Caaacaaa (2)
Par Pyjamamental le mercredi 9 août 2006, 01:02 - General - Lien permanent
Il y a des entités étranges, qui peuvent prendre différentes formes, produire en celui qui est à leur contact d'inquiétantes sensations... Mais peu d'entre elles arrivent à la hauteur de celle qui, homonyme du crochet avec lequel la belle au bois dormant s'ensommeille, ou bien encore de celui à qui l'on accole parfois le mot horaire, usurpe leur nom légitime. Ami, tu l'auras compris, je parle ici de l'ignoble, de l'abject et répugant fuseau...
Car en vérité je vous le dis, il fallait bien que quelqu'un s'élève contre le mauvais goût criminel qui porta un jour les fabriquants de vêtements à conceptualiser dans leur cerveau malade et hérétique pareille aberration...
Mais avant de commencer cet indispensable exposé, et ceci tout spécialement pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, ou bien encore qui ne connaisssent pas l'ignominie en question, voici un petit croquis fort à propos (oui, j'ai de l'avenir dans le dessin, merci) :
en 1. - nous avons le pantalon de l'honnête homme du XXIè siècle
en 2. - le fuseau...
en 2. - le fuseau...

Que nous soyons ainsi bien compris : il ne s'agit pas ici de critiquer le fier pantalon que les skieurs dévalant les piste appellent noblement du même nom, mais bien du fuseau apparu pour moi dans les années 80 (époque bénie de riches trouvailles) porté le plus souvent par les danseuses et danseurs... Là où un pantalon bien de chez nous épouse le corps de son porteur jusqu'à l'endroit réglementaire de la fin de la jambe, là où l'honorable futal s'arrête comme qui de droit à la naissance du pied, et bien le fuseau lui, n'en faisant qu'à sa tête continue jusqu'au dessous par un fine lamelle de tissu, et non content de s'arrêter là ,l'impertinent, poursuit jusque de l'autre côté dudit pied...
Je dois bien vous l'avouer, il y a dans cette excroissance de ruban quelque chose d'aberrant, de contre-nature, d'anormalement erroné... Il y a dans cette absurde protubérance un je-ne-sais-quoi d'énigmatique et de baroque, une saveur indéfinissable confinant à ce qu'un psychanalyste appelerait inquiétante étrangeté. Ce trop-plein d'étoffe tout à fait déraisonnable, cette tubercule dans la continuité de l'habit donne à l'ensemble de l'accoutrement un air ridicule et déplacé. Comme si sans cette proéminence de textile le porteur risquait de s'envoler par le haut, comme si l'attraction terrestre fonctionnant à l'inverse, il était indispensable d'en protéger l'habillé afin qu'il ne tomba pas subitement de son vêtement vers le ciel!
C'est bien simple, le fuseau, en plus d'aller à l'encontre de toutes les règles de la physique qui régissent notre monde (Dieu les préserve), est également un manquement scélérat à la bienséance et l'élégance les plus évidentes. La ceinture, voilà un outil fort à propos! voilà un instrument décent et convenable, qui confirmant la régularité du monde, demeure dans l'ordre des choses. Les bretelles, belle invention, servent également à ne pas que l'habit ne descende impromptument, mettant à nu son porteur! Mais le fuseau, haaaaaaaaa, le fuseau lui, môsieur, il n'en fait qu'à sa tête, en dépit de la délicatesse polie et présentable qu'il conviendrait d'arborer, lui, non, il empêche que le pantalon ne re-mon-te! haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa le faquin, le bêlitre, le maraud, il faut qu'il se fasse remarquer : non, le pantalon n'ira pas vers le haut, qu'on se le dise... Le pantalon, ce qu'il faudrait, c'est l'empêcher de descendre, mais non, nous, fuseaux, qui valons mieux que tout le monde, nous permettons de mettre sens dessus-dessous le savoir-vivre le plus rudimentaire, en interdisant à la défroque d'aller vers le sommet! Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa le vaurien, le pendard, la grossière canaille, je l'abhorre et le honnis dans un même mouvement.
Je propose, pour pallier à cette incongruité néfaste, de persécuter jusqu'à l'abjuration tout fuseau et porteur de fuseau, que de la limaille leur soit faite avalée par le nez, et que l'on écartelle et strangule l'un à l'aide de l'autre... Amen
N. B. : ce billet n'a pas été écrit sous l'emprise d'un psychotrope d'une quelconque sorte, ni ne relève d'aucune pathologie psychiatrique...







Commentaires
Il existe une explication à ce phénomène. Les années 80 sont arrivé trop tard en terme de mode, car c'est vraiment pendant les années 60 et 70 que la mode et le shopping ont été inventé. Arrivé dans les années 80 il n'y avait plus rien à inventer au niveau comportemental, il fallait plutôt inventer quelquechose qui allait avec le comportement frimeur du suiveur de mode. Cette élite qui veut se démarquer des pauvres en faisant en sorte qu'ils se sentent ringuards, désuets voire même obsolètes dans ce monde qui avance à grand pas.
Or ces gens ont une facheuse tendance à se croire supérieur, ou plus vulgairement à péter plus au haut que leur cul. Imaginez-vous donc styliste à cet époque, l'innovation est de trouver une réponse au comportement de la population. Alors c'est très simple, rien de sert de penser plus loin, on invente le fluo pour que les gens à la mode se voit bien et de loin et on invente aussi le fuseau qui remonte pour qu'ils puissent péter plus haut que leur cul sans que cela ne soit problèmatique...
Hébé moi, dans les années 80, quand j'étais petit (et oui, j'ai été petit un jour) j'avais un fuseau que je portais en guise de caleçon long sous mon pantalong-cong. Hébé c'était drôlement bien d'abaure. Voila. (ceci est un message de l'AAPFQIEP l'amicale des anciens porteurs de fuseaux de quand ils zétaient petits)
Mon dieu... Tu portais un fusal ! J'en suis encore tout esbaudit!
j'ignorais que le fuseau fustigé soit revenu à la mode des années 80. mais j'ai subi moi même dans ma prime adolescence ( années 60...) la torture du fuseau dont la mode est bien antérieure aux années disco...j'ai souvenir de douleurs à la plante des pieds dans mes bottes en sky brillantes trop étroites pour héberger un appendice supplémentaire...c'est sans doute par réflexe de survie que je n'en ai jamais fait porter à mes enfants et que j'ai même occulté son retour sur le marché de la mode des 80èmes rugissants...de retour sur ton blog après un été trop chaud pour s'approcher d'un ordiradiateur, je constate avec plaisir qu'il est toujours aussi déjanté
bises