive pas à percevoir en quoi la propriété exclusive (et à mon sens abusive) est à même de favoriser -pis encore, est la source- la recherche et la création... Ensuite mon propos n'est pas de refuser toute forme de rémunération pour un travail, ou une oeuvre, création, etc, de nier radicalement le rapport monétaire (un travail mérite salaire), mais bien de souligner que lorsque la paternité revendiquée dépasse certaines limites (m'accuser de voleur lorsque je télécharge la tablature approximative de get back des Beatles, par exemple), cela en revient, sous prétexte de préserver un héritage, à extorquer un patrimoine commun à l'intérêt général, au profit d'un intérêt particulier. Le plus ironique étant que c'est de l'intérêt général même que se réclame cette spoliation (c'est, peu ou prou, le même processus qui est à l'oeuvre lorsqu'on essaie de nous sortir en France une loi qui vante les bienfait de la colonisation, dont le discours équivaut, en fond, à affirmer que si on a volé et occupé des terres qui ne nous appartenaient pas, c'était au final pour le bien de l'indigène. Il y a un cynisme propre à la notion de propriété qui permet au bénéficiare de masquer son intérêt particulier derrière l'intérêt général, sa force réside certainement pour une grande part dans sa capacité à faire croire cela, à occulter le premier derrière le second.)
Ensuite, pour ce qui est de la retranscription à l'oreille, il faut souligner qu'il ne s'agit pas ici de voler une tablature et d'en réclamer la paternité, mais simplement de retranscrire un morceau et de faire partager cette retranscription à une communauté. Cela n'est pas condamnable pour deux raisons : d'une part, que cette réinterprétation soit faite d'oreille est important, en cela que celui qui l'a mise à disposition n'a pas photocopié un produit copyrighté, mais en a bien effectué une ré-interprétation. Dans une certaine mesure, il a donc fait avec le morceau des Beatles ce que les Beatles eux-mêmes ont effectués (et légitimement) avec le blues et le godspell. Il ne me semble pas y avoir là vol, mais au contraire préservation d'un héritage. D'autre part, et cela découle de ce que je viens de dire, dans ce cas là je ne prends pas une partition pour m'en attribuer l'origine, encore moins me faire de l'argent en m'en déclarant l'auteur, mais bien pour le simple plaisir de la jouer et de la connaître. Il y a abus de propriété ici lorsque je suis accusé de voler pour cette raison, on m'accuse de voler non pas parce que je vole explicitement un bien (c'est à dire que j'en dépossède son soi-disant propriétaire de manière définitive), mais parce que je trouve ailleurs un accès (détourné ici, qui plus est : une tablature, et non pas le morceau musical original) à son oeuvre. Je ne me fais pas de l'argent sur son dos, je ne le dépossède pas de son bien -il l'a toujours en sa possession, je ne m'en attribue pas la paternité-, et pourtant on me considère comme voleur... Or je le suis sur un préjudice possible, potentiel, et non réel.
J'aimerais savoir en effet comment on évalue le préjudice que je lui fais, car si je n'avais pas trouvé la tablature, qui estime -et comment- que je l'aurais acheté? Comment évalue-t-on un préjudice potentiel? Je ne l'aurais pas acheté, je l'aurais cherché d'oreille, j'aurais simplement mis un peu plus de temps. De la même manière, quand on condamne un site de parole à je ne sais combien de milliers d'euros d'amende, c'est sur une potentialité. Qui peut penser que je serais allé acheter les paroles de tel morceau si je n'avais pas eu accès à elles sur le site? on préjuge de mes intentions, lors même que très certainement j'aurais pris une feuille et un stylo, et j'aurais mis un peu plus de temps à les déchiffrer. Dans un cas comme dans l'autre, personne ne se fait de l'argent sur le dos du créateur, et l'impression qui reste et que si de telles actions sont menées, c'est pour l'intérêt de quelques lobbys particuliers, qui tirent tant qu'ils le peuvent la couverture à eux, et afin de leur assurer qu'aucunes sphères de notre existence n'excèdent celles de la consommation qu'ils ont compartimenté, préfabriqué et rationalisé.
parfaitement d'accord avec toi julien.le vol serait de se rendre propriétaire de ce qui appartient à un autre et d'en tirer bénéfice ( gloire, argent...) alors qu'il s'agit là d'emprunter à l'un pour faire connaître son oeuvre à d'autres. mais tu sais à quel point il est dangereux de cultiver et d'éduquer les masses.elles pourraient se mettre à penser.
ma grand-mère me disait : "tu lis trop, ça va te donner des idées!"
on touche là à la perversité du système :sous prétexte de "bon sentiment" : préserver les droits des auteurs ( ce que personne ne conteste), les grosses boites de prod. ou autres héritiers antropophages...qui exploitent en toute légalité les artistes ( voir les contrats d'exlusivité) imposent l'interdit qui d' un seul coup, d'un seul, leur assure de nouveaux revenus et permet de réserver l'accès à la culture à ceux qui ont les moyens de se l'acheter. Que la majorité reste dans l'ignorance et aille se nourrir à la télé- soupe populaire !
Ah! le bon temps d e la tradition orale, des troubadours et des conteurs, colporteurs et autres griots à qui personne ne venait demander de droits et qui ont perpétrer ce qui fait l'essentiel de nos cultures ici et là bas si j'y suis...
Je savais bien qu'il serait difficile de défendre une idée telle que celle là mais je tiens quand même à poser une dernière interogation: comment voulez-vous protéger les droits d'auteurs (car pour certains petits groupes c'est vital) sans tomber dans l'excès?
(soit dit en passant, je te remercie d'amener la contradiction tonio
)... Il y a plusieurs projets qui ont vu le jour, on peut se référer notament à tout ce qui vient du monde du libre, qui, sans pour autant se définir comme gratuit, et tout en protégeant les droits d'auteurs, remet pourtant en cause la notion de propriété exclusive... C'est par exemple le cas du copyleft, opposés au copyright, ou en français la gauche d'auteur, opposée aux droit(e)s d'auteur...
Mais cela demande certainement de revoir à la baisse les tentations hégémoniques de tout auteur sur ce qu'il considère comme sa création... Il y a en tout cas des alternatives, qui, sans sacrifier l'idée d'économie, poposent un autre modèle d'échange... Et si on peut considérer que celles-ci demandent un grand changement des mentalités (en particulier sur la notion de propriété), il demeurent qu'il y a des propositions très intéressantes...
* hm... Je vais peut-être me fendre d'un billet sur le copyleft moi d'ici peu...
moi j'ai l'impression qu'on revient au même problème, si l'auteur veut bien mettre un copyleft, soit!
mais s'il préfère un copyright et veut que personne puisse bénéficier de son oeuvre c'est son droit aussi, alors il faut réprimer les méchants qui ne respectent pas sa volonté...
Le problème c'est que la question se pose du point de vue de la légitimité qu'il a à réclamer une propriété exclusive sur son oeuvre, lors même qu'il usurpe cette propriété (voir mon exemple sur le beatles)... C'est pourquoi je ne pose pas la question en terme de droit (légalité), puisque que précisément le droit vient légaliser ici l'usurpation (en gros, comme j'essaye de le montrer dans le billet, le droit est souvent, et dans ce cas à tout le moins, le droit du plus fort), mais en terme de légitimité... L'idéologie déployée dans des propositions comme le copyleft me parait une alternative intéressante, dans la mesure où elle tente d'harmoniser légalité et légitimité -au sens ou je l'ai expliquée...
Ensuite, il est évident qu'il y a un gros changement à faire du point de vue de l'état d'esprit... Mais il faut savoir que la notion de propriété exclusive sur une oeuvre est très moderne, les tableaux ne sont signés nominalement que tard dans l'histoire de l'art. La notion d'auteur, au sens moderne du terme, comme créateur ex nihilo, maître de son oeuvre est justement, très moderne.
ArRETONS de philosopher tout cela n'est qu'une question d'argent si mysongbooks leur remplis la poche ils seraient pour le partage des retranscriptions.En gros ils essayent de nous dire avec un argument bidon "copier un tableau de rembrandt et l'afficher " c'est aussi interdit en réalité c'est eux les voleurs: les industries de disque,ce sont eux qui ne respectent pas la classe moyenne, et les politiques sont leurs complices,ils gagnent des milliards derrière le dos des pauvres,mais ca ne leur suffisent pas. Ils vendent un cd a 20 euro et ça leur revient à peine à 2 euro,ca s'appel respecter le public ca ? il faut que ceux qui aiment la musique cad NOUS avec NOS votes qu'on changent cette tendance hypocrite. La loi c'est la classe moyenne qui la compose pas la mafia de la MPAA.DElignac.Guitariste.
C'est certainement une question d'argent, je ne dis pas autre chose, mais on doit afin d'apporter des réponses à ce genre de problème, les poser du point de vue de la théorie également (pour ne pas dire essentiellement), si c'est ce que tu entends par philosopher... Sinon on reste dans la revendication creuse, certes très agréable pour celui qui la profère (ça fait toujours du bien, d'accord..), mais qui ne fait pas avancer grand chose... Je ne dis d'ailleurs pas autre chose que ce que tu dis ici, dans mon billet, bien que de manière un peu différente...
La proprieté? Notre existence globale étant a priori limité a notre vie biologique ne sommes nous pas tous, tout au plus, des locataires sur cette terre. Ainsi, respectons nos colocataires sans se taire! Oh Happy day...Oh...
Le "ips" à la fin de ton pseudo, ça veut dire que t'étais bourré?
Pour répondre à ta question mon cher Julien, oui j'étais bourré. Cependant il y a une précision que je tiens à apporter ici.
Le nom que je porte se comporte comme la genese de mon ivresse.
Je t'explique.
Quand je suis suffisamment ivre et que l'euphorie me prend alors je chante : ré mi fa sol. Un peut plus tard dans mon ivresse, quand vient le moment ou je titube et que mon corps par moment m'échappe alors ma chanson se ponctue de petit "ips! ips!".
Enfin vient un troisieme temps. Celui de l'ennivrement total et du retour sur soi-même. Tu sais quant la tête te tourne et que ton corps t'abandonne. Ce moment ou toute tentative de contact avec le monde extérieur t'expose à une entorse cerebrale. Ainsi, à terme, ma chanson se transorme en un veritable ré mi fa sol ips isme...
hohohohohohhohoho